Un nouveau départ

Une longue et belle cape pour les voyages, quelques lames et parchemins, je le vois bien vous êtes un aventurier ! Pourquoi ne pas conter ici vos aventures, voir celles des autres ?
Jalina
Zinzinule
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Messagepar Jalina » jeu. mars 15, 2007 8:23 pm

Tout le groupe était muet de stupeur, le temps semblait s’être arrêté dans cette immense caverne éclairée par un petit rayon de lumière qui rentrait par une fissure dans la voûte et illuminait la salle en se réfléchissant sur les scintillantes écailles du dragon.
Félicia était en vie, Bobolle venait de sauver la vie à Nylhin et le dragon… était vraiment grand…
Les respirations étaient courtes, l’atmosphère pesante et chacun se préparaient à un éventuel combat, malgré les paroles de la petite fée. C’est au cœur de cette indécision qu’intervint officiellement Bobolle, resté caché derrière le groupe jusqu’alors, il s’éleva dans les airs en irradiant d’une lumière argenté, son vol était saccadé et il laissait parfois échapper des étincelles multicolores puis il se mit à tournoyer à très grande vitesse autour de la tête de l’antique animal et pour finir, il se posa en douceur au sommet de son crâne et son chatoiement s’estompa peu à peu.
Le dragon éclata de rire. Un rire caverneux accompagné de petites gerbes de flammes. Son hilarité se répercuta sur les parois de la grotte dont le sol trembla légèrement.
-Ah vieux filou !! J’aurais du me douter que c’était toi. Jusqu’à présent personne n’avait réussi à passer les pièges magiques mis en places par Xélin, la dernière fois que tu es passé ! Alors, dis moi… Lequel de ses gamins a hérité de ta charmante compagnie ?

L’animal ne se souciait plus des êtes insignifiants qui les regardaient, lui et l’étrange sphère, d’une manière ahurie.
-Qu’est ce que c’est que cette histoire… ? Murmura l’un d’eux.
L’idée de Félicia leur avait déjà parut être aberrante, apprivoiser un dragon… Mais qu’un antique item magique le connaisse personnellement et soit son ami.
Martel se pinça douloureusement le bras afin de s’assurer du fait qu’il ne se trouvait dans un rêve particulièrement Loufoque…
Le dragon laissa encore échapper un éclat de rire…
- Ca ne m’étonne pas de toi… Ta petite m’intrigue, faudra que tu me l’amène un jour ! - Il s’étira longuement. - Mais pas trop tard, je vais bientôt rentrer en période de mue et d’ici à ce que ce soit fini, ta petite aura vécut trois vies ! Bon et maintenant si tu m’expliquais pourquoi tu as amené ses humains ici.

Le majestueux dragon était nonchalamment allongé sur le sol encombré par les richesses que contenait sa caverne, observant, en louchant, Bobolle posé sur son front. Il exerçait une certaine fascination chez les membres du groupe présent. Leurs regards s’accrochaient aux écailles luisantes du dragon et ils prenaient peu à peu conscience de la démesure de leur idée, car ce dragon, n’était pas un petit dragon. Il était plutôt du genre gigantesque. De plus la couleur de ses écailles, bleu profond, annonçait sa prochaine mue où il deviendrait noir, avant-dernière étape de sa vie avant qu’il ne devienne un mythique dragon d’or. C’était donc un très vieux et très puissant dragon auquel ils avaient voulu se frotter.
-Oh, au fait, faudra m’excuser auprès de la fée… qui a eut beaucoup de chance d’être doté d’un pouvoir de résurrection… Mais, elle m’a parlé, indirectement, de Ner’shid et tu sais…
Un violent frisson secoua le dos du dragon.
-Trêve de mauvais souvenirs ami Zélandrien, amène moi ta compagne plutôt et je verrais si je peux faire quelque chose pour toi!

Plutôt très loin de là… Sortant du désert, et savourant la petite brise qui asséchait leur transpiration, le reste du groupe accompagné de l’armée de gobelin arriva en vue d’une grande plaine
-Heu dites… C’est mes yeux où le truc noir là-bas bouge ?
Tous ceux ayant entendu la question hésitante regardèrent dans la direction indiquée par Lucy.
-On dirait bien, acquiesça le Roi, c’est inquiétant… Cela ressemble fortement au mouvement d’une armée… Après une pause, il appela Alastor. Allez prévenir les chefs de section de se tenir près à un éventuel combat, dites leur qu’on a une armée avec à peu près la même taille que la notre au jugé et assurez vous qu’ils hissent tous le pavillon neutre. Je ne veux aucune hostilité tant qu’on ignore de quoi il s’agit.
Alastor hocha la tête et fit volte face avec son Qrrl_toq dans un geste souple qui surprit Lucy. Elle dut s’accrocher au gobelin pour ne pas tomber, et ils s’éloignèrent au pas de course.
Peu de temps après le départ d’Alastor et Lucy, une petite traînée de poussière s’éleva de la plaine, un cavalier semblait venir vers eux. Ledit cavalier na tarda pas à être rejoint par ce qui paraissait être, de loin, une cavalière… Ils restaient à distance raisonnable l’un de l’autre, mais ils avançaient tout deux vers la même destination, l’armée des gobelins. Voyant cela, le roi décida d’envoyer vers eux un émissaire pour essayer d’éclaircir la situation…
Fidel IX se pencha vers Jalina toujours perchée derrière lui et lui murmura
-Je ne sais pas ce que vous valez en diplomatie, mais vous devez être avec Myke la personne la plus au courant de la situation… Mais Myke n’est peut-être pas la personne la mieux appropriée… Je veux ire, c’est un très bon combattant mais…
-Je comprends. Lui répondit-elle sur le même ton. Je n’ai jamais fait ça mais…

-…il est évident que.
Jalina s’arrêta au milieu de sa tirade, car du dos d’un Qrrl_toq, elle se retrouvait perché sur quelque chose d’étrange, bleu brillant, à plusieurs mètres de hauteur. Elle jeta un coup d’œil aux alentours et aperçut au sol ses amis partit combattre le dragon… Elle continua d’observer les lieux, tout en se demandant comment elle était arrivée là sans s’en rendre compte lorsque soudain la chose sur laquelle elle était posée se mit en mouvement. Elle perdit l’équilibre et faillit tomber dans le vide mais quelque chose la rattrapa de justesse. Le quelque chose en question était une énorme patte qui aurait pu broyer son corps sans effort.
-Heuu dites, commença-t-elle sans quitter du regard la créature qui la tenait, c’est lui votre dragon ? Et comment je suis arrivée là ? Bobolle ?
Peu à peu sa voix s’était éteinte. Sa vision du dragon était assez restreinte et se limitait à deux yeux, globuleux, améthyste et opale mêlé et à un museau aux naseaux fumants.
-Je me présente, je suis Hra’bo. Dragon depuis cinq siècles et votre nouvelle monture pour la journée. Bobolle n’est plus là, il a échangé vos places parce que j’ai demandé à vous parler.
La jeune femme fit un sourire crispé.
-Enchantée, moi c’est Jalina… Heu, serait-il possible que je retrouve la terre ferme ? Mes habits risquent de craquer.
Elle retrouva le sol peu après, mais vacilla un instant, tremblante d’émotion. Elle venait d’avoir, assurément, une des plus belles peurs de sa vie. Elle se retourna vers le groupe qui s’était rassemblé…
-Quelqu’un m’explique ?
Puis vers le dragon, sans attendre la réponse de ses compagnons.
-Me parler ?
Le dragon acquiesça mais resta silencieux… Jalina ne comprenait plus rien.
Dernière édition par Jalina le jeu. mars 15, 2007 11:33 pm, édité 1 fois.
Eilraet
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Messagepar Eilraet » sam. mars 24, 2007 3:08 pm

[Bon je fait plus court mais en contrepartie je me lâche coté grobillisme Mouhaha !]

C'est donc complètement déboussolé, avec un esprit tellement évanescent que le lycan avait suivi cet étrange détour, qu'Eilraet se trouvait devant des portes massives, hautes de plusieurs mètres. Se demandant si les dragons se rendrait compte qu'il était arrivé jusqu'ici sans passer par nul part il hésita quelques instants sur l'utilité d'aller à leur rencontre pour au moins leur passer le bonjour, mais perdu comme il était, l'esprit encore à moitié dans les montagnes, il n'avait remarqué de quel coté des portes il se trouvait. C'est donc en se retournant pour voir une plaine qu'il se retrouva nez à nez avec une cité, bien plus belle et grandiose que dans ses souvenirs.

Il décida de reprendre la marche, mais ses pas furent très lents tant il prenait le temps d'observer tout ce qui l'entourait, chaque tour, chaque ruelle, chaque boutique. Et la ville en réalité le lui rendait bien, partout où il passait tout le monde stoppait ses activités et tournait vers lui le même regard émerveillé qu'il jetait sur chaque pierre. Plus il avançait dans la ville et plus le silence était grand, et hormis la cadence régulière du travail d'un forgeron il n'y eu bientôt plus aucun bruit en Ardhonmeth. Alors que le forgeron, totalement hypnotisé par la présence du voleur de rêves, remarqua qu'il avait oublié de poser l'épée qu'il forgeait sur l'enclume, un groupe d'enfant, qui venait d'arriver déguisé en indiens, chasseurs, sorciers et amazones, s'arrêta tout net. Un fabriquant de poupée fut surpris de voir ses créations aux boucles blondes tourner leur tête d'un mouvement commun pour regarder à l'extérieur du magasin, et quand il aperçu Eilraet, toujours tellement captivé par son observation de la ville qu'il n'avait pas remarqué l'étrangeté de cette absence de son, il laissa tomber sa plus belle oeuvre, et alors que la petite tête de porcelaine se brisa en deux morceaux sur le carrelage, les petits yeux bleus ne cessèrent pas de fixer le tavernier.

Ne connaissant que très peu la cité Eilraet décida de se rendre en un lieu qu'il avait déjà visité, le temple où les enfants avaient été abrités pendant la guerre qui avait finit par plonger la cité dans le sommeil. Quand il arriva devant les grandes marches de marbre, le prêtre qu'il connaissait fit son apparition et après observé le voleur de songes d'un regard étonné, sembla reporter son attention ce qui se trouvait derrière lui. C'est donc en suivant son regard qu'Eilraet quitta pour la première des yeux les batîments de la cité pour regarder derrière lui. Peut être cette scène ne vous est pas inconnue, tant elle a marqué les mémoires et tant est grand le nombre d'artiste qui l'ont immortalisé sur un tableau, mais la réalité ne semblait pas moins fictive, il y avait dans cette scène quelque chose qui faisait plus penser à une toile qu'à un événement réel. Le soir même une fresque géante, de 30 mètres de haut sur 50 de long fut peinte sur les murs du palais, tout à gauche on pouvait y voir le temple, gigantesque et magnifique, et juste dans l'ouverture de la porte se trouvait le prêtre, qui semblait incroyablement petit sous cet édifice de pierre. Son regard était, comme cela avait réellement eu lieu, tourné vers Eilraet, que l'artiste avait placé au milieu de la scène, faisant provenir la lumière de son visage doux, et à la droite du tableau, à partir du bas des marches et jusqu'à une longueur indéfinie, tous les habitants de la cité. Car s'ils s'étaient immobilisés en premier lieu ils n'avaient pas tardé à suivre le tavernier, dans une démarche lente et silencieuse, et quand Eilraet, sur ces marches se retourna dans un geste si lent qu'il semblait chorégraphie, un enfant, que le peintre n'omis pas d'ajouter sur son oeuvre, tendait une main en direction du tavernier comme pour vérifier qu'il était bien réel.

La suite se passa en un éclair, la petite main tremblante toucha la cape d'Eilraet, celle qu'on lui avait donné dans le chalet, et le tavernier qui ne manqua pas de reconnaître un des enfants qu'il avait vu dans les sous sols du temple s'empressa de le prendre dans ses bras, de murmurer un bonjour aimable à son oreille, et d'un mouvement ample, de saluer la foule. Les ardhons ne l'avait pas oublié, et il ne s'était pas simplement contenté de se souvenir de lui, ils l'admiraient, et Eilraet sentit un sentiment nouveau percer l'épaisse croûte de son coeur. Pour la première fois depuis plus d'un an, Eilraet ne se sentait pas maudit, il n'avait plus l'impression de porter malchance et désolation partout où il allait.
Arkan
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pour recadrer Nyl...

Messagepar Arkan » mer. avr. 04, 2007 6:41 pm

Nylhin non plus ne comprenais plus grand-chose à l’histoire. Fatigué de tous ces rebondissements, il s’était assis dans un coin de la grotte, adossé à la paroi de pierre fraîche, Hybride reposant sur ses jambes.
Il devait faire le point. Les rebondissements en série, les morts, les créatures magiques, les villes grandioses… L’elfe noir sentait monter en lui la nostalgie de son enfance simple à la forêt de Lhasian, l’image de sa famille passa en son esprit, le faisant sourire.

Mais au vent frais de la réminiscence succéda la brise glaciale de la culpabilité.
Nylhin porta sa main tremblante à la cicatrice qui barrait son œil blanc, la caressant légèrement de son index.
Ils étaient morts. Par sa faute. Par la faute de son arrogance et de sa bêtise. On l’avait pourtant maintes fois prévenu…

Nylhin était né dans une jeune famille de Veilleurs, les Lotha Leys. Comme toutes les demeures, la sienne avait un rôle dans la dynastie Veilleuse. Et les Lotha Leys s’étaient spécialisés dans un domaine des plus difficiles et dangereux. La chasse aux vampires.
Depuis ses cinq ans, Nylhin avait été entraîné par sa famille à combattre les pires ennemis des Veilleurs. Un jeune Veilleur ne doit souffrir d’aucune faiblesse ou faille, car ses facultés durant le début de sa longue vie sont identiques à celles des humains normaux. Mais Nylhin était un elfe noir, descendant d’une longue lignée que récemment devenue Veilleuse, et sa race lui donnait, comme elle avait donné à ses parents et ses ancêtres, une nette avance physique. C’était une des raisons qui avait défini la spécialité de la Maison Lotha Leys. Mais si cette particularité était un don bien utile, elle fut aussi la malédiction de Nylhin. En effet, l’elfe noir, dès jeune, présenta des facultés et un talent très élevés. Tout aussi grands que l’orgueil et la prétention qui germèrent dans son esprit puérile.

Un jour, une nouvelle menace se profila à l’horizon, faisant trembler même les plus aguerris des Chasseurs Veilleurs. Une nouvelle race de vampires. Incroyablement fort, à la puissance surnaturelle, une entité avait déjà rasé deux villes des terres de Lhasian, ne laissant sur son passage q’un amas déchiqueté d’habitants et de bâtiments. Les seuls Chasseurs Veilleurs qui avaient tenté d’exterminer ce que l’on finit par appeler le « Déchireur » n’eurent même pas la force de le blesser. La situation était critique, et plus on passait le temps en vaines discussions, plus le sillon sanglant de l’ennemi s’enfonçait dans les terres. Les représentants des familles se réunirent en un conseil d’urgence, et il fut prit la décision d’appeler deux mathusalems pour arrêter le massacre.

Reik Telac Orn et Lonn Lotha Leys furent les deux Anciens qui acceptèrent la mission. Telac était de race humaine et Lonn Elfe sombre. Seule Lonn avait atteint l’Hybridation, du haut de ses trois cent dix ans, et ce privilège de l’âge était inatteignable par Telac. Celui-ci avait en effet déjà usé du Miracle Veilleur sur Lonn, à ses cent dix ans. Il avait ainsi créé la lignée Veilleuse des Lotha Leys. L’arrière grand-mère de Nylhin, Lonn, partit donc en compagnie de Reik affronter le déchireur.
Ils ne revinrent jamais.

C’est alors que son père et sa mère discutaient de ces sinistres évènements que Nylhin, qui avait alors dix neuf ans, les avait interpellés.
« Bande de pleutres, vous tremblez devant un ennemi que vous ne connaissez même pas. Devant la pâle copie d’un vampire. Je vais m’occuper de votre problème. »
Sur ce, il avait quitté la Demeure après quelques préparatifs, sans prêter oreille aux propos de ses parents, sûr de sa prochaine réussite. Se voyant déjà revenir glorieux parmi les siens. Donner par sa seule existence une importance plus grande des Lotha Leys dans la Dynastie des Veilleurs.


Rien ne se passa comme il l’avait prévu, dans sa grande bêtise. Il avait trouvé le Déchireur sans mal, il ne lui avait suffit qu’à suivre son sillon de destruction après être sorti de sa forêt natale. Arrivé dans une énième ville en cendres, il vit la silhouette du Déchireur se découper dans le soleil couchant. Un corps cadavérique, de longs membres, un long cou, une allure voûtée...
Ce fut la seule chose qu’il eu le temps de voir, car l’ennemi était déjà sur lui. Nylhin esquiva quelques coups, mais ne tint pas longtemps. Bientôt, il était recouvert de blessures sanguinolentes, son œil droit fendu et ses membres brisés. Mais il vivait encore, à son grand malheur.
L’être monstrueux fouilla dans son âme, comme un chien fouille la terre, à grands coups de griffes. Le Déchireur trouva enfin ce qu’il cherchait, l’emplacement de la Demeure Lotha Leys.

Le Déchireur était suivi de près par un régiment de vampires, chargés de récolter les richesses que le monstre laissait derrière lui. Ils trouvèrent Nylhin à moitié mort, et le firent prisonnier, le soignant du mieux qu’ils pouvaient, pour mieux le torturer ensuite. Il fut emmené aux terres de sang, fait prisonnier, torturé par Lilith et ses disciples…
Un jour, lassée de ses suppliques, Lilith lui révéla ce qui était advenu de sa famille, de la plus simple manière qui soit. Elle posa aux pieds de l’enchaîné un simple sac, dont elle sortit une à une les têtes coupées de son père, sa mère, ses frères et sa petite sœur.
A partir de là, Nylhin commença à sombrer dans la folie…


Et aujourd’hui, dans l’ombre de la caverne, Nylhin pleurait.

Un mouvement léger à son côté stoppa les sanglots de l’elfe noir. Il sentit Martel s’asseoir à sa droite. Les deux veilleurs gardèrent le silence quelques minutes, puis l’aîné prit la parole :
« Il n’est pas toujours joyeux de se remémorer notre passé… Tu vas vivre longtemps Nylhin, pense à voir devant toi.
- Tu lis dans les pensées maintenant ? fit l’elfe d’une voix chevrotante
-Non, mais je connais ton histoire.
-Super…
-Mais je ne suis pas venu pour te parler de ça, j…
-c’est pourtant ce que tu fais.
-Je voulais t’informer qu’un groupe spécial de veilleurs m’avait contacté, avant que nos chemins ne se croisent. Une petite troupe de la Dynastie se regroupe en ce moment même à proximité des rivages maudits, à l’ombre des arbres de la forêt d’Eilniss. Ce sont des Veilleurs surentraînés spécialisés dans l’infiltration, et ils voulaient que je les dirige. A l’époque, je ne pouvais pas me permettre de quitter le céleste, mais aujourd’hui je pense qu’il est bien temps de les rejoindre. Mais je veux que tu viennes avec moi.
Nylhin tourna vers Martel un regard étonné.
« Je ne quitte pas le groupe. Nous nous sommes déjà assez divisés comme ça. Il nous faut garder un semblant d’unicité pour vaincre Gorgorbé. »
« Mais les Ombres se réunissent pour ça justement ! Ils vont infiltrer les terres et la forteresse et s’attaquer directement à Gorgorbé ! Ils savent comment faire pour l’éliminer ! »
« ah… » L’elfe était pensif.
« Je ne pars pas sans le reste du groupe, alors il faudra soit les emmener, soit tu te passes de moi. Ils pourront suivre un entraînement rapide d’infiltration, ce n’est pas si dur. De plus, ils ne sont pas n’importe qui. »
Martel soupira, excédé « Je savais bien que ce ne serait pas possible de t’emmener comme ça… Je pense que nous pouvons prendre avec nous ce qui reste de la troupe. Comme tu le dis, ils ne sont pas sans ressources. Mais pour Pax, par contre, je ne sais que penser, je me méfie de lui, c’est un vampire avant tout… »

Nylhin s’étira longuement et se leva, époussetant sa tunique. Il reprit hybride en main et, tout en l’accrochant à son dos, fit à Martel :
« Ok, on va voir ça, je te propose d’en parler aux autres. Et plus tard, je te demanderais pourquoi tu as attendu ma venue pour partir rejoindre les ombres… »

Martel soupira, il se doutait bien que ce ne serait pas si simple…
Eilraet
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Messagepar Eilraet » jeu. avr. 05, 2007 7:58 pm

Il ne fallu pas longtemps, avec la grande quantité de main d'oeuvre qu'offraient les Ardhons épris d'admiration pour Eilraet, pour organiser et préparer un banquet digne de ce nom, si grand que l'on hésita un instant à laisser les pieds de quelques personnes dans l'eau qui entouraient la plaine, avant de se décider pour couper quelques arbres de la forêt. Bien sûr il s'agissait d'un banquet, gigantesque qui plus est, et quelques secondes ne furent pas suffisantes, mais en moins d'une semaine, des cuisines furent installés, des tables, ainsi qu'un amphithéâtre où joueraient les plus grand acteurs de la cité.

Le rire fut de rigueur ce soir là, si bien que l'on en abusa même fortement, du rire en telle quantité qu'il aurait été facile d'en être dégoûté, comme le fut Eilraet ce soir là, qui portait sur son coeur la mort du roi de la cité. Mais personne ne fit attention à son air triste et maussade, et les rires fusèrent, dégoulinant de tous les recoins, faisant dégouliner les verres, des éclats en telle quantité que l'on ne pouvait plus mettre le pieds au sol sans se heurter à un monticule de rire, du rire comme les Ardhons n'oseront plus jamais en imaginer. Ce fut le plus cristallin d'entre eux, le plus percent et le plus empli d'entrain qui sonna dans la poitrine du lycan la note mélodramatique du désespoir, et comme un mauvais augure, il fut si aigu, si puissant, qu'il tua sur le coup deux corbeaux qui passaient par là les faisant s'écraser sur la nuque de l'homme dont le rôle était d'annoncer le début de la pièce. L'homme, qui ne releva pas le fait d'avoir été réveillé par deux cadavres, fit son devoir, et annonça que l'on conterait sur la scène, l'histoire du voleur de rêves.

Tous les Ardhons, car si aucun n'avait été invité tous étaient venus, se précipitèrent vers les bancs et les estrades gigantesques, érigées pour l'occasion, et alors qu'il était lui même le clou du spectacle, personne ne fit attention à Eilraet, traînant des pieds, manquant de glisser sur un bloc d'allégresse comme on trébuche sur la peau d'une banane. Mais même si pris bien garde à être le dernier entré, à ne garder pour lui que la pire des places, celles que l'on ne laisserait à personne, Eilraet se retrouva, sans vraiment le vouloir, à la place d'honneur, là où les comédiens, et le public, seraient le plus à même de lui adresser la parole.

Le silence se fit, et les rires se turent à l'instant même où, alors que le soleil disparaissait derrière l'horizon, on illuminait la scène de lampes multicolores, et, pour les instants que l'on disait les moins glorieux de la vie d'Eilraet, des enfants s'avancèrent, s'apprêtant à jouer la première partie du spectacle. Cela ne fut pas une catastrophe, mais cela fut suffisamment ridicule pour que le tavernier oublie un peu qu'il n'avait fait qu'accidentellement tuer le roi de ceux qui l'acclamaient à présent. Une comédie, surjouée, et toute en alexandrins, rien de moins, et surtout rien de plus, une pièce pour enfant.

Pour le plus grand malheur d'Eilraet, et certainement de l'ensemble des Ardhons, les acteurs, les vrais, qui furent chargés de la seconde partie, où plutôt du spectacle en lui même, étaient bons. Ou plus exactement, puisqu'il faut bien nommer les choses par ce qu'elles sont, incroyablement bons, c'est à dire dans ce triste cas, beaucoup trop. Si bons que même en improvisant ils ne se trompaient jamais et c'est donc en inventant au fur et à mesure, qu'ils allaient jouer, sans aucune erreur, la vie d'Eilraet, la découvrant eux même tandis qu'ils la joueraient.

Tout ce passa plutôt bien, et comme dit plus tôt sans erreur, jusqu'à ce que les acteurs en arrivent à un passage qu'eux même eurent du mal à cerner. Il s'agissait du moment où le voleur de songes s'était introduit dans les rêves de Gorgorbé pour lui redonner la mémoire, bien sûr, et cela expliquait qu'ils prenaient Eilraet pour un dieu, ils ignoraient tout du vol de rêves, mais en réalité ils ne comprirent pas ce qu'un serpent (qu'ils ne manquèrent pas d'interpréter avec beaucoup de justesse) vint faire dans cette histoire.

La pièce repris son court, et plusieurs vampires moururent de différentes lames, rarement de celle d'Eilraet qui s'était démarqué par son incroyable manque de courage, assez prédominant à l'époque, et puis il arriva quelque chose. La pièce se brisa, il y eu une coupure, bien qu'ils en étaient arrivés à un moment assez avancé de sa vie les acteurs jouèrent soudain une naissance du tavernier, le serpent s'effaça, et les projecteurs éclairèrent Keela, la mère d'Eilraet, il était devenu lycan. Le nuage, que bien sûr personne n'avait distingué, qui tournait autour du tavernier suivis le regard du serpent et vint se frotter à Gorgorbé qui vacilla un instant, mais encore une fois personne ne releva se détail. Comme si rien ne s'était passé, et puisqu'il fallait bien continuer, la pièce repris son court, et l'on assista à la première transformation d'Eilraet en lycan, et le serpent s'échappa, cette fois ci visible aux yeux de tous, le sang du lycan, frappant la neige, s'animait, et se rendait dans une direction connue de lui seul.

Peut être l'avez vous oubliée, mais Eilraet croisa une créature. Oh en réalité il serait logique qu'elle ait disparu de vos souvenirs, c'est précisément là que réside sa nature, l'oubli, une créature tellement magnifique que dès qu'on la remarque on ne peut s'empêcher de l'admirer, mais une créature telle que les souvenirs ne pouvaient en être marqué. La grandeur de cette créature faisait qu'au fur et à mesure qu'on la voyait on l'oubliait, et si c'était un acteur qui se cachait derrière ses traits dans la pièce, si bien que cette fois ci tout le monde, y compris Eilraet, découvrit l'exorcisme qu'il avait subit, la créature attendait paisiblement dans le public, se faisant oublier de quiconque croisait son regard.

La pièce repris son cours, et l'arrivée à Ardhonmeth fut acclamée par les larmes et les rires, réchauffant le coeur d'Eilraet, pourtant déjà brûlé au centième degrés. Le combat entre Arkan et Querdal, car c'est ainsi qu'il fut retenu, ne fut pas montré, car tout était joué du point de vu du voleur de rêves qui était plongé dans un état pitoyable de marionnette onirique dans les mains de Morphée, le réel sauveur d'Ardhonmeth. Mais ce fut Eilraet qui survécu, et ce fut son nom que l'on grava sur les pierres et dans l'histoire.

La créature, qui n'avait pas quitté la scène un seul instant des yeux s'approcha d'Eilraet quand arriva la bataille à Luin Talath. Et le voleur de rêves le reconnu, sans l'oublier cette fois ci, alors que l'acteur qui l'interprétait montait sur le Celeste, faisant décoller le sourire de tous les enfants, émerveillés par ce bateau volant.

Très peu de gens furent étonnés de voir qu'Eilraet s'était lié d'amitié avec un vampire, après tout, c'était un être au grand coeur, tout le monde savait ça. Hélas, l'ombre du serpent réapparu, et comme un glaive il transperça Eilraet de part en part, éveillant en lui ce que la créature n'avait que partiellement détruit. Les acteurs stoppèrent net leur jeu, laissant toute la foule dans l'incompréhension, car eux, étant en quelques sorte les protagonistes de cet histoire pourtant passée, savaient. Beren, ou plutôt celui qui l'incarnait, jeta au tavernier un regard plein de tristesse et de déception « pourquoi m'as tu fait ça » demanda t'il, doucement avant de se rediriger vers sa place dans ce qui devait être.

C'est ainsi que tout le monde, sans plus rien n'y comprendre, vit le serpent, Eilraet lui même, pousser Rosslaew par dessus bord, entraînant Luthien et Elenya dans sa chute. Peut être cela est une métaphore, un effet de style ou une image que les poètes de l'époque ont tant utilisé qu'elle fait partie désormais du témoignage qu'il nous reste, mais il est dit que les Ardhons furent frappés d'une telle peine, que leur chagrin vint s'appuyer sur leurs épaules et sur la cité tout entière, et qu'Ardhonmeth se recroquevilla sur elle même.

Mais Eilraet n'eut pas le temps de voir tout ça, il se retrouva bientôt à Eilogiar, la créature l'y avait déposé. Eilogiar, cela est un bien grand mot, à la recherche du tavernier Gorgorbé était passé par Eilogiar, il ne restait plus rien ... plus rien excepté, la taverne, la marmotte se dressait, fière au milieu des décombres. Eilraet entra dans la construction de bois, intacte, où Luthien et quelques habitués l'attendaient, dans ce temple à la neutralité qu'était devenue la taverne de la marmotte qui tousse. Son rôle dans cette guerre était terminé.
Keela
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Messagepar Keela » dim. avr. 22, 2007 8:54 pm

Keela fronça vaguement les sourcils, en reprenant conscience sur sa couche. Avec le mal de crâne qu'elle avait, pas de doutes, elle avait été assommée. Mais quand ?
Sa main gauche, celle qui n'était pas zombifiée, se posa sur une dague, et la Lycanthrope se leva. Sa chambre, à Lock, était comme d'habitude. Pas de traces de combat, ni de vol.
De deux choses l'une : soit elle avait un agresseur maniaque, soit elle n'avait pas été agressée.
Alors pourquoi avoir une bosse grosse comme un oeuf, derrière le crâne ?
Elle fit quelques pas, sortit de sa maison, et jeta un regard sur le village de Lock. Son village, celui qu'elle avait reconstruit avec son frère jumeau. Quelle fierté soudaine, de voir cette oeuvre de sa vie !
Quelque chose, cependant, était anormal dans cette contrée enneigée. Les gens qui y vivaient semblaient plus inscrits dans le décor que jamais. Ils lui souriaient, jouaient avec la neige, s'occupaient des moutons des tissus aux couleurs vives...
Son poing se serra. Elle commençait à faire fuir les douleurs de l'inconscience, pour se rendre compte qu'elle n'avait pas vu son frère à son réveil. Et se mettre à courir vers le nord, vers la grotte où se trouvait l'esprit même de Lock.
Sous forme de louve, elle galopait dans la neige, avec une telle vitesse qu'elle semblait voler, sans vraiment savoir pourquoi elle ne se sentait pas très bien. Un mauvais pressentiment... Et quand on a vécu des milliers d'années, on fait attention aux mauvais pressentiments.
A l'entrée de la grotte, elle ne ressentit pas le pouvoir d'Exa'l, le gant de glace et d'argent. Elle n'eut pas ce frisson habituel.
Keela prit forme humanoïde, et s'avança vers la salle de rituel où devrait être déposé le gant.
Ce qu'elle craignait, à cet instant, s'était déjà passé : Exa'l était à la main de son jumeau, qui était pris de nombreuses convulsions douloureuses. Après des années à vivre combats, carnages et horreurs, Keela ne cilla pas en voyant l'agonie de son frère jumeau. Elle frémit, seulement, et se sentit triste, et rageuse : il n'aurait pas dû.
Il n'aurait pas dû, certes, mais d'un autre côté, le froid qui la prenait, soudainement, était l'appel de l'âme de Lock. Tous ceux qui étaient présentement dans le village seraient désormais des vrais habitants de Lock, en phase avec la glace, et les neiges.
Keela prit son frère dans ses bras, le vit sourire, et le serra contre elle. Sous ses doigts, alors qu'elle ne le frôlait qu'à peine, elle sentait les os de Gelvin se briser. Il pleurait silencieusement.
La Lycanthrope avança vers la sortie de la grotte, après avoir mit Exa'l à sa main zombie. Son regard se posa sur les neiges, et pour la première fois depuis bien longtemps, une nausée la prit.
Exa'l, à la main de Keela, n'agissait plus négativement pour la jeune femme. L’argent ne lui faisait rien, à cet instant. Les pleurs de son frère lui brisaient le cœur, mais elle n’y pensait qu’à peine : elle le mit sur ses épaules, et l’invita à lever ses yeux vers l’horizon.
L’horizon, et cette eau qui déferlait sur Lock. L’horizon, et cette chaleur qui s’en échappait, soudainement.
L’atmosphère se réchauffait. Les neiges éternelles des monts étaient en train de fondre. Pourquoi ?
Le bras zombi de Keela ferma son poing, et les yeux sombres de la Lycane devinrent plus déterminés que jamais. Une force inconnue voulait détruire ce que sa vie toute entière avait construit ? Elle ne la laisserait pas faire.
-Mords-moi, Gelvin.
Obéissant à l’ordre de sa sœur, il rassembla ses dernières forces pour planter ses crocs dans le cou de la Semi-Elfe. Elle, elle leva les bras vers l’horizon, laissa Exa’l briller doucement, et murmura :
-Ca va chier.
Et elle esquissa un sourire.


Un sourire, oui. Un sourire qui n'avait vraisemblablement pas sa place ici. Ky fixa l'homme qui était maintenant à ses côtés, dans l'armée, et lui jeta un regard sombre, plein de remontrances. Lui avait l'air tout simplement amusé, de voir deux armées face à celle de la jeune femme.
-Que vous arrive-t-il, Elhiadën ?
-Non, rien, je souris. Je pensais à une amie à moi.
Et voilà, elle détestait quand il lui répondait ce genre de choses. Tout simplement parce que cela ne voulait rien dire. Comme d'habitude, il ne disait jamais rien qui avait un but, ou une signification précise. Du moins aux yeux de tous.
Tenez, Ky se demandait encore pourquoi il avait rejoint cette armée.
-Vous allez me reprocher de ne pas vous dire franchement ce que je pense, murmura l'Elfe Noir qui répondait au nom d'Elhiadën.
-Figurez-vous que je commence à en avoir assez de vos paroles insensées !
-Oh, Dame, pas de remontrances ni d'énervement ! Permettez-moi au moins de ne dire que ce que je veux de moi. Mon épée est à votre service, certes, mais je n'ai jamais dit que j'allais aussi vous offrir ma liberté.
-Seigneur Loup, par pitié...
Elhiadën fixa les yeux implorants de la femme devant lui. Une belle femme, oui, avec des convictions et une folie qui lui plaisaient. Il aimait encore mieux l'énerver.
-Bon, d'accord, si cela vous amuse, je répondrai sincèrement à une question. Une seule.
-Pourquoi êtes-vous dans mon armée ?
-Je dois quinze pièces d'or aux Amazones, et je n'ai pas envie de payer. Si elles meurent toutes, c'est dans mon intérêt, n'est-ce pas ?
Ky haussa un sourcil inquisiteur. L'homme face à elle, sur ce cheval noir, était connu pour être un Seigneur du peuple des Lycanthropes. C'était un guerrier, depuis des millénaires, un chef. Et pourtant, il prenait le rôle de simple soldat, dans une bataille pour laquelle il n'avait vraisemblablement rien à faire. Capricieux ? Oui, certainement, cet Elfe Noir Lycanthrope devait être capricieux.
-A votre avis, Dame, avec qui sont ces gens à l'odeur reprochable ?
Elhiadën, de son regard elfique, derrière ses lunettes rouges, observait la troisième armée.
-Excellente question...
-Ils m'amusent !
-Pardon ?
-Ils m'amusent sincèrement, reprit le Seigneur Loup. J'adore ce sentiment de jouissance qui s'installe en mon corps ! Vous rendez-vous seulement compte que s'ils sont avec nous, nous écraserons les Amazones, mais que dans le cas contraire, notre défaite pourrait avoir lieu ? J'adore l'aléatoire !
La jeune femme haussa les épaules, sans prendre le soin de répondre.
-Vous avez une pièce d'or ?
-Oui... tenez...
Elle lui tendit une pièce.
-Je vais aller les voir, annonça Elhiadën. Face, j'y vais amicalement ; pile, je vais essayer de tous les tuer !
Avant même que Ky n'ait le temps de l'arrêter, l'Elfe Noir jeta sa pièce en l'air, et la rattrapa pour la déposer sur le plat de sa main.
-... Face. Dommage, je me serais bien amusé.
Et le voilà parti au galop, vers les gobelins et la femme rousse.
Ky baissa les yeux. Décidément, Elhiadën lui était aussi attirant qu'il était détestable. Il était joueur, parieur, voyeur -elle en avait fait l'expérience malheureuse-, charmeur, et tous les qualificatifs qui pouvaient se terminer par la syllabe "eur" -c'est à dire : danseur, marcheur, et ventilateur, par exemple...- .

Elhiadën était un homme très grand, et très fin. Vêtu d'habits légers, et sombres, faciles à déchirer, il portait une arbalète à son côté droit, un carquois emplit de carreaux, et un cimeterre. Le plus impressionnant, cependant, était sa pilosité excessive pour un Elfe, et ses mains bestiales, d'un poil noir et fournies avec des griffes immenses.
En effet, le Seigneur Loup était partiellement transformé. Derrière lui, le sol était tâché de quelques gouttes de sang. Normal, après tout, puisque ses mains, son visage au niveau de son nez, son vêtement... bref, presque tout son corps suintait de sang rouge sombre.
Et il souriait.
Et chantait -bien, ou non, cela lui était égal- une chanson appelée "The Wild Rover". Chanson à boire, vraisemblablement.
Son cheval l'arrêta devant la jeune femme rousse, à laquelle il fit un geste de la main un peu vague, qui pouvait être pris pour révérence.
-Bénit soit le jour de notre rencontre, jeune fille aux cheveux de feu ! Je suis Elhiadën, au service momentané de Ky. Ky qui est là...
La main velue de l'Elfe Noir montra du doigt la femme qu'il servait "momentanément".
-... une femme assez belle, il est vrai, mais qui pose trop de questions à mon goût. Soit, assez de paroles insensées, car je suis le seul ici à jouir de l'éternité ! Dame au cheveux de feu, est-ce vous qui dirigez cette armée ? Et sauriez-vous me dire quelles sont vos attentions envers Ky ?
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Messagepar Alecto » dim. avr. 22, 2007 11:16 pm

Lucy, complètement affalée sur son Qrrl_toq, n'avait pas remarqué le cavalier. Elle était rendue trop loin dans ses pensées, qu'elle essayait de ne pas concentrer uniquement sur Nylhin. Elle pensait à cet instant à Jalina. Lucy se sentait plus proche d'elle depuis qu'elles avaient forgé Espérance ensemble, et elle regrettait qu'elle ne soit plus là. Bobolle n'avait pas le don de parole qu'avait mademoidelle sa maîtresse la corsaire. Lucy ne releva la tête que lorsqu'elle entendit le galop du noir destrier qui se rapprochait d'eux. Tout d'abord elle eu peur, un vieux réflexe lui fit se contracter ses mains, et elle songea même à l'attaquer, mais avant qu'elle n'ai eu le temps de concentrer suffisamment d'énergie, le cavalier était arrivé devant elle. Il exécuta une drôle de révérence, et s'adressa à elle, visiblement très sûr de lui ( il devait avoir l'habitude de parler aux femmes ) :


- Bénit soit le jour de notre rencontre, jeune fille aux cheveux de feu ! Je suis Elhiadën, au service momentané de Ky. Ky qui est là... une femme assez belle, il est vrai, mais qui pose trop de questions à mon goût. Soit, assez de paroles insensées, car je suis le seul ici à jouir de l'éternité ! Dame aux cheveux de feu, est-ce vous qui dirigez cette armée ? Et sauriez-vous me dire quelles sont vos attentions envers Ky ? "


D'abord, Lucy regarda le nouveau venu avec une expression qui aurait fait pâlir la Bêtise de jalousie. Puis elle se redressa sur sa monture, bomba avantageusement le torse, et, prenant une voix pompeuse qui ne lui ressemblait pas du tout, déclara dans un discours ampoulé qu'elle était effectivement bien à la tête de ce détachement, et qu'elle ne pouvait définitivement pas attaquer une armée qui lui envoyait un éclaireur si agréable. Elhiadën lui lança une oeillade des plus langoureuses pour montrer qu'il appréciait le compliment. Après quelques secondes d'un total silence, celui interloqué des gobelins, et celui inqualifiable des deux humanoïdes, Elhiadën dit qu'il allait porter le message pacifique de la Dame aux cheveux de feu à Ky, et qu'il allait s'assurer personnellement qu'ils seraient tous bien accueillis quand ils arriveraient à eux. Il éperonna son cheval qui repartit aussitôt en sens inverse. Lucy le regarda s'éloigner, jusqu'à ce qu'il ne fut plus qu'un nuage de poussière loin devant eux. Une fois que le jeune soldat eut disparu, Lucy sentit les regards de mille gobelins furieux peser sur elle. Prête à assumer ses mensonges, elle se retourna juste à temps pour recevoir une gifle griffue qui lui entailla la joue juste sous l'oeil. Fidel IX s'était dressé sur son Qrrl_toq et avait mis toute la force dont il était encore capable dans cette gifle. Lucy s'attendait à un débordement chez les gobelins. Ca aurait été l'occasion d'enfin reprendre du service, d'être active. Mais ce fut d'un ton très calme que le Roi dit cette simple phrase :

- Les gobelins ont encore leur fierté.


Lucy ne ressentait même pas de honte. Juste une chaleur qui se répandait dans toute sa joue gauche, et un peu de sang qui coulait de l'écorchure. Elle était de nouveau dans la bataille. Elle s'était distinguée aux yeux de ce soldat-loup, qui allait annoncer à l'armée de Ky qu'elle était à la tête de celle qui marchait sur eux. Elle sentait l'énergie exsuder en elle. Une petite flamme naquit au creux de sa main tendue. La Pyromancienne referma sa main, descendit du Qrrl_toq, et continua le chemin à pied, marchant en tête devant l'armée des gobelins, Grandeur en main.
Dernière édition par Alecto le lun. avr. 23, 2007 8:41 pm, édité 1 fois.
Jalina
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Messagepar Jalina » lun. avr. 23, 2007 1:47 am

-Je suppose donc qu’on ne tue plus le dragon ? Demanda Pax, le visage totalement impassible même si quelqu’un le connaissant bien aurait pu y déceler une touche de déception.
-Je crois que tu supposes bien. Approuva Félicia.
Le silence se fit à nouveau dans la caverne, où tout le monde semblait indécis quant à la marche à suivre. Jalina assise sur le sol se triturait les méninges pour essayer de démêler la situation. Bobolle l’avait littéralement téléportée à un moment pour le moins inopportun et ici personne ne se décidait à faire bouger les choses…
-Bon ! S’exclama la jeune femme après un long moment de réflexion. Je crois que le mieux à faire pour le moment est de quitter ce lieu, sortir du désert et rejoindre Mike, Lucy, le capitaine et l’armée de gobelins venue à la rescousse. Et tenter d’aider à l’établissement d’un dialogue avec les deux autres armées qui étaient présentes dans la vallée. Vous n’avez rien compris, c’est normal.
Hra’bo ? Vous vous êtes présenté comme étant ma ‘monture’ vous pourriez tous nous emmener auprès de Bobolle qui doit être, à n’en pas douter, à la place que j’occupais avant d’arriver ici ?

Le dragon évalua d’un œil le groupe situé à ses pattes. Tous le regardaient, l’idée de quitter la caverne ne semblait pas les déranger plus que ça. Rien ne les retenait plus ici et cette caverne chargée de magie leur faisait à tous une impression quelque peu désagréable.
-Hé bien… Si tout le monde se serre bien… Je pense que ça devrait être possible. Mais en échange de ce service, tu m’en devras un, jeune insolente. Et si je vous accompagne aussi docilement, c’est juste parce que nous avons une discussion à commencer. Et finir de préférence.
-Marché conclu alors. Annonça la jeune femme avec un sourire en coin. Bon ben tout le monde en selle !


Le vol à dos de dragon était réputé pour sa rapidité et ce n’était pas un mensonge. Il leur avait fallu quelques minutes pour sortir de l’immense dédale de couloirs et de cavernes qui composait le nid d’Hra’bo, et pas plus de dix pour rejoindre la plaine grouillante de guerrier près au combat.
L’imposante créature indigo survola la zone et se posa tout en douceur au cœur de l’étendue herbeuse. Surprenant tout le monde et en particulier un cavalier dont la monture prit peur en apercevant le dragon. Elle se cabra violement et fit tomber l’homme, plus qu’étonné, au sol avant de s’enfuir vers son camp. L’homme, qui n’en était pas un, s’approcha dignement du groupe de personne rassemblée autour du dragon, et tous purent admirer sa qualité d’elfe noir aux bras poilus.

-Bonjour à vous ! Je suis Elhiadën, représentant de….
Mais avant qu’il ne puisse continuer sa tirade de présentation, un cri déchira l’air.
-BOBOOOOOOOOLLE !!!!
Jalina sautillait gaiement tandis que sa sphère de Zélandria tournoyait autour d’elle plus lumineuse que jamais. Puis elle se calma, hochant régulièrement la tête et riant aux choses que lui racontait son compagnon de toujours. Lorsque celui-ci eut, apparemment, terminé son récit, son expression se fit très sérieuse et elle plongea son regard déterminé dans la luminescence de sa sphère.
-Tu sais ce qu’il te reste à faire. On ne peut pas se permettre de se battre ainsi, si ce que tu as récolté comme information dans les trois camps sont vraies, une vraie discussion s’impose et le seul moyen pour ça c’est…. Allé fait pas ton timide et ne t’inquiète pas pour moi, je survivrais.

Jalina s’assit au sol en tailleur et ferma ses yeux. Bobolle s’approcha doucement d’elle et se positionna juste au dessus de son crâne. Un rayon lumineux descendit jusqu’à celui-ci, tandis que six autres partaient dans trois directions différentes.
Deux vinrent toucher Lucy et Fidel IX, deux autres touchèrent Elhiadën et Ky, et les deux derniers Dérimachéia et Dérinoé.
Une voix se fit alors entendre dans le crâne de ceux reliés à un fil de lumière. Elle n’était ni masculine, ni féminine et semblait venir de loin et pourtant, elle semblait bien proche.
« Je me nomme Bobolle, et je suis la dernière sphère de Zélandria encore en action sur ce monde. Je vous ai mis tous les six en relation afin de trouver un semblant d’accord concernant la traversée de la plaine pour l’armée du Roi Fidel IX. La guerre qui vous oppose, Ky et Dérimachéia, ne nous concerne nullement c’est pourquoi une conversation s’impose. »
La voix se tut.

Sur la plaine, tout le monde regardait l’étrange manifestation de magie d’un œil septique. Rien ne semblait se passer, seule Jalina semblait différente. Alors que les rayons lumineux n’avaient affecté en rien le comportement de ceux touchés, la jeune femme avait le visage crispé et des larmes de douleur coulaient doucement le long de ses joues.
Mais peu lui importait, le dialogue était dorénavant engagé, peut-être pourrait-il y gagner quelques alliés…
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Messagepar Querdal » lun. avr. 23, 2007 6:43 pm

Cette conversation se déroule entre les douze personnes connectées à Bobolle ainsi que lui-même :

Ky : Je ne vois aucune raison d'importuner ceux qui ne m'importunent pas : le passage de ces gobelins entre nous se fera sans encombre. Si l'Amazone intente à leur sort, je répondrai du sien.

Dérimachéia : Tu n'importunes pas celui qui ne t'importune pas, hein ?! Et qu'est-ce que je t'ai fait, moi ? Morue ! Foutu clébard de ton minable roitelet qui craint pour sa couronne !

Ky : Je ne suis l'envoyée d'aucune puissance terrestre. C'est Quetzalcòatl lui-même qui m'envoie, et je ne reculerai devant rien pour achever ma mission d'ordre divine : refouler les Amazones hors des terres chauffées par l'Astre de mon Dieu.

Dérimachéia : Hum, ça t'étonne si je te dis que le soleil éclaire la planète entière ?

Ky : Je vous emmurerai dans des tombeaux souterrains ! Je vous pousserai dans des volcans ! Je vous jetterai dans les profondeurs de l'océan ! Je vous trancherai la tête une par une, s'il le faut ! Gloire à Quetzalcòatl, mort aux chiennes et aux harpies !

Bobolle : Mesdames, mesdames... Restons courtois.

Ky : Mademoiselle.

Dérimachéia : Moi, "madame" ?! Quelles couilles auraient l'honneur de se marier à moi ?

Bobolle : Je vous avouerai que je n'en sais rien et que je m'en contrefous. Dérimachéia, acceptez-vous de laisser passer l'armée des gobelins ici présente sans chercher à leur nuire, afin que nous puissions poursuivre notre route sans encombres ?

Dérimachéia : Evidemment. Nos porcs auront déjà bien assez à manger dans les prochains mois de toute cette viande de mâles qui s'étend devant nous, il ne serait pas raisonnable de leur donner une indigestion, surtout au vu de la puanteur que dégage cette masse de verdure...

Fidel IX : Croyez-bien que je suis désolé de voir que l'odeur de mousse fraîche que dégage usuellement n'importe quel gobelin un tant soit peu attentif à son hygiène parvienne à votre nez délicat à cette distance...

Bobolle : Fort bien. Dans ce cas, nous ne nous attarderons pas pl...

Dérimachéia : Mais j'y pense : où allez-vous comme ça, sans vouloir être indiscrète ? Vous êtes des pillards, des assaillants légitimes, un coup de pouce à un copain défaillant ? Des forains, peut-être ?

Ky : Il est vrai : je n'ai entendu parler d'aucune guerre ni aucun siège entrepris actuellement dans la région, ni surtout qui nécessite un tel déploiement de forces.

Bobolle : Nous visitons la région. Et bien nous n'allons pas vous déranger plus longtemps, et vous laissons à vos petites affaires séance tenante.

Jalina : Nyiie... Bo... Bobolle... Dis-leur...

Bobolle : Quoi ?! Tu es sûre ? Il vaut mieux que la nouvelle ne s'étende pas trop, pour conserver notre effet de surprise !

Dérimachéia : Aaaaaahh, c'est donc cela ! Une attaque-surprise ! J'adore ! Si ça vous dit, je peux vous donner quelques trucs pour faire ça en toute discrétion, sans réveiller les voisins ni les enfants à l'étage.

Fidel IX : Jalina a raison, Bobolle : ces gens pourraient nous être utile. Deux mille sont plus forts que mille, et trois mille plus encore.

Bobolle : Vous avez probablement raison, Votre Altesse... Mais je crains que rien ne puisse réconcilier ces deux femmes, ni leurs armées du reste.

Dérimachéia : Comment ça ? Vous voudriez nous racheter à votre cause ?! C'est une blague ? Moi et mes guerrières n'avons pas que ça à faire, nous avons des reproducteurs, du bétail, un appétit sexuel et une trésorerie à nourir !

Ky : Jamais je ne croiserai le fer au côté de ces démones ! Désolée Messire Gobelin, mais ma mission est au-dessus de vos intérêts. Du loup j’ai l’ardeur, de Kayser je tiens ma force, de Ky j’ai le nom et le reste !

Soldats : Hugh !

La discussion s'envenima à nouveau, puis Lucy proposa qu'on se rassemble au centre, aux côtés du dragon, pour continuer la discussion de vive voix et éviter à Jalina des douleurs inutiles, maintenant qu'un dialogue était installé.
Comme Bobolle était maintenant réduit au silence, ce sont les autres qui durent expliquer aux chefs des deux armées le but de leur voyage, qui était leur ennemi, quelles seraient les conséquences de leur échec ou de l'inaction, quelles étaient les difficultés... La harangue fut ardue, les auditrices difficiles à convaincre : elles n'avaient que faire de la quête de nos amis, et ne voulaient que s'exterminer l'une l'autre le plus vite possible. Mais progressivement, elles comprirent où était leur intérêt : si Gorgorbé n'était pas arrêté à temps, son emprise ténèbreuse s'étendrait jusqu'à cette contrée, et il n'y aurait alors plus de terres à défendre ni à conquérir, plus de batailles loyales comme elles les appréciaient... Juste la terreur, la mort, la fin de toute vie, de tout amour, de toute peine. Elles auraient le temps de se bagarrer une fois la menace écartée, mais pour l'heure il fallait faire vite, endiguer la progresion de Gorgorbé et le vaincre sur son propre territoire.
Elles avaient encore des doutes. Ky se retira pour prier et demander conseil à son dieu, et Dérimachéia voulu tenir séance privée avec ses conseillères. Pendant ce temps, les trois armées avaient monté leurs camps chacun de leurs côtés, gardant des distances respectueuses. Puis à l'heure du repas, les hommes de Ky allèrent chez les gobelins pour demander s'ils n'auraient pas du beurre, et les Amazones firent de même pour quémander du sel. Les délégations se rencontrèrent, échangèrent quelques mots froids, puis se détendirent, sympathisèrent, rirent ensemble... Bientôt, les trois factions furent réunies en une seule pour partager le repas dans la bonne humeur, teintée de boutades taquines et de petites piques acides, vestiges de leur ancienne haine. Pour célébrer leur nouvelle amitié, les hommes et les femmes voulurent sacrifier l'un des Qrrl_toq pour faire cuire et déguster son abondante viande, mais les gobelins refusèrent poliment mais fermement.
Dérimachéia, qui ne savait comment annoncer sa décision aux troupes, au sortir de la longue réunion, vit ce joyeux remue-ménage et dit dans un sourire : "L'Armée des Trois Mille a de beaux jours devant elle." Ky se tira de sa prière en disant à Elhiadën, qui la veillait : "Mon dieu m'a révélé ses plans : il m'a envoyé en croisade contre les Amazones pour que j'allie mes forces à elle contre le Prince des Ténèbres :?:, sachant que nous croiserions la route de ces gobelins et leurs amis. Si rien ne nous retient plus, nous partirons à l'aube.
- Ainfi foit-il." répondit Elhiadën avec une touffe de poils de Qrrl_toq entre les dents.
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Messagepar Arkan » mar. avr. 24, 2007 12:55 am

Ses dents... Nylhin les tatonnait du bout de ses doigts depuis quelques temps déjà, quand Martel, toujours prêt à sortir de ses reveries l'elfe noir, s'assit à son côté devant le feu où se consumaient les ossements du Qrrl_toq consommé.
"Dit Nylhin, tarde pas trop à te décider pour les ombres, les Ilyens sont sûrement déjà en route pour venir nous chercher, toi moi et ceux qui nous suivront."
Nylhin leva les yeux au ciel et claqua de la machoire après avoir, évidemment, retiré son doigt.
"Ouiii je sais. Mais bon, ils sont tous bien lovés dans leur sécurité, avec cette armée aussi unie qu'optimale... 3000 têtes, d'accord, mais sûrement pas faites pour se battre ensemble... M'enfin moi et les troupeaux ça fait deux, donc je m'étendrais pas la dessus..."
"Tu m'as l'air un peu énervé mon ami"
"Hum... Mouais ptet, les foules, ça a tendance à m'exiter un peu trop, si tu vois ce que j'entends par là"
Nylhin sourit à son mentor, qui pu discerner les reflets du feu dans les deux canines soudainement longues de l'hybride
"Oui je comprends... Les auras mauvaises te changent... et même si nous sommes entourés de 3000 etres non maléfiques, leur agressivité latente joue sur toi..."
"T'as bien appris ta leçon ptiot." Murmura l'elfe noir en un soupir las.
Il prit une brindille devant ses pieds et traça distraitement des formes dans le sable assombri par la nuit.
Martel sourit chaleureusement.
"Hum... C'est elle n'est-ce pas? Tu ne lui as pas parlé depuis ton retour? Quelque chose te bloque ?"
Nylhin cessa de dessiner et resta un moment immobile. Il répondit enfin: "Non... Je ne sais plus quoi penser... vois-tu, je n'ai jamais été réellement... amoureux (Il butta sur ce dernier mot). J'ai peur qu'en en apprenant plus sur moi et mon histoire, elle me trouve... pitoyable."
Martel éclata brusquement de rire, sa voix grave surplombant légèrement les bruits des festivités du camp. Nylhin saisit le poignard d'un gobelin qui passait par là et en posa vivement la lame sur la gorge de son mentor. "TU TE MOQUES DE MOI ?" Martel cessa de rire, gardant tout de même un sourire amusé sur le visage.
"Non non mon ami.. " Il prit sans crainte la lame des mains de Nylhin et la redonna au gobelin qui se plaignait de cet innacceptable vol.
"Le fait est que tu n'es encore qu'un enfant, en bien des côtés."
"Ah" L'enfant en question reporta son regard troublé sur le sol à ses pieds. "Ecoute Nylhin, c'est pas en évitant tes problemes que tu les résoudras. Va la voir, allez !"
Martel ponctua son exclamation d'une violente tape dans le dos de l'elfe, et Nylhin, pour ne pas se retrouver le nez dans le sable, se leva maladroitement et se retourna vivement vers son mentor...
qui avait disparu.
Il posa son regard sur le tronc d'arbre qui leur servait de banc, et le tourna vers la foule.
"Saloperie de veilleur furtif de m.." Sa réplique se stoppa quand il croisa le regard de Lucy, quelques mètres plus loin. "...erde"
L'elfe noir chercha désespérément un moyen d'échapatoire, une cachette alentours, mais il eu à peine le temps d'engager un pas que Lucy était déjà sur lui. Enfin... devant lui:
" Bon, j'imagine que ton irrésistible... désir ( prononcé amèrement ) ... d'aventures ( acide ) va une fois de plus submerger tout le reste, je suis venue te dire au revoir avant que tu ne partes au moins, puisque tu n'avais l'air d'avoir ni envie ni besoin de le faire. "
Nylhin resta sans réagir quelques interminables minutes, le regard posé sur le sol. Il leva finalement lentement les yeux, et ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, puis se ravisa.
Finalement il rouvrit la bouche, son regard se posa sur les yeux courroucés de Lucy et il bafouilla :
« Dé..désolé Lucy. Je… J’ai juste un peu peur. » Devant l’absence de réponse de Lucy, il continua :
« Vois-tu… J’ai des zones de mon passé que je crains que tu découvres, et ça arrivera j’en suis sûr… Il y a des choses que je préfèrerais que personne ne sache sur moi, mon histoire, mais si je suis mes sentiments, je vais finir par tout te raconter… Et te perdre. »
Nylhin s’interrompit quelques secondes, comme pensif
« mais si je ne fais plus rien, ne dis plus rien, je te perd aussi. La seule solution est de tout te dire, mais encore là c’est risqué… »
" Je ne sais pas ce que je dois comprendre Nylhin. Tu ne me fais pas confiance ? Ecoute, on a tous un passé, plus ou moins reluisant, et je vais te dire ça franchement : je me fous de ce que tu as pu dire ou faire. Tu es comme tu es, ça me va. Mais j'en ai assez de toujours avoir à te courir après.. . "
Devant l'expression de Nylhin, Lucy s'arrêta quelque secondes. Elle ne savait pas lire sur son visage.
" ... de jouer au chat et à la souris si tu préfères. Je peux te demander d'être clair avec moi non ? "
Nylhin écarquilla les yeux, un sourire tremblant sur les lèvres. Une aimée comme ça, il en avait toujours rêvé, sans jamais vraiment y croire.
« Que je sois clair ? »

Les mots sont des outils efficaces pour une recette de cuisine ou pour la diplomatie, mais il y a bien des domaines où ils ne sont qu’ombre à la réalité, la vérité. Comme au combat. Nylhin était fin guerrier, et il avait comme croyance que certaines choses étaient touchées par cette loi. L’amour par exemple.
Il prit brusquement Lucy par les épaules et l’attira à lui, apposant sans douceur ses lèvres sur celles de la pyromancienne, en un long et bestial baiser. Suite à quoi il la prit dans ses bras, des larmes perlant sur ses joues bleues. Un cri bestial de douleur intense sortit de sa gorge. C’était comme si toute la peine qu’il avait jusque la refoulée remontait à la surface de son esprit. Sa famille, sa sœur, les tortures, la douleur…
Plus de folie pour se cacher.
Plus de combat pour oublier.
Rien qu’elle.
« Je t’aime »
Dans la douleur, nulle place pour l’aveuglement.


Lucy s’écarta lentement et doucement de Nylhin, le prit par la main et l’entraîna sous la tente la plus proche. Ni lui ni elle ne savaient qui en était l'occupant, mais celui ci aurait à trouver un autre nid pour la nuit, car Nylhin et Lucy y avaient choisi le leur.
Ils passèrent une bonne partie de la nuit à parler, du passé, du présent, de l'avenir, de choses et d'autres...
Puis, emportés par leur amour, ils se retrouvèrent comme jamais ils ne s'était retrouvés, seuls dans leur étreinte.
Ensemble, pour l'éternité.

Le lendemain, Nylhin réuni la troupe de la taverne, et leur tint ces mots:

"Ca va? bien dormi ? bien festoyé ? Bon, je voulais juste vous faire part de mon plan. D'un moment à l'autre, on va venir me chercher pour rejoindre une faction de veilleurs, aux forêts qui bordent les rivages maudits. Cette faction a pour seul but de s'infiltrer dans la forteresse pendant que les armées font une... diversion. Les Ombres, car c'est leur appelation, connaissent le point faible de Gorgorbé, et la mission est claire: éradiquer le mal à sa source. Donc je vous propose une chose: suivez moi, et participez à la mort de cet être démoniaqueuuuuh (il fini ce mot en une grimace pseudo maléfique) Vous devrez suivre une légère formation veilleuse, ça risque de piquer un peu. Donc si vous vous sentez l'ame de bovins, suivez le troupeau, sinon, suivez-moi. "

A ce moment, des bruissements d'ailes s'entendirent au dessus des têtes, et bientot une dizaine d'Ilyens se posèrent derrière Nylhin. C'étaient des Chats ailés, ces chimères avaient le corp de grands felins et des ailes ressemblant à des ailes de chauve-souris. Ils étaient rapides, assez pour qu'on ne distingue pas leurs mouvements dans les airs...

Nylhin sourit "la cavalerie..." Lucy à son bras, il se dirigea vers les Ilyens réunis en rangs presques parfaits, et celui plus proche de lui lui dit d'une voix claire: "Nous sommes Ilyens d'Ombres, nous venons chercher Martel, Nylhin et ceux qui le suivent."
Nylhin caressa la tête douce de la créature qui venait de parler "Je suis Nylhin, Majestueuse créature"
Il se retourna vers les Marmottons tandis que Lucy et Martel prenaient place sur deux des Ilyens:

"Voilà, vous avez le choix... Mais peu de temps. Décidez-vous vite. Il monta sur l'Ilyen doué de parole, et lença ses derniers mots:

"Les Ilyens restants attendrons trois heures, puis repartirons, décidez-vous vite, mes amis, et à la prochaine !"

En un "VA!" retentissant, l'Ilyen de Nylhin s'envola à grande et vive vitesse. Il fit quelques allez-retour au dessus des têtes étonnées, volant à la manière des Chauves-souris, puis en un clignement d'oeil l'Ilyen et ceux qui s'étaient envolés à sa suite, porteurs de Lucy et Martel, disparurent de la vue des compagnons de la taverne de la marmotte qui tousse.
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Messagepar Keela » mar. avr. 24, 2007 1:22 am

Elhiadën était, en un sens, relativement déçu de la tournure des événements. En effet, il n'y avait rien d'amusant dans cette alliance. Rien d'aussi amusant que de se battre contre les Amazones, et déchiqueter le plus de personnes à la fois.
Bien sûr, la dame rousse avait l'air d'être un compagnon de jeu remarquable, mais non, elle était passablement occupée par un Veilleur, et Elhiadën n'aimait pas embêter les gens qui jouaient.
Alors il passa la nuit aux côtés de celle qui participait à des longs débats philosophiques sur la vie, la mort, et l'éternité, et tous les dieux et leurs volontés parfois un peu étranges. Bref, il discuta avec Ky, et s'en réjouit. Sincère, vive, elle était quelqu'un qu'il savait apprécier. Peut-être l'image d'une grande sœur.
Il passa une nuit agitée. Quelqu'un vivait quelque chose d'intense, au fond de ses veines, quelque part. Où ? Il rêvait d'une Semi-Elfe avec un gant d'argent. Keela. Il se souvenait de son nom.
Le Seigneur Loup se redressa, au matin, le corps tapissé de sang, et le regard clair. Son apparence était désormais celle d'un enfant de cinq ans, aux yeux inquisiteurs, et aux gestes joueurs. Et ses pas le menaient à la troupe qui avait rejoint la plaine pour la discussion.
Il y avait des êtres étranges, des gens qu'il ne connaissait qu'à peine, et qui racontaient des choses dont il n'avait aucun savoir. Non, lui, il savait que Lock, la lointaine Lock, était mise à l'épreuve. Lui, il savait que des cavernes se trouvaient sous la terre, nombreuses, et peuplées de Lycanthropes. De suffisamment de ses pairs pour mener des combats héroïques. Il savait ce qu'étaient les larmes, et savait ce qu'était la déception. Il savait aussi ce qu'était le sang. Son sang.
Tout cela, Elhiadën le savait. Cependant, il n'avait jamais vu de ces félins ailés, et se demandait si on pouvait leur faire confiance.
Autrement dit, il se cachait derrière Jalina, laissant son petit corps d'Elfe Noir dissimulé derrière les jambes de la femme.
-C'est des quoi ça ?
-Des amis, répondit-elle brièvement.
-Des zamis de Ky, ou des zamis de les méchants que tout le monde y doivent taper, parce que les gens qui sont biens et bah ils doivent s'aider pour attaquer les vilains ?
Non, Elhiadën n'avait plus rien du beau parleur de la vieille, bien que son apparence et ses gestes ne parvenaient pas à duper Jalina : elle pouvait aisément reconnaître l'"ami de Ky", derrière ce visage enfantin. Elle murmura, peu sûre de ses mots, mais cherchant à simplifier la situation pour ce petit être :
-Des amis de... hum... de Ky.
-J'veux monter d'ssus et montrer à Ky ! Ca doit être rigolo !!!


Quelques gouttes tapissaient le sol sous les pieds de Keela. Des gouttes de sang, bien évidemment. De son sang.
Elle rassemblait ses forces depuis quelques secondes interminables, déjà, et ne savait pas vraiment ce qu'elle pouvait espérer de cet acte improbable. Tenter de contrôler un peu des neiges de Lock, c'était possible. Mais contrôler la totalité de ces kilomètres de glaces et de neiges fondues, c'était suicidaire, tout simplement. Il lui faudrait bien plus de sang que ce que son corps ne pourrait jamais contenir.
Cependant, qui connaissait bien Keela, savait d'avance qu'elle était affreusement têtue.
Alors le pouvoir des habitants de Lock se développa, entoura son corps, et fondit sur la glace devant elle. La Lycane étendit son influence, tout au-dessus du village, et au-delà. Elle créa une sorte de bouclier protecteur autour de ses terres, et s'activa sérieusement.
De la force de ses bras, de son sang, et de sa volonté, Keela de Lock, Légende de son surnom, devait soulever des kilos de glace, et les déplacer afin qu'ils ne deviennent pas des potentiels litres de boue et neige fondue, et que Lock ne s'enfouissent ni sous la terre, ni sous les flots. N'étant ni Déesse, ni quoi que ce soit de surnaturel, elle pouvait très bien y sacrifier sa vie.
A voir les bras tendus de la jeune femme, et la neige qui se détachait du sol, elle n'en avait strictement rien à faire...
... Le lendemain matin, la lueur naissante de l'aube se déposa sur son visage, chatouillant ses paupières, pour la réveiller. Ses jambes étaient enfermées dans des stalagmites de glace, et son frère n'était guère plus qu'un poids mort sur son dos.
La Légende de Lock ramena ses bras engourdis, avec une moue douloureuse, et un regard aveuglé par la jeune lumière. Elle détestait dormir debout, cela la mettait de mauvaise humeur.
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Messagepar Querdal » mar. avr. 24, 2007 11:26 am

Myke n'hésita pas un instant avant de se rendre auprès des veilleurs chimères, et de glisser à l'oreille du plus proche :
"Désolé les potaux, mais ça s'fera sans moi : j'ai tous les copains, là, qui comptent sur ma pomme pour les mener à la bataille contre Gorgor, avouez qu'ça serait assez foutument malvenu de leur faire faux bon... Non, vraiment, vous aurez déjà bien assez de Nylou sur les bras pour pas vous ennuyer. Mais une autre fois, hein... On s'apelle, on en discute, on remet ça !"
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Messagepar Arpenteur » mar. avr. 24, 2007 4:45 pm

La dague dans le monde, et une lumière au milieu. Chaos, vents, hurlements, du mouvement partout - mais est-ce de la vie ? puis un rai lui passe au travers, qui provient du centre du mal. Il entend comme un son.

Intrigué, il cherche à en trouver la source - la lumière. A nouveau le paysage s'anime autour de lui. Les distances lui paraissaient moins grandes, même s'il arrive vite face à la paroi de glace.

Ce froid qui l'entoure... il le ressent... il passe au travers de la paroi, et c'est un monde de douleurs. Il ressent tout, et tente de crier, vainement. Alors il court dans la lumière, chercher refuge... traverse les parois, des salles de froid, de glace, de sang, abîmes sombres de mille esprits qu'on attache à leurs douleurs...

Enfin, plus rien. Dans le coeur de cette froidure, il n'y a nulle matière, le froid est absolu. Il n'y a que du froid. Et au centre de ce froid est la lumière... et soudain, une voix.
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Messagepar Eilraet » mar. avr. 24, 2007 10:00 pm

[Bon j'ai la flemme de me relire tout de suite je le ferai plus tard, tant pis à ceux qui lisent avant :P]
« Mais comment peux tu être aussi froid, Eilogiar a été détruite MERDE !!! », hurla un jeune homme, presque un adolescent, qui marquait un étrange contraste avec les autres clients, tous parfaitement calmes.

« D'accord tu es arrivé après le massacre, mais tu as vu les corps, tu as vu les cadavres empilés sur les ruines, comme autant d'étendards à la gloire de Gorgorbé, tu as entendu la fureur des assaillants, qui n'ont même pas pris la peine de violer leurs victimes tant ils étaient attirés par la destruction pure et simple. ALORS BOUGE TON CUL CONNARD !!! »

Mais alors que Caramel s'égosillait vainement sur Eilraet, qui essuyait la même assiette depuis près d'une demieure, tous les regards se portèrent vers lui, l'air fatigué par « cette jeunesse surexcitée qui décidément ne comprend rien à rien ».

« Ce n'est pas de mon ressort, la marmotte est encore debout parce que nous sommes en dehors de cette guerre, même si Gorgorbé m'en veut personnellement, ou a quiconque dans cet taverne, nous sommes comme dans un autre monde pour lui, il est dans notre nature de continuer la vie comme il se doit, et la destruction d'Eilogiar se fera oublier avec le temps, ça n'est pas un drame, il suffit d'accepter les choses comme elles sont. »

La suite se passa en un éclair, à l'instant même où Eilraet eu finit sa tirade Caramel lui planta une fourchette dans la main, et avant que quiconque ai eu le temps de réagir, pour aider Eilraet ou pour contrôler l'adolescent, il était sorti en claquant la porte. Pendant quelques secondes la dernière image qu'il avait vue dans la taverne resta figée dans sa mémoire, Eilraet tendait nonchalamment sa main en direction de Luthien, qui arrivait avec le matériel de soin, sans aucune agitation, presque sans émotions, comme si de rien n'était.

Puis la vision chaotique des restes d'Eilogiar s'imposa à lui. C'était comme si où qu'il aille Eilraet ne pouvait plus vivre qu'à travers des tableaux. Car c'était bel et bien ce qu'il restait de la merveilleuse cité, une image immobile, les seules couleurs qui la composaient était l'ensemble des variations entre le rouge et le noir. Le ciel lui même était assombri par les nuages, et les quelques éclaircies ne laissaient apercevoir que plus de rouge encore. Le sol était couvert de sang, reflettant les quelques braises qui semblaient devoir briller pour l'éternité. Et partout ou le regard de Caramel portait, il n'y avait que des silhouettes de cadavres qui se détachaient dans l'ombre, des cadavres d'hommes, de femmes, d'enfants, d'animaux et de bâtisses, la ville éventrée n'était plus qu'un squelette en cendre de ce qu'elle avait été.

La vision d'horreur plaqua l'adolescent contre la porte, il avait survécu parce qu'il était bourré, c'est à dire qu'il avait été incapable de sortir de la taverne. Autant dire qu'il ne toucherai plus jamais à l'alcool, même si cela aurait pu l'aider à oublier les scènes qu'il ne pouvait cesser de s'imaginer, comme la mort de sa famille, qu'il n'avait pu reconnaître que grâce à une bague que portait sa petite soeur, les boyaux enroulés au cou de sa mère. La douleur lui renversa l'estomac et il vomit le peu de reste de bière qu'il avait avalé.

L'odeur étant insupportable, et l'idée de rester au dessus de son vomi peu réjouissante, il décida de partir en direction d'un lieu où il serait plus utile. Se ressaisissant avec peine, il plaça ses doigts dans sa bouche, et siffla en direction du toit de la taverne. Un écureuil ne tarda pas à répondre à l'appel, Vanille-Fraise, ou Vanille, car c'était son nom, était un écureuil albinos, enfin plus exactement il en avait tout l'air. L'écureuil vint se poser sur l'épaule de son « maître », où de son élève selon le point de vu, et lui indiqua un buisson, qui se trouvant dans le territoire de la marmotte était intact, ce que Caramel trouvait offensant.

Mais ce que désignait réellement vanille n'était pas le buisson, mais un serpent qui attendait.

« Eilraet, fichu tavernier, tu n'es pas un dieu. »

Néanmoins Caramel se dirigea dans la direction que le serpent pointait du bout de sa langue, c'est à dire l'arrière du jardin. Quelle ne fut pas sa surprise d'y surprendre un erdian, un loup ailé, la créature la plus rapide qui existait lorsqu'elle utilisait son pouvoir, bien que moins rapide qu'un ilyens en temps normal. Les erdians étant des créatures plutôt réservées et pacifiques leur survie était en grande partie dû à leur capacité à la fuite, ces loups ailés pouvait en effet utiliser un pouvoir leur permettant d'atteindre une vitesse incroyable, mais ce pouvoir les fatiguait au point qu'ils leur était pratiquement impératif de dormir juste ensuite. L'erdian portait dans sa gueule un collier, formé de boucles en argents, visiblement Eilraet ne l'avait pas fait lui même, et orné d'un pendentif représentant un serpent.

Caramel n'avait rien pardonné au voleur de rêves, au contraire il lui en voulait d'autant plus de jouer ce jeu stupide, de se prendre pour un dieu. Il attacha néanmoins le collier autour de son cou, parce qu'il ne voulait pas se contenter d « oublier tout simplement » et qu'il savait que le pendentif le rendrait indétectable par la magie de Gorgorbé et insensible à ses pouvoirs de contrôle mental. Mais, même si il savait que cela n'était qu'un tour de son esprit, Caramel avait l'impression que le pendentif était en feu et lui brûlait la peau.

Il caressa un peu le pelage de sa monture, la fixant droit dans les yeux avant de finalement la chevaucher et de s'élancer dans les airs. Il se tourna vers Vanille et lui dit :

« Tu te souviens de mon projet pour l'école ? Je crois que c'est l'occasion de lier l'utile à l'agréable, enfin, si quoi que ce soit peu être agréable désormais. »

L'écureuil au pelage blanc et aux yeux rouges lui indiqua aussitôt une direction vers laquelle ils s'empressèrent de se diriger. Ils ne tardèrent pas à apercevoir l'armée des 3000, mais ce fut par un plus petit groupe que le regard de Caramel se porta.

« Des enfants !!! Se sont des enfants d'Eilogiar, vite on y va !!! »

Aussitôt dit aussitôt fait, l'instant d'après Caramel se retrouva au beau milieu de ce qui ressemblait a des zombis mignatures, accompagnés de peluches et nounours en un état à peine meilleur, l'un d'entre eux était porté par 5 autres, et les 3 derniers suivaient avec peine le groupe. Ils se tournèrent d'un geste commun en direction de Caramel, et l'entourèrent rapidement se laissant aller à des larmes qu'ils semblaient avoir retenues par miracle.

Tous pleuraient sauf un, qui était pourtant celui en plus mauvais état, il ne lui restait plus qu'un oeil, une seule oreille, il n'avait plus de dent et la moitié de son corps était couverte de pustules vertes. Ce dernier gardait le regard, un demi regard, haut et fier, emprunt d'une noblesse qui faillit déstabiliser Caramel bien plus que le reste. Se forçant à rester fort il aida les plus mal en point à s'installer sur l'erdian, en porta deux, et proposa de l'aide au borgne qui répondit que les autres en avaient plus besoin que lui. Vanille pris la tête du cortège leur indiquant la direction à suivre et après les quelques heures nécessaires à leur petites jambes pour les transporter jusque là, ils se retrouvèrent du coté des amazones, ce qui n'était malheureusement pas forcément une chance.

Les enfants se précipitèrent sur les guerrières comme ils l'avaient fait avec Caramel, et celui ci fut étonné de leur courage, toutes leurs larmes étaient séchés, il se contentaient de serrer les jambes des amazones de leur petit bras, et de s'enfoncer le pouce dans la bouche avant de poser la tête contre le genou et de fermer les yeux. Ces enfants avaient perdu leur innocence, ils appréhendaient le monde de la même façon qu'un vieillard regarde la mort dans les yeux sans ciller, et même si Caramel s'était plus qu'endurcit ces dernières heures cela lui glaça le sang.

Le borgne ne suivit pas l'exemple de ses camarades, il chercha rapidement les personnes responsables et leur affirma, d'un air solennel.

« Je ne sais pas dans quel camp vous êtes mais je vous pris d'accorder le soin nécessaire à mes camarades, ils seront capables de s'assurer de leur survie par eux même par la suite. Si ensuite vous faites partie de l'armée de Gorgorbé je vous demanderai de bien vouloir m'achever, je serai ainsi mort en face de mes ennemis. Si enfin il est votre cible je ne vous laisse pas le choix quand à ma présence, car je ferai tout ce qu'il est en mon pouvoir pour lui nuire. Ces pourceaux ne m'ont laissé qu'un oeil, pour que je puisse voir ce qu'ils infligeaient à ma mère, et je conçois que cela fasse de moi bien pire combattant que je ne le serai en temps normal, mais ce sortilège qui ronge mon corps ne me laisse pas très optimiste quand à mon avenir, c'est pourquoi si je pouvai servir, ne serait ce que d'appat, je vous en remercierai du fond du coeur. »

Caramel, se sentant totalement oppressé par la situation se rendit compte qu'il était incapable de croiser à nouveau le regard d'un des enfants et décida donc de se rendre en direction de ceux qu'il avait reconnus grâce aux récits d'Eilraet.

C'est ainsi que les marmottons virent arriver un adolescent, dont rien n'évoquait le prénom, car il était totalement vêtu de noir, même ses cheveux, peu longs étaient plus noirs que l'ébène, ce qui jurait avec son teint pâle. De plus, et cela semblait plus décoratif qu'à but offensif, des pointes en métal étaient réparties en différents endroits de la tenue du jeune homme qui avait de plus une dent de serpent en guise de boucle d'oreille, qu'il avait totalement oubliée, sans quoi il l'aurait arrachée pour la jeter au visage d'Eilraet.
Dernière édition par Eilraet le mer. août 29, 2007 12:45 am, édité 1 fois.
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Messagepar Jalina » ven. avr. 27, 2007 7:40 pm

La jeune femme s’était accroupie au même niveau que le jeune garçon perdu entre ses jambes.
« -Si tu montes sur l’une de ses charmantes créatures, tu ne redescendras pas faire un câlin à Ky, la bête t’emmèneras là où la rousse et l’autre elfe noir, comme toi, sont partis. Là où je vais. Ky doit s’occuper de ses hommes, ici. »
Jalina s’approcha d’une chimère qu’elle caressa longuement en laissant son regard se perdre sur la foule rassemblée dans la plaine. Toute cette foule l’oppressait, cette soif de combat aveugle qui envahissait l’air la faisait se sentir mal. Bobolle était un compagnon de route extraordinaire mais il avait la fâcheuse tendance de permettre à Jalina de connaître les sentiments les plus forts ressentis par les gens autour d’elle. Et des fois, comme maintenant, cela lui donnait envie de partir le plus loin possible de tous ces sentiments. Elle tourna un peu sur elle-même et son regard s’arrêta sur Hra’bo. Elle murmura quelques mots à sa sphère et peu de temps après elle vit l’immense dragon, à peine revenu de sa chasse nocturne, hocher la tête.

« -Bobolle m’a dit que tu n’avais pas l’air méchant, Bobolle c’est la petite sphère qui vole autour de moi. Lorsqu’il a parlé avec vous, il vous a sondé afin de s’assurer qu’il ne risquait pas de révéler des choses compromettantes avec un espion de Gorgorbé dans le lot des personnes présentes dans la conversation. » Murmura-t-elle afin que seul Elhiadën puisse l’entendre. « Alors ? Tu grimpes avec moi ? »

Mais avant que le petit garçon n’ait eu le temps d’émettre un semblant de réponse, un adolescent chevauchant un loup ailé se posa tout près d’eux. S’en suivit un concert de feulements, de poils hérissés et de regards méfiants de la part des chats et du loup. Tous leurs muscles étaient bandés en vue d’une éventuelle attaque. Cela dura jusqu’à que le fier loup ailé se décide à courber l’échine, se soumettant ainsi aux félins aux ailes de chauve-souris. L’atmosphère se radoucie quelque peu, mais tout le monde regardait maintenant le fauteur de trouble qui n’en parut pas gêné pour autant. Jalina l’observa un instant puis son attention fut détournée par un petit bout qui agrippait par poignées les poils d’une chimère, plutôt docile, afin de se hisser sur son dos. Elle laissa échapper un petit rire et sauta sur le dos de la créature avant d’attirer à elle Elhiadën, qu’elle cala devant elle et le maintint entre ses bras.
Elle salua la foule d’un geste de la main, fit un clin d’œil à ceux qui ne s’étaient pas encore décidés à partir ou non, et lança un sourire chaleureux à Mike.
« -A la revoyure !! » Dit-elle en talonnant doucement la chimère qui décolla immédiatement. Elle s’éleva rapidement dans les airs et bientôt la foule des trois mille soldats se confondit avec le sol. La seule chose qu’apercevait Jalina en plus du paysage, c’était Hra’bo qui la suivait en volant calmement derrière le chat ailé.
Devant elle, un petit garçon éclatait de rire, ravit de cette folle aventure. La jeune femme eut un sourire tendre qui se transforma en grimace lorsqu’elle se demanda s’il lui ferait un caprice le soir même pour être bordé par sa grande amie Ky. Elle finit malgré tout par rire à son tour en se souvenant du fier guerrier qu’était Elhiadën la veille… « Encore un mystère à éclaircir… » Songea-t-elle. Car elle avait reconnu au premier coup d’œil le charmant guerrier sans s’étonner, pourtant, plus que ça de sa ‘miniaturisation’ pendant la nuit…
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Messagepar Eilraet » ven. avr. 27, 2007 10:48 pm

« Bon, c'est pas tout mais j'me fait chier, on y va Vanille ? »

Et à peine eut il dit ses mots que Caramel était déjà dans les airs, sur le dos de son erdian, Vanille installé à sa place sur son épaule. Pendant quelques instants l'écureuil albinos continua son rôle de boussole mais l'adolescent ne tarda pas à se rendre compte que leur destination était la même que celle de Jalina, il fit donc accélérer sa monture pour se mettre au niveau de la jeune femme. En passant à coté du dragon il adressa à celui ci un hochement de tête respectueux auquel la créature répondit de la même façon. Lorsqu'il eu atteint Jalina, Caramel força l'erdian à ne pas se montrer hostile envers l'ilyen.

En guise de bonjour il adressa à la jeune femme un clin d'oeil auquel elle jugea bon de ne pas répondre. Mais le plan de l'adolescent était démoniaque, c'est donc à cet instant précis que Vanille, qui était parti chercher de quoi manger dans sa poche fit son apparition.

« Oh il est trop mignon ! »

Tandis que l'écureuil, content d'être ainsi admiré se dressa de toute sa hauteur, Caramel acquiesça ajoutant qu'il trouvait ces chats ailés également très beaux.

« Oh oui, je me demande comment j'ai pu ne pas en entendre parler avant, c'est comme ces chiens ailés, comment les nomment on ? »

« Erdians, mais ils sont plutôt rares, la plupart des gens n'en voient qu'un dans leur vie, et dans la majorité des cas cela ne dure qu'une seconde. Pour les ilyens c'est normal que leur nom ne soient pas très répandu, ils n'existent que depuis peu.
-Ah bon ?
-Oui, c'est un dieu romantique qui les a créé, enfin en quelque sorte, deux amants avaient réussi à se réincarner dans le corps d'un chat et d'une chauve sourie, le dieu en question a eu pitié d'eux et leur a accordé une descendance.
-Oh c'est vrai.
-Non »

Quelque peu frustrée, Jalina fit accélérer à son tour sa monture, qui n'eut pas de mal à rattraper l'erdian, en tant normal il n'existe pas créature plus rapide que les ilyens, et l'erdian n'ayant pas utilisé son pouvoir ce cas précis était justement « en temps normal ».

« Tu es Jalina c'est ça ? En tout cas tu ressembles beaucoup à la description qu'Eilraet m'a fait d'une fille nommée Jalina.
-Tu connais Eilraet ?
-La dernière fois que je l'ai vu je l'ai assez profondément marqué. »

Ils discutèrent ainsi des aventures du petit groupe, cependant bien que le lycan faisait faisait parti de l'histoire, en tout cas au début, Caramel força plusieurs la jeune femme à sauter un passage où il était trop fortement impliqué, mais elle se dit qu'il avait tout simplement déjà entendus ces passages. Et de plus, et cela étonna l'adolescent lui même, il se montra bien plus attentif lorsque Jalina en arrivait à un fait un peu macabre.

Ils ne tardèrent pas à arriver au camp. Enfin plus exactement ils mirent beaucoup moins de temps qu'il ne leur en aurait fallu pour en faire autant à pieds. Le camp était au sommet d'un arbre visiblement très vieux, dont le diamètre devait atteindre le kilomètre (ndlr : c'est Arky qui l'a dit) « C'est pas un forêt de lopettes » pensa Caramel. L'adolescent et la jeune femme furent accueillis par une dizaine d'archers, des elfes visiblement, pointant leur arme dans leur direction. Nylhin arriva aussitôt, murmurant quelque chose à l'un des archers, qui laissa passer Jalina avant de pointer son arc en direction de Caramel.

« Qui es tu ? » Demanda l'archer.

« Ah je vois, c'est le chien au milieu d'une troupe de chats ça vous plaît pas trop, mais il est bien dressé hein ! Enfin je pense, et puis bon c'est furtif ces bêtes la, on m'a dit que c'était une qualité utile par ici. Il faut que je montre patte blanche pour pouvoir passer ? »

A l'instant où il eu dit ces mots la majorité des archers eu un moment de recul, et après quelques regards échangés ils baissèrent tous leurs arcs. Nylhin, qui avait stoppé sa marche se retourna, il était visiblement le plus à l'aise de tous les veilleurs présents, et se dirigea vers Caramel.

« Quel âge as tu ?
-17 ans pourquoi ?
-Impossible, tu ne peux pas être un veilleur aussi puissant à cette âge.
-Oula, tu vas loin mon gars, va pas me demander de faire quoi que ce soit de veilleurique, même briller dans le noir je sais pas faire. »

Nylhin commença une phrase à propos de l'aura mais Caramel lui coupa la parole en lui disant, sur un ton qui semblait avoir pour but de préciser que c'était un mensonge dont Caramel avait un peu honte, que c'était Eilraet qui l'envoyait.

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