Naissance des Githzeraïs - Chez les trolls

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Lion
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Naissance des Githzeraïs - Chez les trolls

Messagepar Lion » ven. juin 04, 2010 1:44 pm

Je pense surtout à Querdal en postant ce texte, vu son intérêt particulier pour toute forme de littérature, aussi malingre soit l'échantillon. Mais je ne voulais pas l'envoyer privé, parce que si jamais quelqu'un d'autre a deux minutes pour lire, pour quoi pas?

Pour le contexte, il s'agit du récit RP (écrit il y a environ deux ans) de la façon dont mon troll (sur MountyHall) a trouvé le cercle de Zerthimon. Le cercle de Zerthimon est un élément de Planescape Torment, à mon sens encore aujourd'hui le meilleur jeu de rôle de tous les temps, pour sa profondeur et sa portée philosophique.



Il arriva, alors qu'il marchait avec déprime en se cachant les yeux pour ne pas être ébloui par la lumière de la surface ou quelque monstre l'avait expédié, que Dorken tombe dans un trou de météorite. Pas un trou de météorite commun. On dit que celui-là était si profond que le troll crut bien n'en jamais finir de tomber, et qu'il eut le temps de compter les têtes de gobelins sautant les poutres et de s'endormir trois fois avant que sa chute ne prenne fin.

Le choc fut brutal, et Dorken n'avait plus un os en place. Mais les trolls sont robustes. Tant bien que mal, il remit sa carcasse debout; Un bras lui pendait au côté, sans qu'il puisse rien faire pour le bouger, et son corps en charpie sanguinolente le portait à grand mal. Le seul bruit qu'il put entendre était celui des gouttes de sang qui ruisselaient le long de ses membres sur la pierre froide et lisse que foulaient ses pieds. Tandis que celui de ses yeux qui n'était pas complètement broyé tentait de percer la noirceur abyssale ou il avait échoué, il sentit, plus qu'il n'entendit, un vrombissement.

Puisant au plus profond de ce qui lui restait de forces, il arracha à ses jambes quelques pas titubants et aveugles, son bras intact inutilement tendu devant lui en quête d'un obstacle, avant que l'un de ses genoux ne se dérobe, et l'envoie s'étaler de tout son long contre le sol glacé, dans un bruit mat qui ne trouva aucun écho. Il serrait les dents pour ne pas laisser échapper le cri de douleur qui avait poussé sa poitrine en tombant. « Sang des cavernes !», siffla-t-il finalement. Quelle guigne, foutrenom!
Il sut pourtant que ces quelques pas n'avaient pas été vains, en sentant le vrombissement avec plus d'acuité; Il aurait juré que la chose -quoi qu'elle soit- qui en était la source était à portée de main. Son bras encore mobile ne l'était plus vraiment, coincé sous le poids de son corps lourd comme un gowap mort*. Il ne sentait plus ses membres, et son souffle s'éteignait petit à petit. Il gisait, bel et bien; Un cadavre où la vie s'attardait un peu, un sac de chairs douloureuses englué à la pierre impitoyable. Mais il voulait savoir, il voulait atteindre ce vrombissement, plus que tout autre chose, c'était ce qu'il voulait, sans pouvoir s'expliquer pourquoi.
Le vrombissement s'intensifia, devenant presque audible -ou était-ce dans ses oreilles?-, comme si sa volonté y était liée, et l'oeil valide de Dorken se mit à briller d'une flamme nouvelle. Il prit une grande inspiration, et releva la tête. Avec un rugissement de rage, il extirpa son bras de sous son corps, et tendit sa main ouverte dans la direction que lui hurlaient ses sens. Rien. IMPOSSIBLE! Il appuya son avant-bras sur le sol et hissa son corps sur quelques centimètres. L'effort était si intense qu'il faillit perdre connaissance. La sueur se mêlait au sang sur son visage comme il tentait désespérément d'atteindre le vrombissement, le bras tendu, les doigts écartelés. Il sentait qu'il sombrait, ses pensées s'embrouillaient, il luttait pour retenir son souffle qui s'enfuyait. Encore un peu!
LA! il l'avait senti, au bout de ses doigts! Si! Il y avait même eu un bruit! Vis! -se dit-il- encore quelques battements de cœur! Rien que quelques battements... A force d'effleurer l'objet, il parvint à le déplacer. Le rapprocher. Tremblant, et à bout de forces, il finit par s'en saisir, enfin.

C'était du métal. Étrangement, il était chaud au toucher, et le vrombissement semblait pénétrer Dorken comme il le serrait entre ses doigts. Un cercle de métal, grand comme la main. La main énorme d'un troll. Suffoquant, il faisait jouer ses doigts frénétiques sur les différentes parties imbriquée qui le composaient. Tout à coup il y eut un déclic, un élément s'était déplacé à l'intérieur du cercle. Des symboles se mirent à luire d'une lumière dorée dans l'obscurité silencieuse. Dorken lut avec avidité les premiers mots tandis qu'il s'enfonçait dans l'inconscience.

«* Sache * que nous sommes le premier peuple........ »




*un gowap est une bête de somme
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Re: Naissance des Githzeraïs - Chez les trolls

Messagepar Querdal » ven. juin 04, 2010 2:06 pm

Un gros :].
Il n'y a qu'un âne qui s'appelle Querdal.
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Re: Naissance des Githzeraïs - Chez les trolls

Messagepar Alecto » ven. juin 04, 2010 4:30 pm

Ça donne envie de reprendre le RP. Et de lire la suite aussi !

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