Kayze's story

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Arkan
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Kayze's story

Messagepar Arkan » sam. nov. 11, 2006 8:24 pm

Bon bah depuis le temps que je veux soumettre ce texte à un public d'internet, je me suis dis que la léthargie de la marmotte était propice à son postage... Donc c'est l'histoire d'un de mes persos de jdr world of darkness, dîtes moi ce que vous en pensez !


Saint Nicolas, petit village baigné dans la marée sombre de la nuit… Quelques lampadaires aux lueurs faibles éclairent peu efficacement la route en mauvais état qui traverse le hameau. Peu de voitures passent par Saint Nicolas, et ce n’est pas pour déplaire aux habitants qui aiment le calme oisif de leur campagne Française.
Et à cette heure, les résidents, pour la majorité d’un âge avancé, dorment à point fermé.

Mais ce soir là se verra le témoin d’un drame inhumain.

Une ombre se faufile de zones d’ombres à zones d’ombres, ses pas peu expérimentés facilement distinguables dans le silence de la nuit. La silhouette se dirige vers une grande maison située à une extrémité du village, son souffle haletant entrecoupé de sanglots étouffés…
La façade de la maison se découpe dans la lumière blafarde de la lune à demi pleine : 27 rue des roses, ici vivent un couple marié et leur fils. Installés à Saint Nicolas depuis un moment, ils ne posent pas de problème à la communauté et sont souriants et amicaux.
La silhouette stoppe son avancée devant la maison, et y reste sans bouger pendant quelques minutes, comme si elle se concentrait sur ce qu’elle s’apprêtait à faire…

***

La maison était impressionnante, et l’état d’énervement dans lequel il se trouvait rendait la façade noire plus menaçante encore que le projet dans lequel il se lançait. Il resta longtemps à regarder la battisse, comme paralysé de terreur, mais soudain une douleur au cœur le ramena à sa mission. Il devait le faire ! Sans quoi il mourrait de haine et de souffrance, il le savait ! La vengeance lui serait salvatrice, et il était maintenant trop tard pour reculer.
« Courage, on y va ! » pensa-t-il
Il sauta par-dessus le petit grillage, et atterrit sans trop de bruit dans l’herbe. Il s’approcha lentement de la façade, le dos voûté et les genoux pliés en une posture qui se voulait furtive. Arrivé devant une fenêtre, il jeta un coup d’œil à l’intérieur de la masure : il n’y avait pas de lumière et personne n’était levé. Il alla sans bruit jusqu’à la porte d’entrée et regarda dans l’étroit espace entre la porte et le mur, tout en s’aidant d’une très petite lumière : La porte était, comme prévu, fermée. Il entreprit alors de contourner la maison pour trouver une porte non scellée ou une fenêtre entrouverte, et sa recherche fut teintée de succès : la porte arrière, qui donnait sur une petite cuisine, n’avait pas été fermée.
Doucement, il tourna la poignée et poussa le bâtant juste assez pour laisser passer son corps frêle, tout en maudissant le grincement de la porte mal huilée. Entré dans la cuisine, il laissa la porte entrebâillée, dans l’éventualité où il devrait partir précipitamment. Il se félicita d’avoir enfilé ses gants de tissu noir, car il évitait ainsi de laisser ses empreintes partout.
D’ailleurs, il était bien préparé pour son projet : Sa tenue noire lui assurait la discrétion nécessaire, et il connaissait aussi très bien le plan de la maison.
Suivant ses souvenirs, il s’engouffra plus encore dans la bâtisse, passant par une salle à manger et par l’entrée, pour accéder enfin à l’escalier. Là encore, il savait quelles marches grinçaient, et grâce à sa dextérité, il put monter à l’étage sans faire trop de bruit.
Un grincement soudain le fit s’arrêter brusquement. Et il resta statique un moment, des sueurs froides couvrant tout son corps. Le grincement ne se répéta pas, et il se détendit quelque peu.
Il y était presque : plus qu’une seule porte à pousser, quelques centimètres à faire pour accéder à son but… Mais peut-être pouvait-il encore faire marche arrière ? Repartir sans bruit et refermer la porte ? Se donner ainsi plus de temps pour réfléchir… Qui sait ? Il pouvait peut-être encore être heureux… ?
Non il ne le pouvait plus ! La douleur qui déchirait son cœur était là pour le lui rappeler : sa haine était trop forte et trop douloureuse pour laisser place au bonheur. Il n’avait plus qu’une envie, et tant pis si elle lui gâchait la vie ! Il n’y avait plus que la vengeance qui comptait désormais…
Il poussa lentement la porte qui le séparait de la chambre, et entra discrètement dans la pièce. Les rideaux au dessus du lit étaient tirés, mais la lumière de la lune filtrait tout de même dans la chambre silencieuse. Il distinguait sur le lit la silhouette allongée de l’être haït. Un sourire dément aux lèvres, il s’approcha du lit et regarda la silhouette noire pendant quelques secondes, son cœur battant la chamade et chaque battement lui insufflant plus de douleur que le précédent…
Doucement, très doucement, il s’empara d’un coussin qui reposait à proximité du dormeur, et l’agrippa fermement avec ses deux mains. Puis, très lentement, il l’approcha du visage du dormeur couché sur le dos… Un énième sursaut de douleur lui fit écraser le coussin sur le visage serein, ce qui eu pour effet de réveiller l’endormi.
Fabien se débattit, mais son meilleur ami tenait fermement le coussin de sa poigne assurée, ne laissant à sa victime aucune chance de se dégager… Cette bataille silencieuse ne dura que quelques minutes, mais paru éternelle aux deux amis d’enfance.

Un ultime sursaut des membres de Fabien salua son décès.

Il souleva le coussin et s’approcha de la tête de sa victime. Quand il fut à quelques millimètres du visage, il chuchota « Je le devais mon ami, comprend moi… Vous m’avez fait trop mal, c’était toi ou moi. » Se disant, il s’écarta lentement du mort, mais un détail reteint son attention : à côté de Fabien reposait une autre personne, dont l’immobilité n’avait rien de naturel… Un courant d’air souleva le rideau, laissant passer un rayon de lune qui éclaira le visage terrifié et tétanisé d’Emilie. Ses yeux grands ouverts fixaient son ex-petit ami meurtrier, et sa bouche commença à s’étirer en une expression d’horreur. Le cœur du meurtrier ne fit qu’un bond : il s’affala sur le corps sans vie de fabien et abattit sa main gantée sur la bouche d’Emilie. Le cri s’étouffa et le tueur prit le couteau attaché à sa ceinture et le posa sur la gorge de son aimée. Dans les yeux terrifiés d’Emilie, il lut sa propre frayeur :
Elle l’avait vu ! Si elle le dénonçait, il passerait le restant de ses jours en prison ! Ah ça, elle le ferait, c’était sûr ! Une fois déjà elle l’avait trahi, le condamnant à une souffrance inouïe, elle ne se gênerait pas pour recommencer, il pouvait en être sûr ! Malgré son amour pour lui, malgré tout, elle le trahirait encore et encore ! Le monde n’avait pas besoin d’une telle traîtresse ! Et il allait l’en débarrasser, car c’était la seule alternative qui lui restait !
Dans un sursaut de courage, Emilie lui mordit la main jusqu’au sang, l’obligeant à l’écarter de sa bouche. Sentant le hurlement de la traîtresse venir, il ne fit qu’un geste pour l’enrailler…
Le sang gicla sur le matelas, aspergent le meurtrier. Le cri tué dans l’œuf naquit en un gargouillis immonde qui ne fut discernable que par l’assassin pétrifié.

***

Le flot de sang s’était arrêté de couler quand il se releva et remit pied au plancher, complètement désorienté. Prit de folie, l’assassin trempa deux doigts dans la mare de sang qui maculait le matelas et écrivit un mot seul sur le mur de la chambre. Puis il sortit de la pièce sans un bruit et descendit prudemment les escaliers. Là, il alluma le gaz qui commença à se répandre dans la maison entière, puis entailla légèrement le fil électrique du téléphone. Rapidement, il sortit de la bâtisse et s’en éloigna de plusieurs pattés de maison. Là, il sortit de sa poche son portable éteint, le mit en marche et tapa le numéro Fixe de Fabien.
Une sonnerie, deux sonneries, trois sonneries, et l’explosion se produisit.
La déflagration ébranla tout le village. Et il se mit à courir à travers champs tandis que les premières lumières des réveillés s’alliaient à leurs cris effrayés.
Il coura ainsi pendant plusieurs minutes, et rejoint enfin le chemin où sa moto devait l’attendre… Il s’arrêta, pétrifié et épouvanté : son véhicule avait disparu. Il ne pouvait retourner à pieds à la ville, encore moins sans être surpris par le levé du jour qu’il redoutait : Un personnage habillé en noir de la tête aux pieds, couvert de sang, ne passerait pas inaperçu.
Il était perdu, même en tournant ses pensées en tous sens, il ne trouvait pas de solution. Il allait être arrêté et emprisonné, et passer sa vie en prison entre violeurs et meurtriers.
Anéantit, il se mit à marcher désespérément sur le chemin balayé par le vent du matin proche.
Le halo du soleil apparaissait juste quand il entendit un bruit de camionnette arriver vers lui. Il aurait pu se cacher, essayer de ne pas se faire remarquer, mais une voix en son esprit répétait « A quoi bon ? ». Il ne s’étonna qu’à moitié quand le véhicule noir s’arrêta devant lui. Il ne s’arrêta pas de marcher quand la porte arrière du fourgon s’ouvrit à la volée, laissant sortir deux personnages étranges. Ceux-ci s’arrêtèrent devant le marcheur sans lui barrer le passage. Ce dernier, étonné par le comportement incompréhensible des deux personnes, arrêta sa marche, et regarda les deux hommes. L’un sourit puis pris la parole : « Bonjour Kayze… », « … Comment trouves-tu cette belle matinée ? » Reprit l’autre.
Devant l’absence de réponse du jeune tueur, ils continuèrent : « Quelqu’un dans la camionnette… » « …Aimerais te parler. »
Sans plus se faire prier, il s’engouffra dans le véhicule sombre où une grande personne attendait, assise sur un siège. A l’arrivée du jeune tueur, la femme lui dit : « je t’en prie, assieds-toi » tout en montrant le siège face au sien. Il s’exécuta, envoûté par la voix douce de son hôtesse. Il ne pouvait voir ses traits, tant l’intérieur du fourgon était sombre malgré la lampe du plafond, mais son parfum emplissait l’air et il était comme possédé par cette odeur. Quand il se fut assit, les deux hommes jusque là restés à l’extérieur entrèrent et fermèrent la camionnette.
« Alors Kayze, comment te sens-tu ? » Demanda la femme.
-Pourquoi m’appelez-vous comme ça ?
-Parce que c’est ton nom originel, révélé par le péché ultime… N’est-ce pas celui dont tu as signé ton crime ?
-C’est vrai. Je comprend mieux maintenant… répondit Kayze d’une voix faible.
-Alors, tu ne m’as pas répondu…
-Je… Je ne ressens plus de douleur… En vérité je ne ressens plus rien… »
Kayze distingua les lèvres de la femme s’étirer en un sourire ravi, cela l’encouragea à continuer :
« Qui êtes-vous ? Comment savez-vous tout ça ?
-Des réponses viendront, mais certaines ne te seront jamais données. Tout ce que tu dois savoir, c’est que tu peux être des notre maintenant. Tu as tué pour toi, nous te proposons aujourd’hui de tuer pour autrui. Nous effacerons toute trace de ta culpabilité, si tu daignes accepter. Tu deviendras quelqu’un d’autre. Tu devra oublier ton passé, ta famille, tout ce qui a fait ta vie jusqu’à présent. Tu vivras dans l’ombre, où tu demeureras à jamais libre.
Le discours haché de la femme envoûta étrangement Kayze, qui sentit les mots se graver dans sa mémoire.
« Alors, acceptes-tu notre enseignement ? »
Kayze regarda tour à tour les deux hommes et la femme, avec l’étrange impression d’avoir enfin trouvé sa place… Son regard revint sur la femme, et celle-ci s’avança dans la lumière du plafond. En dépit de son visage magnifique, Kayze fut envoûté par ses yeux bleus où il contempla un amour incommensurable, un amour au-delà du temps, au-delà de la mort et du sang, au-delà de la souffrance et de la vengeance. Un amour qu’il n’avait jamais vu auparavant, mais qu’il reconnaissait maintenant.
Un mot simple s’échappa de ses lèvres sèches, et le visage de la femme, en un sourire, se mit à rayonner.

La camionnette noire démarra et disparu dans la matinée ensanglantée de ce magnifique jour d’été…
Alecto
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Messagepar Alecto » lun. janv. 22, 2007 2:15 pm

Hum, désolée. Moi ce texte me fait penser à un certain week end aux Treumières avec un théâtre étrange, de la bolognaise, des chemins détournés, un cimetière, un mp3... Hum, petit moment de nostalgie... :oops:
Querdal
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Messagepar Querdal » lun. janv. 22, 2007 3:03 pm

>>> "La Nuit" ?

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