Un nouveau départ

Une longue et belle cape pour les voyages, quelques lames et parchemins, je le vois bien vous êtes un aventurier ! Pourquoi ne pas conter ici vos aventures, voir celles des autres ?
Arkan
Chante en Mogwai
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Messagepar Arkan » dim. janv. 28, 2007 3:57 pm

Il faisait chaud... Trop chaud. Il préférait retourner dans son sommeil que d'affronter cette chaleur infernale, ainsi que la douleur qui semblait dévaster son corps de l'intérieur. De l'extérieur. Il lui était impossible de définir où il avait mal, tant la souffrance était forte, amplifiée par la brûlure des rayons de l'astre cruel. Autant retourner au monde doux des songes... Doux et noir...

"Nylhin! Reviens petit! Courage!"
Cette voix était chaleureuse, mais l'écouter était trop douloureux, et se concentrer dessus trop fatiguant...
"Oh par tous les anciens! Nan! "
La voix était à présent désespérée, et elle s'éloignait de plus en plus. Etouffée par la brûlure qu'était devenu son corps.
"Je ne devrais pas, mais... On ne peux se permettre de te perdre, aussi têtu et effronté sois-tu! Accroche-toi petit! Accroche-toi, Nylhin Lotha Leys! "
Ce nom avait éveillé quelque chose en lui, un souvenir lointain. Il voyait un arbre sombre dans une forêt sombre, un être puissant soutenant toute une dynastie... Soeur, je vais te retrouver...

Alors qu'il allait plonger dans les abysses qui l'entraînaient lentement à elles, une fraîcheur régénératrice se répandit dans son âme, elle semblait redonner vie à chaque cellule, chaque parcelle déchirée de son corps entier… Les douleurs s’estompaient, et la chaleur perdait du terrain. Au fur et à mesure que la vie refluait en son corps, Nylhin s’écartait des abysses, et ressentait plus durement les douleurs des ses blessures qui, heureusement, diminuaient.

Il ouvrit les yeux, et sa vue floue et brouillée distingua une silhouette massive qui se découpait dans la lumière vive du ciel sans nuages. « Père… ? »
-Non, je ne suis pas ton père, heureusement pour moi, répondit Martel dans un sourire soulagé.
Nylhin écarquilla les yeux, et essaya de se redresser :
-Martel ? Mais… que qu’est-ce que…
Une douleur vive et atroce l’obligea à se recoucher sur le sable brûlant.
« Ne bouge pas trop, la guérison est presque complète. »
La guérison… ? « Quelle guérison ? qu’est-ce qu’il se passe bordel ?! » L’elfe se redressa, bravant sa souffrance, et le spectacle qui s’offrit à lui lui coupa le souffle : Une planche de bois massive était plantée dans son flanc, et pourtant sa blessure se refermait. « ça va piquer un peu Nylhin » Martel prit la planche à deux mains et l’arracha sans cérémonie du corps de l’elfe, lui arrachant un cri de souffrance aigu, bientôt remplacé par un râle de soulagement.
La plaie était refermée.
La paix et l’énergie refluaient dans le corps blessé de Nylhin, et il était transporté par le bonheur et le plaisir qui semblaient s’emparer de tous ses sens.
« Nylhin, ce que j’ai fait est interdit, à cause ce qui est sur le point de t’arriver… J’aurais dû te laisser mourir, car le sort qui t’attend est bien pire que la mort. » La voix de Martel se cassa, mais Nylhin ne l’écoutait pas. Dans le fleuve de plaisir qui déferlait en lui, rien d’autre ne comptait que l’orgasme qui le brûlait de l’intérieur.
Une aura blanche sembla émaner de l’elfe, flammes immaculées qui irradiaient les alentours d’une lumière brûlante. Martel prit l’elfe de ses mains fumantes, et le secoua violemment, criant de toutes ses forces
« NYLHIN, contrôle toi ! Contient ton énergie vitale ! Tu risques de te consumer, et moi avec ! »
Le veilleur entendit les paroles de Martel et réussit à contenir le fleuve d’énergie par un barrage précaire et fragile. Cela ne tiendrait pas longtemps…

« Que… que m’arrive-t-il ? Que m’as tu fais ? Où sommes-nous ? Où est Lucy ? »
-Je t’ai sauvé la vie, mais à quel prix… Nous sommes en plein milieu du désert, le Céleste s’est écrasé. Et…
Il s’arrêta, sa voix faiblissant, et baissa la tête.
« Où est LUCY ?! »
-Elle est morte. Répondit Martel, en tournant son regard vers une dépouille qui reposait plus loin.
« NAN ! »

Le désespoir et la rage qui s’emparaient de Nylhin firent céder le barrage qui retenait son énergie. Une aura violente s’échappa de lui, projetant Martel deux mètres plus loin. Nylhin, oubliant totalement son état et bravant l’énergie qui l’écrasait, rampa jusqu’au corps de Lucy, ponctuant ses mouvements de cris « Non ! non ! Pas ça !!!»
L’aura dévorante de l’elfe brûlait jusqu’au sable sur lequel il rampait, et l’écrasait de toute sa puissance. Il arriva bientôt au corps de Lucy. Elle était étendue sur le côté, et quand il la retourna, l’état de son flanc lui arracha un sanglot de détresse. Sa chair était de toutes parts déchirée, et son coude s’enfonçait dans ses côtes fracassées. Sa jambe était broyée et son visage habituellement si doux et fin était strié de coupures. Seules ses paupières fermées témoignaient de la paix mortelle qui s’était emparée d‘elle.
« Nan… Pas elle… nan… » Nylhin sanglotait sur son amie… son aimée.

Un souffle rauque stoppa ses pleurs, et un espoir renaquit en Nylhin à la vue des yeux ouverts de Lucy.

Un espoir. Infime. Incroyable.

« Je vais te sauver, je te redonne ta vie. »
Lentement, Nylhin approcha ses lèvres tremblantes de celles de Lucy.
L’aura qui entourait le veilleur arrêta de se répandre et se condensa soudain dans son corps. Au moment où ses lèvres touchèrent celles de Lucy, l’énergie accumulée se déversa en un torrent salvateur dans le corps de la pyromancienne. L’énergie du Miracle Veilleur se fondit en Lucy, tel un ouragan de vie.
Les plaies se refermèrent, les os se ressoudèrent, la mort s’échappa de la pyromancienne, chassée par le courant d’énergie vitale. Les deux amants étaient entourés d’un halo intense immaculé, qui pulsait avec les battements de leurs cœurs. Puis la lumière arrêta de s’étendre, et finit par être soufflée par la brise chaude du désert.
Nylhin s’affala sur Lucy, épuisé par l’énergie phénoménale qui l’avait habité.
Il sombra, accompagné de Lucy, dans un sommeil sans fond.

* * *

« Nylhin, réveille-toi… Réveillez-vous. Allez ! »
-Humbrelblukgleuuu…
-Allez gamin, bouge-toi un peu ! Tu n’as plus rien et on t’a déjà assez laissé dormir comme ça ! Et ça vaux aussi pour toi Lucy ! »

Le veilleur ouvrit difficilement les yeux, et fut agréablement surpris de l’ombre qui les caressa. Pourtant il était en plein désert… Apparemment Martel avait fait un abri précaire avec quelques planches de bois du défunt Céleste. Le marin était assis au chevet de Nylhin, adossé à une des parois de l’abri de fortune.

Les souvenirs revinrent à la mémoire de Nylhin à la façon d’une bourrasque de vent : Le crash, les abysses, l’énergie, Lucy…
Il se redressa subitement sur ses coudes, et détailla Martel comme s’il le voyait pour la première fois -ce qui n’était pas complètement faux-.
Celui-ci avait les traits plus creusés, des rides étaient apparues sur son visage et son expression étaient moins dure qu’auparavant.
« Comment…
-Comment je t’ai sauvé ? tu le sais déjà, j’ai bravé la première de nos lois en te donnant le Miracle.
-Tu es Veilleur !? Impossible ! j’aurais senti ton don, comment cela se peut-il ?
-Tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur ta race, petit… Au cours de mes 200 années d’existence, j’ai acquis diverses compétences, dont celle de me cacher à un autre veilleur, ou vampire. Il avait lâché ce mot avec un sourire en coin.
-Tu m’a donné le Miracle !? Mais tu es taré, ou sénile ! j’aurais pu…
-Mourir ? oui c’est vrai, mais à choisir entre la fatalité et l’espoir, je préfère l’espoir.
Nylhin s’affala sur son lit de fortune (une vulgaire couverture, à vrai dire) et posa ses mains sur ses tempes.
« Raaah j’ai un putain de mal de tête…
-Oui eh bien réveille ta compagne, on a que trop traîné.
-Ma… Nylhin ôta ses mains et tourna la tête sur sa gauche. Paisible, Lucy dormait, roulée en boule à son côté, sa main posée sur le bras de l’elfe qui s’étonna de ne pas l’avoir remarqué plus tôt.
« Ma compagne… » Il se rappela soudain ce qu’il avait fait, et une grande détresse s’empara de lui.
-Nan… J’ai donné le Miracle… Je n’atteindrait jamais l’hybridation… Je lui ai transmis le don… Je…
-Ne parle pas trop vite Nylhin, tu lui a transféré le trop plein d’énergie que je t’avais offert. Sans ça tu serais mort. Donner le Baiser à un autre veilleur est mortel, sur ce coup j’ai été maladroit. En tout cas tu n’as pas perdu d’années de vie, et puis vu ta race et ta… particularité… Tu risque de devenir le veilleur le plus vieux de ces terres, donc l’hybridation, tu l’atteindra sans problème.
-Quelle chance… »

Nylhin caressa d’un doigt distrait la joue de Lucy. Et celle-ci finit par ouvrir les yeux. « Que… Nylhin… Je me sens… »
-Ne t’inquiètes pas, tout va bien. J’ai une bonne nouvelle pour toi : tu es Veilleuse.
Lucy, soudain totalement réveillée, se redressa brusquement et regarda avec effarement Nylhin.

« Tu m’as sauvée… Tu m’as faîte Veilleuse !? Mais… Mais… »
-C’est plutôt une bonne nouvelle, la situation est pas si terrible que ça : Nous sommes en vie, tu vas vivre encore minimum 250 ans, et nous sommes en plein milieu d’un désert aride sans savoir où aller pour regagner les terres. De plus, on a un démon imbattable à détruire et on risque tous de crever dans cette entreprise suicidaire. Sans oublier que Eilraet a pété un plomb et que Martel semble être bien plus qu’un marin banal… Nylhin pris un air pensif. « Je me disais aussi, un humain ma battre de la sorte… impossible. » Le veilleur sourit devant la mine effarée de Lucy et éclata de rire devant celle dépitée de Martel.

-« Pour le « coincés en plein désert », je t’informe que la fée à trouvé une direction à prendre, le bleu. Et vous devriez vous lever maintenant parce que le temps des émois est terminé, il nous faut voyager à présent, et expliquer quelques points au reste de la troupe. »

Nylhin sourit, révélant des canines plus courtes qu’à l’habitude. « Ok, debout alors ! » Il prit brusquement Lucy par les épaules et l’embrassa sans autre forme de cérémonie, celle-ci fut trop étonnée pour résister, et trop amoureuse pour ne pas aimer…

Martel se leva et s’étira et soupira « Ah la la les jeunes… »
Le veilleur mentor sortit de l’abri de fortune, raconter les détails de l’affaire aux autres compagnons de route.
Jalina
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Messagepar Jalina » dim. janv. 28, 2007 11:06 pm

« -Non ! Arrête, mais… Non, pas par là ! Tu t’éloignes là !! Bobolle ça suffit maintenant t’as assez joué tu me fais descendre maintenant ! Mais ! Tu te souviens de ce qu’il s’est passé la dernière fois !? Bon. Je n’ai pas envie de tomber, et cette fois-ci il n’y aura pas de cordages pour me retenir ! Bobolle je vais me fâcher ! BOBOLLE !!!! »

Le petit groupe de survivants, qui s’était rassemblé à proximité des restes du bateau, cherchait l’origine des cris. C’est Sam qui la trouva en premier. Les yeux pointés vers le ciel, il aboyait en direction d’une silhouette qui avançait vers eux.
Jalina descendait doucement vers le sol, elle tenait dans une de ses mains Hybride, de l’autre, elle s’accrochait à son étrange compagnon qui semblait les faire léviter.

« -Bon... Ils nous ont vu c’est bon ! T’as finit ton cirque maintenant ?! »

Il apparut vite que c’était ce qu’attendait Bobolle puisqu’ils furent au sol quelques secondes après. La jeune femme qui pestait encore après sa sphère regardait ses compagnons d’infortune d’un air gêné, s’attendant à devoir donner une fois de plus une longue explication. Pourtant, quelqu’un lui évita toute cette peine.
Un cri de surprise et de ravissement monta du cœur du groupe.

« -C’est incroyable, jamais je n’aurais cru en voir une un jour ! »
Félicia s’éleva au dessus des têtes et s’approcha de Bobolle.

« -Une sféere de Zélandria ! C’est tellement rare, je croyais que c’était une légende !
-Et heu, c’est quoi une sphère de Zélandria ? Demanda un marin ayant survécut.
-C’est un artéfact magique d’une grande puissance. Les créateurs de tels objets ont disparu depuis des temps immémoriaux. Ils ont conféeré à ces sféeres divers pouvoirs, mais aucun n’est offensif. Le peuple Zélandrien était réputé pour être pacifique. On ne sait que très peu de chose sur ces objets… Si mes souvenirs sont bons, une sféere n’a qu’un seul maître et elle est créée et s’éteint en même temps que celui-ci. Il est étrange que cette jeune femme en possède une, je pensais les sféeres de Zélandria éteintes à jamais… »

Un sifflement admiratif se fit entendre.
« -Hé ben dis donc mon Bobolle ! Tu me l’avais pas dit tout ça ! Brave petit ! Jalina fit claquer un bisou sonore sur la sphère avant de s’éloigner. Où m’emmène tu comme ça ? Tu es intenable aujourd’hui ! »

La jeune fille s’éloigna du groupe perdu dans une minute réflective suite aux paroles de la petite fée. Bobolle qui sautillait gaiement au sol la conduisit jusqu’à la pointe du mat, où il s’arrêta. Jalina s’approcha, écoutant d’une oreille attentive ce que lui expliquait Bobolle.
« - Ce n’est pas possible, ce que tu me dis là est totalement improbable ! La marque ne peut se trouver sur le mât, je l’aurais vu en montant faire les réparations ! Oui, oui… Je vais vérifier quand même. Mais si c’est effectivement le cas, nous devons partir tout de suite, prévenir les autres, emporter tout ce qu’on peut et quitter ce lieu ! Tu veux que je détruise la marque ? Pourquoi faire ? Affaiblir Gorgorbé ? Tu es sûr de toi ? Bon… Allons voir ça. »
Elle tourna un moment autour du mât avant d’entreprendre la besogne difficile de regarder dessous, à l’endroit où le mât rejoignait le sol.
« -Aide moi, soulève-le, jsais pas, fais quelque chose ! Je vais pas me tuer à la tâche sous ce soleil de plomb ! Je préférais encore laver le pont d’Alec avec une brosse à dent ! »
La chose si aimablement demandée fut faite.
« -Raaah, putain de merde ! Fait chier ! T’avais raison ! Tu pourrais pas avoir tors un peu dans ces cas là ! »
Sur le bois clair du mât s’étalait en effet une gravure à l’aspect macabre, sa simple vue donnait des frissons à la jeune femme et pourtant ce n’était pas la première qu’elle voyait. Elle avait déjà vu une marque similaire sur le bateau d’Alec Firkan qui avait passé de longues heures à raconter fièrement qu’elle venait de son nouvel employeur, un certain Gorgorbé, qui l’avait placé là pour pouvoir localiser le bateau à tout instant afin de s’assurer qu’il ne se trompe pas de trajectoire… Encore un truc plein de magie auquel la jeune femme n’avait rien compris. Mais Jalina était certaine d’une chose, c’est que cela n’annonçait rien de bon.
« -Je la détruit comment ? Ah non ! Ah non, je refuse, il n’en est pas question… J’ai pas envie de mourir à mon âge moi ! Je… trouve autre chose ! Si je fais ça, il va me tuer c’est certain ! C’est très dangereux ce que tu me demandes… Utiliser Hybride pour détruire la marque risque d’endommager les lames et je ne peux pas risquer ça ! Si l’une des deux prends l’ascendant sur l’autre c’est toute l’épée que je détruis ! »

Jalina était face à un dilemme compliqué à résoudre, le pouvoir aussi infime soit-il engrangé par les deux lames à force de combats était un élément capital à la destruction de la marque, mais celle-ci dégagerait à ce moment là une vague de puissance haineuse qui risquait de toucher les lames en détruisant ainsi l’indispensable équilibre les liant l’une à l’autre…
Elle passa encore un long moment à se disputer avec sa sphère avant qu’ils ne trouvent une solution les satisfaisant tous deux.
La jeune femme sépara les deux lames composant l’épée de l’elfe veilleur et les planta dans le mât de part et d’autre de la marque. Bobolle lévita et se plaça juste au dessus, formant un triangle avec les deux lames.
« -Prêt Bobolle ? Tu dévies tout le flux vers mon poignard ! Tu n’hésites pas ! »
Jalina sortit son arme, inspira un grand coup et planta de toutes ses forces son poignard en plein cœur de la marque. Aussitôt, une lumière glacée en sortit enrobant la lame du poignard, puis le manche ainsi que la main de la jeune femme qui poussa un cri de douleur.
« -Bobolle ! Maintenant ! »
La lumière s’intensifia soudainement et Jalina fut projetée à deux mètres de là, son poignard toujours en main qui absorbait le long déversement d’énergie. Lorsque que tout redevint normal, on put entendre un juron venant de l’endroit où avait atterrit la jeune femme qui ne tarda pas à se relever.

Attiré par la lumière et le bruit qu’avait causé la destruction de la marque, tout le petit groupe ne tarda pas à arriver… La jeune femme encore quelque peu sonnée retirait du mât, où subsistait quelques traces de la marque qui avait pourtant perdu tout son aspect sinistre, les lames du veilleur tout en vérifiant qu’elles n’aient subit aucun dommage. Ce qui, à la vue de sa grimace, ne fut pas le cas. Elle leva les yeux vers Nylhin qui s’était approché en reconnaissant son épée.
« -Puis-je savoir ce que tu as fait avec Hybride ? »
Elle se mit donc à lui expliquer comment elle l’avait ‘sauvée’ au moment où le bateau s’écrasait, car n’ayant qu’un seul bras de valide, l’elfe sombre n’avait pu saisir son épée… Puis elle lui raconta la destruction de la marque avec. Elle se répandit ensuite en excuse lorsque arriva le moment de lui dire les conséquences que cela avait eut sur ses précieuses lames.
« -Je suis vraiment désolée, mais nous n’avons pas pu empêcher une partie du rayonnement de toucher tes lames. Je savais que c’était une mauvaise idée mais je ne pensais pas que cela durerait si longtemps. Bref. Il y a un moyen de réparer cela. Tes deux lames ont emmagasiné une petite partie de la haine contenue dans la marque de Gorgorbé. Si tu les réunifies maintenant, cela va faire comme si tu mettais deux personnes qui se détestent dans la même pièce… Elles vont se battre jusqu’à ce que l’une soit détruite. Par contre, si tu attends, cela n’empirera pas. Le seul moyen de les décharger de leur haine, c’est de les faire se combattre véritablement. Un combat à la loyale sans volonté de vaincre ni de tuer… Mais nous ne pouvons faire ça pour le moment, l’endroit n’est pas sûr. Tu dois les gardé séparée jusqu’à un moment plus propice. Gorgorbé sait où nous sommes, il a déjà réussit à diviser le groupe… Je suis presque certaine que c’est à cause de lui que toutes ses crasses nous sont tombées dessus aujourd’hui. Nylhin et sa soudaine crise d’ado, Eilraet et son pétage de plomb, la tempête, les vers… C’est trop pour n’être qu’un simple hasard… »

Jalina, qui avait regardé tous ses compagnons d’infortunes au cours de son discours, les vit tomber d’accord avec elle.

« -Si tout le monde est paré, je propose que nous partions immédiatement… Allons n’importe où mais nous ne devons pas rester, ce serait trop risqué ! Surtout que Gorgorbé a dut sentir la destruction d’une de ses marques…
-Vous avez raison, je pense. D’après ce qu’à vu Félicia, il nous faudrait partir par là. »
Le capitaine, qui avait prit la parole face au silence du groupe, désignait une direction approximative au milieu de cette immensité sableuse.
Pensive, Jalina reprit une dernière fois la parole.
« -C’est par là que la tempête s’est déplacée… La barque d’Eilraet a dut être prise dans la tourmente elle aussi… Vous pensez qu’il a survécut ? »
Dernière édition par Jalina le lun. janv. 29, 2007 10:57 pm, édité 4 fois.
Eilraet
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Messagepar Eilraet » dim. janv. 28, 2007 11:17 pm

A plusieurs kilomètres de là, alors que le Celeste n'était pas encore brisé, la barque qui transportait Eilraet voguait paisiblement au dessus de la forêt que la troupe d'Ardhonmeth avait eu tant de peine à franchir. La barque n'avait pas échappé au vent qui s'était acharné contre Celeste, loin de là, mais à l'instant même où le bateau volant fut hors de vu le ciel s'ouvrit laissant passer le soleil.

Elenya qui par un étrange miracle était restée inconsciente dans la barque tout le temps de son absence continua, sans ciller, d'observer le ciel là où elle pensait que ce trouvait le navire, et où elle espérait le voir ressurgir. Mais elle le savait bien, avec des vents d'une telle violence même en déployant ses ailes, particulièrement dans ce cas d'ailleurs, le bateau n'était plus qu'une brindille soumise aux caprices de la brise.

Ce qui retenait le plus son attention c'était cette étrange tempête qui l'avait réveillée de son douloureux sommeil dans la petite embarcation de bois. Cette tempête n'avait rien de naturel, si il y avait vraiment des dieux au dessus d'elle alors nul doute que ce qu'elle observait était la fureur divine. Elle se persuada que c'était son imagination qui lui jouait des tours, mais elle ne parvint pas à chasser l'horrible image qui s'imposait à elle.
Elle voyait des centaines, peut être même des milliers de créatures sombres traverser les nuages. Ces créatures naissaient et mouraient des éclairs qui léchaient la tempête.

Quand elle vit les nuages arrêter leur course dans le ciel, elle fondit en larmes. Pourquoi elle le savait elle n'en avait aucune idée mais elle avait une certitude, le bateau était tombé et c'était brisé et même si elle ignorait totalement ce qui lui donnait une telle certitude les survivants en étaient bien rares.

Soudain, de cette masse de nuage, si sombre et si peut naturelle, surgit une forme bien trop régulière pour être le simple fruit du hasard. Elenya pensa d'abord à une pomme à cause de la forme bien ronde qu'elle apercevait, mais ce qui se tournait vers elle et Eilraet n'était autre qu'un oeil gigantesque crachant ténèbres et éclairs. L'oeil se fit serpent et alors qu'il commença à ramper à une incroyable vitesse Eilraet sembla faire un malaise et la barque commença à tanguer dangereusement.

-Tout va bien Eilraet, on est presque arrivé ! Tiens le coup on est presque au sol.

Mais le lycan ne l'écoutait pas, il se roulait sur le plancher de la barque, recroquevillé sur lui même serrant sa poitrine de toutes ses forces comme s'il craignait que son coeur ne s'en échappe. Des convulsions le firent trembler au point que la barque elle même fut secouée de tremblements et ses yeux révulsés ne laissaient paraître que leur blanc cisaillé de veines rouges. Elenya cru voir un objet brillant sur la bouche du tavernier avant de s'apercevoir que c'était, en réalité, sa bave écumant sur ses lèvres. La magicienne cru entendre un cri venir des profondeurs avant de réaliser qu'il venait d'au dessus. Elle leva les yeux aux ciels et vit que le serpent était arrivé, emmenant avec lui la tempête dont il était né.

***

Une légère brise se leva, caressant avec douceur les joues roses d'Elenya et faisant voler ses boucles blondes dans le vent comme les feuilles des arbres qui l'entourait. Le réveil fut paisible et agréable pour la magicienne qui ouvrit les yeux sur un monde plein de couleurs et de lumières. Elle se découvrit allongée dans un lit de fortune constitué de la moitié de la barque et du feuillage de l'arbre sur laquelle elle s'était échouée. Malgré cela sa position était très confortable et elle resta quelques instants à se reposer un peu avant de réaliser qu'Eilraet n'était pas là, elle chercha quelques instants dans les branchages et regarda au sol pour voir si il n'était pas tombé, certainement mort, avant que la barque ne s'écrase contre ce chêne, mais elle devait se rendre à l'évidence, elle était seule.

Les deux esprits du vent qui l'observaient, et s'amusaient à la frôler décidèrent qu'il était temps pour eux d'aller souffler plus loin. Il n'était pas dans leur nature de rester trop longtemps en un même lieux. Ils volèrent jusqu'à la montagne le long de laquelle avait poussé la forêt, montagne où Eilraet et Keela avaient partagé une nuit sous la forme de loups et où une étrange créature qui avait pour don de s'effacer des mémoires avait redonné au voleur de songes sa capacité à rêver.

Au nord d'un des monts, où les esprits de l'air et du vent aimaient tout particulièrement à s'amuser, se dressait une une gigantesque falaise se terminant en une fine pointe. Sur cette falaise, qui était en quelque sorte la proue de ce mont tout aussi gigantesque se trouvait un tout petit chalet. Les êtres du vents, qui étaient des nouveaux nés furent étonnés par cette étrange demeure et se précipitèrent dans sa direction.

De ce chalet on avait une vue imprenable sur la ville d'Ardhonmeth et, à condition que le temps soit dégagé comme en ce jour, on pouvait également apercevoir le début du gigantesque désert. Ce lieu semblait être le centre du monde tant les décors qui l'entourait étaient variés, le chalet, se trouvant en pleine montagne était entouré de neige, mais le sable brûlant du désert était visible mais également les remparts et les pierres de la grande cité d'Ardhonmeth où encore la mer qui l'entourait et pour finir la forêt qui en gardait l'entrée.

Mais les esprits du vent et de l'air ne s'attardaient pas sur ces détails, ils étaient bien trop occupé à s'occuper de jouer avec l'épaisse fumée qui s'envolait avec grâce de la petite cheminée de l'habitation. L'un d'entre eux ce risqua à descendre voir ce qui provoquait cet étrange phénomène tout de gris et de rondeur et il se retrouva au beau milieu d'une marmite de soupe cuisant au dessus d'un bon feu.

Dix petits doigts étaient tendus en direction des flammes, et profitaient de la chaleur qui se répandait dans leur chair chassant la morsure du froid. Les doigts se replièrent autour d'une couverture, la remontèrent jusqu'au cou d'un petit garçon et cinq d'entres eux partirent à l'assaut d'un cookie bien chaud pour le fourrer dans la bouche de l'enfant. Les êtres du vents, qui étaient maintenant tous entrés, faisant grincer les portes et tinter la vaisselle reconnurent des humains, un peu comme Elenya, souffla l'un d'entre eux. Ils cherchèrent dans des cahiers et des livres pour tenter de connaître le nom de ceux qui vivaient ici, mais en réalité cette mère et son fils avaient été seuls si longtemps qu'eux même avaient fini par les oublier.

Le feu se plia en deux alors qu'un froid intense se glissa le long des étagères et tous les esprits du vent comprirent en même temps que la porte avait été ouverte, ils se précipitèrent donc pour suivre la mère. Celle ci portait une grande cape rouge que l'on ne manquait pas de distinguer sur le blanc de la neige. Sous une épaisse capuche se trouvait des traits jeunes, elle semblait n'avoir pas plus de 20 ans qui formaient un joli visage à la peau légèrement colorée. Ne voyant pas plus de détails que ses lèvres plus rouges que la plus rouge des pommes les esprits du vent se faufilèrent sous la capuche pour la faire tomber, et avant que la dame n'eut le temps de les remettre ils avaient tous admirés une magnifique chevelure brune avec une mèche dorée à l'avant et de splendides yeux bleus.

***

Elenya descendit sans peine du chêne où elle était perchée mais elle ne semblait pas tellement concentrée sur ce qu'elle faisait, en réalité elle se demandait combien de temps elle avait dormi et pourquoi Eilraet l'avait laissée seule. *Rosslaew me manque*, pensa-t-elle, et le souvenir de l'elfe rappela en elle les récits qu'il lui avait fait de cette forêt et de ses si redoutables champignons hallucinogènes. « Il y a un moyen assez simple de savoir si ce que l'on voit est vrai ou pas, les hallucinations provoquées par les champignons ont toujours un arrière goût de déjà vu, car elles sont directement tirées des souvenirs, l'ennui c'est que ces souvenirs sont si fort que l'on oublie de se souvenir de cela ».

La brise fit voler un peu de sable et un grain se jeta dans son oeil la faisant pleurer ce qui eu pour effet de brouiller sa vision. Néanmois elle fut certaine de voir Rosslaew marchant dans le sable aux cotés de Lucy et Gwaen qui ne semblait plus craindre la lumière du soleil. Elle cligna des yeux pour se rendre compte qu'il n'y avait que deux silhouettes en réalité, celle de l'elfe et du petit vampire. Se souvenant des malices de la forêt elle tenta de se souvenir de la suite de ce que Rosslaew lui avait dit, et se fut particulièrement efficace, elle fut persuader d'entendre l'elfe lui murmurer à l'oreille et de sentir son souffle glisser contre sa joue. « On m'a appris il y a peu comment se protéger de ces mauvais tours, il faut trouver l'un de ces arbres dont les feuilles rondes sont bordées de pourpre et en mâcher l'écorce durant tout le voyage, l'effet est presque instantané ».

Ignorant Rosslaew et Gwaen qui de toutes façons ne regardaient pas dans sa direction elle chercha l'un de ces arbres et ne tarda pas à en trouver un dont elle arracha un gros morceau d'écorce. Elle se tourna ensuite vers Rosslaew et Gwaen, et mâcha rageusement, alors que les larmes ruisselaient le long de son visage. Mais elle avait beau mâcher, mordiller, écraser et avaler, les deux silhouettes ne s'en allaient pas.

-Ross ! Gwaen ! Vous êtes vraiment là.

Ils s'arrêtèrent tout deux, levant la tête et regardant vaguement autour d'eux. Tout d'un coup Rosslaew se tourna vers elle, bien qu'il semblait regarder au loin, comme si son attention était retenue par quelque chose qui se trouvait derrière elle avant de dire d'une voix emprunte de peur :

-Elenya ...

Elle se retourna pour tenter de voir ce qui le marquait ainsi mais ne voyant rien demanda :

-Ross, qu'est ce que ...

Mais Ross n'était plus là ...

***

La jeune femme du chalet avait maintenant atteint la forêt où elle cueillait des fraises et des framboises qu'elle posait délicatement dans son panier. Son pas était si léger que lorsqu'elle entendait un oiseau chanter elle pouvait s'approcher de lui à moins d'un mètre avant qu'il ne remarque sa présence, auquel cas très peu fuyait tant son regard d'un bleu profond était amical. Elle se surpris en train de chanter, peut être y eu t'il quelques fous pour tenter la traversé de cette forêt maintenant que la route était réouverte, mais les fous étaient bénis car son chant était magnifique. Et de ses fous il en est certainement qui mêlèrent leur voix à ce chant, si distant fut il car la mélodie était une de ces comptines, que tous connaissent, d'où qu'ils viennent, bien que personne n'ai jamais eu à l'apprendre.

Suivant ses pas, ce souciant peu de là où ils la menaient -elle connaissait la forêt encore mieux que son chalet- la jeune femme remonta un peu sa robe blanche qu'elle portait sous sa cape, et si ces vêtements avaient été de chauds habits de laine alors qu'elle marchait dans la neige, maintenant que le soleil chauffait son visage et ses bras nus elle n'était plus vétu que d'une robe légère, sans manches, et d'une fine cape rouge. Elle cru entendre des sons peu familiers, qui n'avait rien de commun avec tout ce qu'elle avait entendu depuis de nombreuses années, il faut dire que mis à part la voix de son fils et la sienne elle n'avait jamais entendu la parole d'un être humain. Au dessus d'elle le feuillage était parsemé de quelques trous, dont l'un deux laissaient passer les rayons du soleil directement dans ses yeux, l'aveuglant un peu. Elle put néanmoins reconnaître, car elle en avait vu les images dans ses nombreuses lectures, la silhouette d'une jeune femme à genou, qui semblait regarder le ciel. Elle fit un pas en avant, ce glissant sous une ombre afin de mieux voir et jeta un nouveau regard dans la direction de la silhouette, mais tout ce qu'elle pu voir cette fois ci était ce qui ne pouvait être qu'un voyageur. Se rappelant que jamais de toute sa vie elle n'avait croisé d'inconnu elle décida de faire demi-tour, et de toutes façons son panier était bien assez plein.

Encore une fois quand ses pieds se posèrent sur la neige ses vêtements étaient chauds et épais, mais c'était tout de même avec réconfort qu'arrivée chez elle, elle se glissa sous la couverture au coin du feu au coté de son fils.

***

Elenya se demandait où Ross avait bien pu aller et ce qui l'avait fait fuir de la sorte, et elle se demanda aussi si c'était bien sur du sable qu'elle l'avait vu marcher, même si elle savait qu'un désert gigantesque commençait derrière la forêt elle était certaine qu'il n'y avait ici que de la mousse tendre et de l'humus frais, pas un seul grain de sable hormis celui qui lui irritait toujours l'oeil. Elle entendit un bruit derrière elle et reconnu aussitôt le son d'une cape, elle se retourna rapidement pour reconnaître la silhouette agile d'une femme. Alors que la silhouette disparaissait derrière un tronc Elenya se leva, regarda rapidement l'état de sa robe pour se retrouver, après avoir relevé la tête, nez à nez avec Eilraet. Le tavernier lui adressait un sourire charmant, comme s'il l'avait retrouvée après une longue partie de cache cache. Elle le poussa gentiment du plat de la main se dirigeant vers la femme qu'elle avait vu et expliqua :

-Attend trois secondes je veux voir ce qu'il y a là bas.

Elle se mit à courir, bien trop vite pour que le lycan puisse la suivre et, à sa plus grande surprise ne tarda pas à trouver Luthien. Pourtant il y avait quelque chose d'étrange dans la semi-ondine, bien qu'à a peine quelque pas d'Elenya, cette dernière avait l'impression de la voir depuis une grande distance, non pas qu'elle semblait petite, mais Elenya n'avait pas l'impression de la voir de près. La serveuse était en train d'observer, d'un regard très aguicheur celui avec qui elle aurait du se marier, Rosslaew qu'Elenya avait l'impression de voir de près bien qu'il fut bien plus loin.

Luthien mis sa main dans son soutiens gorge, le baissant un peu et replaçant ses seins, mettant fortement en valeur sa poitrine, elle fit glisser doucement l'étoffe de sa robe le long de son épaule et, après avoir arraché le bas de sa robe commença à courir dans la direction de l'elfe. Elle lui sauta dans les bras, collant ses seins contre son visage et le couvrant de baisers tous plus langoureux les uns que les autres. Alors que sa langue glissait contre les lèvres de l'elfe elle fit monter son genou le long des jambes de l'elfe sous l'oeil impuissant d'Elenya paralysée par la scène. La main de Luthien se faufila sous la chemise de l'elfe, caressant la peau de son torse, avant que des doigts fins n'enlèvent le vêtement pour laisser au lèvres de la semi-ondine d'embrasser le corps de Beren. Beren, en plus de ne pas résister se mêla avec tendresses et envies au jeu de la serveuse, la faisant petit à petit s'allonger sur l'herbe fraîche de cette clairière et de plonger sa langue dans sa bouche, s'allongeant tout contre elle. Il entreprit dans un geste très doux et affectueux de retirer les vêtements de la serveuse qui répondit avec un regard coquin et un râle de jouissance ce qui poussa l'elfe à arracher la robe et à se jeter sur sa partenaire.

-Ah tu es là ! Je t'ai cherchée partout, j'ai cru qu'elles t'avaient emmenée.

Dit la voix étonnée d'Eilraet, avant de terminer sur un mumure. Elle se retourna vers lui, les yeux toujours plus embués de larme. Soudain, des bruits de sabots se firent entendre et quand Elenya jeta un oeil vers là où aurait du se trouver le couple il ne restait plus qu'un vague reflet de la silhouette de Luthien, dans la même attitude que lorsque Elenya l'avait trouvée. Quand ce qui ne ressemblait pas tant que ça à Luthien finalement eu totalement disparu Elenya voulu se précipiter dans les bras du tavernier pour y verser ses larmes mais voyant son geste de recul elle se dit qu'il avait peut être lui aussi des soucis qui expliquaient le fait qu'il ai voulu être seul.

-Tu t'es bien remis de ta crise dans la barque.

-Je n'ai pas fait de crise.

-Mais ... Tu crois que les champignons

-Ce ne sont pas les champignons.

-Mais ...

-Ne me pose pas de question, je ne peux pas y répondre.

Autant offensée par ses propos qu'apaisée par la voix douce et le regard amical qu'il lui adressait elle demanda s'il ne serait pas temps de trouver un campement pour la nuit, ce à quoi il acquiesça, lui ordonnant de l'attendre ici pendant qu'il irait chercher du bois pour faire un feu.

Elenya, qui commençait à en avoir plus qu'assez de ces choses étranges fut pourtant bien servis, Eilraet lui affirma qu'il n'avait pas entendu de bruits de sabots, quand à la crise qu'il avait faite dans la barque, cette fois ci il ne la nia pas, mais ajouta qu'il avait menti par peur que l'on l'entende, mais si lui aussi avait bien vu une femme passer ça n'était pas Luthien mais une jolie jeune femme vêtue d'une cape rouge. Elenya réalisa qu'elle n'avait ni faim, ni froid et encore moins envie de dormir, et Eilraet qui avait cuire un lapin ne lui proposa d'ailleurs absolument rien. Cependant quand il eu finit son repas le silence se fit particulièrement pesant jusqu'à ce qu'Elenya demande :

-Qu'est ce qui ne va pas ?

-Si tu savais comme je m'en veux, à cause de mon incompétence en tant que voleur de rêves d'avoir provoqué votre chute à toi, Luthien et Beren.

-Ça n'était pas de ta faute, Gorgorbé à profité de toi sans que tu ne puisses rien y faire, et puis Luthien et Ross s'en sont peut être aussi bien tirés que moi.

-Une fée nommée Felicia nous a expliqué qu'elle avait su ralentir la chute de Luthien.

-Ah tu vois !

-Et Beren, ... tu as raison il a dû s'en tirer aussi bien que toi.

Elenya ne compris pas pourquoi mais le tavernier tourna vers elle un regard rougis par les larmes, et quand elle voulu le réconforter il eu pour la seconde fois un geste de recul.

***

Elenya se réveilla, couverte de sueur dans un lit qui était pourtant totalement sec, une voix d'enfant la fit ouvrir les yeux pour voir qui parlait.

-Elle se réveille maman.

-Oui j'ai vu mon sucre d'orge, va chercher d'autres bougies, on ne voit rien ici.

La chambre où elle était installée avait des murs en bois sur lesquels étaient fixés une grande quantité d'étagères, toutes débordantes de livres. Sur le sol d'autres livres encore étaient empilés et au sommet de ces montagnes de romans se trouvait ses cierges allumés. L'enfant arriva avec une dizaines d'autres bougies qu'il alluma, en posant la plupart et en gardant une à la main. Il était très blond avec des cheveux mi-longs et ses yeux étaient du plus profond des verts, il s'approcha de sa mère, sa faufilant dans ses bras. La lueur de la bougie dévoila le visage aux yeux toujours aussi bleus et au lèvres toujours aussi rouges.

-J'ai peur maman.

A peine eu t'il dit ces mots qu'Elenya eu l'impression de voir les ombres s'étendre le long des murs, dessinant des monstres tous plus terrifiants les uns que les autres. L'un d'eux qui avait l'apparence d'un loup se redressa sur ces pattes, prenant une forme presque humaine, si ce n'était son échine courbée, ses longues griffes pliées dans l'angle de la chambre et sa gueule canine. L'ombre dansa quelques instants au rythme des petites flammes avant de se diriger doucement vers la porte fermées et d'étendre son bras. Quand les griffes atteignirent la porte celle ci s'ouvrit avec fraquas, et un vent puissant et glacial se faufila dans la chambre, soufflant toutes les bougies et plongeant la scène dans le noir. Le vent souffla dans tout le chalet, couvrant à peine le bruit des volets qui claquaient avec fureur.

Un éclair éclata soudain, éclairant l'espace d'une seconde la chambre et le terrifiant personnage, plus pâle que la neige, aux yeux plus noirs que la mort qui s'y tenait. Aux bruits secs des volets qui claque et du vent qui siffle dans la cheminée se mêlèrent les cris de l'enfant et d'Elenya. La mère se leva, l'air tout aussi effrayée et parvint à articuler :

-Je vais fermer les portes, mais il ne peut pas entrer, n'ayez pas peur.

En entrant dans le couloir elle réussit, Elenya ne savait pas comment, à allumer une nouvelle bougie et la chambre fut faiblement éclairée, mais suffisamment pour que la magicienne puisse se rendre compte qu'il n'y avait personne. Se souvenant de ses pouvoirs magiques elle se dressa sur ses deux jambes et rejoint la mère dans le couloir. Cette dernière tourna des yeux effrayés en direction d'Elenya et lui agrippa le bras avec la violence de la terreur, puis ses yeux exorbités se tournèrent à nouveau vers l'entrée où la porte s'ouvrait et se fermait, portée par le vent. Un coup de vent particulièrement violent ouvrit complètement la porte et un nouvel éclair illumina le visage d'Eilraet.

***

Des jeunes filles à cheval, toutes plus belles les unes qui les autres avec leur cheveux blancs et leurs visages fins arrivèrent soudain, surgissant dont on ne savait pas trop où au milieu du groupe. L'une d'entre elle regarda Jalina et, tout en lui adressant un magnifique sourire murmura à l'attention des autres jeunes filles.

-Elle est douée la petite hein ? Vous avez vu tout ce qu'elle sait ? En tout cas grâce à elle on peut venir sans que l'autre démon n'essaye encore de nous violer. Quel idiot celui là.

L'une d'entre elle, la plus belle aux yeux de tous les hommes présents s'avança et leur adressa la parole :

-Bonjour à vous, profitez bien de notre présence car d'habitude aucun oeil ne peut nous voir et aucune oreille ne peut nous entendre.

-Mais, qui êtes vous ? Et que faites vous là ?

Demanda Jalina qui, avec Lucy et Felicia, c'est à dire les autres filles, était la seule à ne pas être hypnotisée par ces filles.

-N'as tu jamais entendu parler de notre légende, toi qui semble savoir tant de chose sur la magie, nous sommes des walkyries !

***

La porte ne résista pas plus longtemps à la fureur du vent et s'envola, manquant de peu de se fracasser contre Eilraet qui l'esquiva d'un geste nonchalant. Il se tenait droit juste au pas de la porte comme s'il ne pouvait pas aller plus loin avant de demander :

-Je peux entrer ?

-Reste en arrière démon ! Je ne t'autoriserait jamais à franchir ma demeure, et si tu ne t'en va pas dès maintenant je jetterai sur toi le sel que j'ai envoyé chercher mon fils.

-Ah c'est bien dommage, votre maison à l'air tout à fait charmante, et voyez vous j'aimerai bien dire bonjour à mon amie à qui vous tenez si fort le bras, je me demande bien comment vous faites d'ailleurs, vous n'êtes pas mortelle n'est ce pas ?

-Arrière démon !

-Oh c'est bon je ne fait que parler, vous êtes tendu ici hein ?

Les mêmes bruits de sabots qu'Elenya avait entendu avant la disparition de Rosslaew se firent entendre, et cette fois ci Eilraet sembla les entendre, il se tourna d'ailleurs, visiblement pour parler à quelqu'un qu'Elenya ne pouvait pas voir car elle avait peur de franchir la porte pour regarder à l'extérieur.

-Allez vous en, vous aurez tout le temps de venir chercher, ce que vous voulez plus tard, je vous promet qu'elle ne sait rien et qu'elle ne dira rien. Hey, toi là, tu ne pars pas sans m'offrir ce bisou que tu m'avais promis.
Il se pencha en avant pour recevoir ce bisou qu'Elenya cru entendre avant de se tourner vers elle.

-Et toi tu veux bien que j'entre Elenya ?

Mais elle n'eut même pas le temps de penser ne serait ce qu'un instant sa réponse, et c'était mieux ainsi car par réflexe elle aurait pu faire une erreur grave, car l'enfant s'était jeté sur elle, lui maintenant la bouche fermée et hurlant au lycan de disparaître. Il jeta le petit sac de cuir qu'il tenait au visage du voleur de songes qui fut aussitôt couvert de sel. Les malheureux qui tentaient de franchir ces montagnes entendirent une voix démente et, si des personnes à cheval n'étaient pas intervenues se seraient retrouvés ensevelis sous l'avalanche qui avait été provoquée.

***

Les walkyries avaient emmené bien plus de chevaux qu'elles n'en avaient besoin, pourtant le nombre semblait avoir été choisit avec précaution car elles désignèrent parmi ceux qui s'étaient relevés un nombre égal de personnes que de chevaux en trop. Aucun de ceux qui restèrent ne comprirent pourquoi mais ceux qui étaient appelés se contentaient de baisser la tête et de les suivre sans rien dire, comme s'ils avaient compris quelque chose. La plus jolie des walkyries se pencha au dessus du capitaine, qui loucha fortement sur sa poitrine et lui dit :

-Je suis désolé mais nous ne pouvons pas vous prêter de chevaux pour l'instant, peut être par la suite nous retrouverons nous. Et n'essayez pas de nous arrêter, notre magie nous protège, je suis désolée mais je crains qu'il ne vous faille marcher pendant au moins un mois avant d'atteindre la forêt d'Ardhometh ou bien plus si vous cherchez la mer.
Felicia qui était sûre de ce qu'elle avait vue s'apprêta à objecter mais la walkyrie continua.

-Il s'est passé des choses étranges en Veneha aujourd'hui, et je crois que l'espace d'un instant le monde lui même a oublié toute notion de distance. Allez dans cette direction, vous y trouverez une oasis à moins d'une nuit de marche.

La walkyrie pris la tête du petit groupe qu'elle, ses semblables et les désignés formaient, et sans que quiconque ne pense à réagir le groupe disparu à l'horizon comme emportée par un mirage. Jalina, qui n'était pas sûr de ce qu'elle avait cru voir tourna la tête vers Felicia qui avait le visage marqué par la surprise.

-N'est ce pas Gwaen que j'ai vu marcher à coté de cette homme dans le sable, derrière ces walkyries ?

***

-Le sel va lui brûler la peau pendant quelques secondes et quand elle aura totalement disparue il entamera la chair, les muscles et les os et bientôt nous n'entendront plus le rire dément de ce démon je vous le promet.

Toutes les bougies étaient à nouveaux éteintes et Elenya ne distinguait plus le lycan mais son rire qui avait provoqué une avalanche ne cessait pas. Un éclair, accompagné d'un coup de tonnerre surgit de nul part, frappant juste au pas de la porte où Eilraet aurait du se trouver. Quand le choc fut passé Elenya réalisa que le coup de tonnerre avait mis fin au bruit, réalisant qu'elle était recroquevillé elle se redressa, apaisée. Elle se retourna cherchant les murs du plat de la main. Un nouvel éclair brisa le ciel éclairant une longue rangée de dents et une paire d'yeux qui appartenaient à l'expression enjouée d'Eilraet.

-Il fait sombre ici.

Dit il, avant de s'éloigner si l'on en croyait le son de ses pas, mais Elenya ne croyait plus en rien, sinon en la peur qui lui paralysait les jambes.

-On ne vous a jamais dit que la lumière éloignait les démons ?

Et à peine cela fut il dit qu'une bougie s'alluma, éclairant le visage du lycan. Il plongea la petite flamme au dessus d'une seconde bougie, qui s'alluma elle aussi puis se dirigea vers le petit garçon, lui montrant ses crocs. Le petit, apeuré fit un pas en arrière laissant la place à Eilraet qui alluma la petite lampe accrochée au mur. A l'instant même où la lumière se diffusa dans le chalet la tempête se calma.

-C'est moi qui cuisine.

Annonça t'il se dirigeant vers la cuisine après avoir adressé un clin d'oeil amical à tout le monde.

***

Au coté du Celeste il ne restait plus grand monde, Martel et le capitaine étaient les seuls marins restants et pour l'instant, mis à part Nylhin et Lucy, personne ne s'était relevé des décombres et seuls Felicia, Jalina et Myke étaient sortis indemnes. Ce fut d'ailleurs la voix du gobelin qui se fit entendre, siffleuse et désagréable comme un réveil matin.

-V'nez voir ! V'nez voir bande de larve ! V'nez voir c'qu'ils nous ont fait ces trouffions qui sont partis avec les gonzesses.

Tout le monde se précipita là d'où la voix semblait provenir mais ils eurent beau faire le tour du bateau ils ne virent rien. Une tête, aussi verte que l'aide émergea de la carcasse du navire, aboyant que c'était à l'intérieur que ça ce passait. Tous entrèrent donc pour entrer dans ce qu'il restait de la cantine du bateau et ce qu'ils y virent les firent tous tomber avec violence sur le sable brûlant. Devant eux, des dizaines de cadavres étaient entassés, visiblement morts pour une raison ou une autre, mais ce qui était frappant, c'est que ces corps qui jonchaient le sol, étaient ceux des marins qui étaient partis avec les walkyries.

***

-Vous savez ce que c'est comme démon qui rôde dans le coin ?

Eilraet avait eu du mal à convaincre tout le monde qu'il n'était pas le démon qui leur avait valu tant de peine mais qu'il avait une fois de plus été pris d'une légère folie qui l'avait poussé à agir si bizarrement. « Comprenez moi aussi, j'ai du me battre contre cette montagne pour retrouver Elenya et éviter ce démon c'est normal que j'ai pété les plombs » avait il dit. Mais tout cela était passé, le soleil s'était levé et une douce odeur de chocolat chaud emplissait l'air, annonçant l'arrivée imminente des cookies de leur hôte.

-On ne sait pas. Mais comment fait tu pour ne pas en avoir peur ?

Il se tourna vers Elenya, qui était celle avait posé posé la question et lui adressa un regard empli de la tristesse de quelqu'un qui devait avouer un lourd secret.

-Je suis désolé mais il va falloir que tu partes maintenant, elles vont venir te chercher.

Elenya entendit une nouvelle fois les bruits de sabots, et une magnifique femme aux cheveux blancs descendit de cheval avant d'entrer dans le chalet et de se diriger vers elle. La magicienne, comme les marins était morte, et la jeune femme était venue la chercher. La mère et son fils, intrigués, suivirent la jeune femme jusqu'à la porte de leur maison et, après avoir dit au revoir à Elenya à qui l'on avait donné un cheval, admirèrent pour la première, et certainement la dernière fois, de leur existence éternelle la chevauchée des walkyries.
Dernière édition par Eilraet le ven. sept. 07, 2007 5:42 pm, édité 1 fois.
Vortex
Se prend pour un lutin torse nu
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Messagepar Vortex » mar. févr. 13, 2007 12:39 am

Soupire. Et pourtant aucun souffle pour l'aggrémenter. La non-vie avait certe des avantages évidents, mais il était un âge où il devenait pénible de trouver sujet d'amusement. C'était la situation de Paxen Virlkrieg, vampire érudit, communément appelé sorcier par les habitants de la ville en bas de sa montagne, loin de son manoir... Même le sang avait perdu de son charme, il était toujours si beau, toujours si bon, mais au fil des siècles combien de plus en plus il était devenu amer d'en abuser. Soupire. Soupire. encore un autre soupir. Celui-ci tonne comme un râle, comme si le simple fait de soupirer remplissait le puissant vampire d'un sentiment de déception. Avec une extrème douceur, Pax aspira l'absinthe que contenait son verre, posé sur un tas de feuilles éparses recouvrants son orgue. Il quitta alors le siège devant l'instrument, et sans énergie promena son corps fantômatique dans la pièce pleine de trésors ; des livres anciens, rares, des oeuvres d'arts, des alcools prisés et maints artefacts ou pseudo-artefacts - autant de babioles inutiles, servant à créer une illusion de réalité, une illusion de vérité à son monde vide de toute saveur.

Les longs doigts fins et spectral du vampire vinrent masser sans vigueur le front insensible, alors que ses yeux fermés regardaient le monde au gré de sa pensée, y cherchant désespérément une chose qui pourrait avoir la moindre valeur, le moindre intérêt. Paxen rouvrit les yeux, passa sa paume sur son menton dénué de toute pillosité. Il devait faire quelque chose. Sortir de son manoir, le temps d'un instant. Ça ne changerait pas grand chose, au fond, mais déjà peu lui suffirait pour l'instant. Pour l'une des rares fois qu'il décidait de sortir, qu'il osait dévoiler sa présence à ce monde blafard et sans plus de sens que le reste de son existence obscure. Un air de dégoût accroché au visage, Pax glissa littéralement de sa position à celle tout près de sa grande bibliothèque. Un livre jailli de l'étagère et se posa dans sa main grande ouverte. Le regard d'asbinthe savoura les subtilités hautement esthétiques de la couverture - un dragon noir, un dragon d'or et un dragon rouge se dévorant l'un l'autre le corps d'un air bestial - puis les pages tournèrent d'eux même jusqu'à ce que quelque chose attire le regard du seigneur mort-vivant.

La non-vie pouvait être longue et maussade, si on ne lui trouvait pas quelques assaisonnements habiles... Pax ferma aussitôt le livre, et un manteau de pure ténêbres apparu alors sur lui. Le vampire y glissa l'ouvrage, puis se dirigea sans tarder vers la sortie de son palais.
- Ne laisses personne entrer. lança froidement Pax sur le seuil de
sa porte, ne recevant qu'un bruit d'os comme unique réponse.
Pax regarda la nuit noire... la lune... les étoiles. Rares étaient les défis à son niveau. Rares étaient ceux qui l'intéressaient de quelque façon que ce soit, de toute manière. Mais l'intérêt de cette histoire n'était pas de se dépasser ; Pax ne rêvait même pas qu'une telle chance se présente. Mais il trouverait bien dans ces terres mortes où il allait s'improviser maraud quelques âmes en quête de gloire prête à mener une aventure des plus impromptues. Et puis Pax avait son temps... Il avait tout son temps. Le vampire toisa la lune, et dans un instant de mépris pour cette astre brillant et pourtant inoffensif, le mort se changea en une nuée de chauve-souries beignées de ténêbres... et se perdit dans la nuit noire, en direction du désert. Puissent les gens qu'il déniche se faire apte à surmonter la tâche qu'il s'apprétait à leur proposer... Puissent-t-ils avoir la chance et la force de leur côté... sans quoi la menace du vampire blasé ne serait rien comparée à l'horreur qui leur était réservée...

5 heures plus tard, le soleil se levait et le prince sans-vie posa le pied sur le sol sablonneux, peu motivé à se mouvoir au grand jour, ni à le faire sous-terre (ce qui bien sûr réduirait son champs de vision, il va s'en dire..). Grommelant doucement, à nouveau en forme humanoïde, Paxen Virlkrieg s'enfonça dans le sable pour y trouver un repos jusqu'au retour de al nuit primordiale... dans de nombreuses heures. Et alors... sommeil.

EDIT : et ça continue, parce que j'veux du rp

Dans le sable... Après un repos d'à peine quelques heures, les yeux du seigneur vampire s'ouvrent. Tombent sur la platitude sablonneuse. Tombent sur le néant de l'existence mort-vivante, sur ce sol sans intérêt, sur ce... vide.. Les yeux mi-clos, incapable de retourner à son sommeil sans rêve, Pax regarde le sable s'écouler doucement autour de lui. Il sait qu'au dessus de sa tête le soleil tape si fort que dans le temps de le dire sa peau virerait au rouge s'il daignait s'y promener. Grimaçant à cette idée, bouffi d'orgueil, Paxen enfonce son bras nerveusement sans le sable devant lui, et rapporte aussitôt à sa bouche un large scorpion que sans attendre il dévore. Il en a vu assez déjà... Inutile de perdre son temps pour autre chose que ses qualités croustillantes. Crounch crounch. Plus de scorpion. Malgré les coups de dard, rien n'y fait. On n'empoisonne pas le sang d'un mort. Les minutes s'écoulent. Pax s'emmerde lui même à soupirer à nouveau. Soupirer dans le sable froid, alors qu'à la surface tout crâme.

Et voici le vampire qui murmure, qui tique et jète hâtivement quelques injures à l'adresse de cet astre solaire si exubérant. Pourquoi les étoiles, les lunes, pourquoi la vie et la mort ? Bon dieu de bon sang, rien de cela n'a d'importance, Paxen Virlkrieg n'est pas ici pour se trouver emprisonné dans un cercueil de sable ! DAMN ! Pax émerge du sable, couvert d'un manteau noir à capuche. Et d'un pas vif énonçant un profond inconfort, le vampire geignait et maudissait le ciel de se moquer ainsi de lui, traînant derrière lui une fine traînée de fumée alors qu'il s'évertuait à ne montrer aucun centimètre de peau à cette abjecte étoile de feu. Et le voici donc continuant sa route d'un pas rapide à travers le désert, résolu à y trouver quelque chose de viable avant que le soleil ne se relève le lendemain, et qu'encore il ne doive subir cet insulte.

Et si dans la lumière vive le regard du vampire se fit aveugle, son nez toutefois lorsque la boule de feu s'écarta doucement de son zénith.. sentit l'odeur reconnaissable parmis toute... du sang de l'homme d'âge mûr. 20 kilomètres sud-est. Et hop ! Voici le mort-vivant partit, grimaçant de dégoût et de hâte.
Alecto
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Messagepar Alecto » mer. févr. 14, 2007 9:41 pm

- Bon, on y va ?
- Lucy, attend. Maintenant que tu es Veilleuse, il te faut une arme digne de ce nom. Ton arme. Nous allons te la créer, ensemble. Viens là.

Nylhin avait l'air tellement sérieux et solennel que Lucy n'osa rien demander. Elle avait juste un peu peur. Qu'allait t'il lui demander ? Et si elle n'arrivait tout simplement à rien ?
Impatient, l'elfe sombre attrapa le bras de Lucy pour la forcer à aller plus vite, et mis ses mains dans les siennes. Il ne se passa strictement rien pendant quelques secondes, puis la nouvelle Veilleuse sentit deux vagues d'énergie se heurter dans le cercle que formait leurs bras. La lumière véhiculée par l'énergie devint de plus en plus blanche, de plus en plus intense. Elle prenait forme petit à petit, comme si elle eût été solide. De la chaleur irradiait même de cette concentration. Puis l'intensité de la lumière décroissa rapidement, jusqu'à disparaître. Nylhin libéra les mains de Lucy, et ne put s'empêcher de lâcher un " oh ! ". Tout cela avait été l'affaire d'une minute, deux au plus. Lucy s'aperçut qu'elle avait les yeux fermés. Elle les rouvrit aussitôt et son regard tomba immédiatement sur l'objet qui lévitait devant elle à quelques centimètres du sol, entre elle et l'elfe. Une épée. Son épée. Elle était tout simplement superbe. Entièrement composée de cristal, un cristal gris, mis à part la garde, qui était en argent et en cuir. La lame était très longue et paraissait extrêmement solide. Lucy n'osait la profaner des sa main.

- 'n'a fait du beau boulot j'trouve. Bon, tu la prends ou quoi ..?

Arrachée à sa contemplation, Lucy pris l'objet de sa main gauche; elle était fière de constater qu'elle ne tremblait pas. La garde était parfaitement adaptée à sa main, et son poids était idéal. " Cette épée est faite pour moi. " pensa Lucy, avant de pouffer intérieurement. " Évidemment qu'elle est faite pour moi ! "

Les toiles de la tente s'entrouvrirent, laissant le soleil filtrer à l'intérieur. Un rayon se posa délicatement sur l'épée qui étincela. La tête de Jalina passa par l'entrebaillement des toiles. Elle avait ouvert la bouche pour dire quelque chose, mais elle venait de remarquer l'épée. Ses yeux s'aggrandirent, elle avait l'air visiblement très impressionnée. Sa supplique, débitée à une vitesse hallucinante, confirma son admiration.

- Waaaah ! Alors c'est ça la lumière qu'on a vue tout à l'heure ?! Waa ! Dis, tu men fait une ? Dis, dis ? C'est vrai quoi, j'ai pas d'arme pour de vrai moi ! Hein Lucy, dis hein dis ? "

La pyromancienne tourna les yeux vers Nylhin, interrogatrice.

- Bah tu l'as déjà fait, tu peux recommencer. Maintenant tu sais comment on fait. Allez, j'vous laisse, j'ai envie d'aller faire chier Myke !

L'elfe embrassa rapidement Lucy sur le front et sortit tout aussi précipitement de la tente, laissant son élève seule avec Jalina. Lucy n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. Quelle légèreté, quelle impudence !

- Tu lui as donné un nom à ta merveille ?

Lucy détacha ses yeux de l'entrée de la tente par laquelle Nylhin avait fui, et attacha son regard sur Jalina.

- Grandeur.

C'était le mot qui lui était venu lorsqu'elle avait posé les yeux sur son épée pour la première fois.

- Bon ben, allons y alors... Mais... Tu sais... Je suis mhmmm... Novice...

Jalina trépignait.

- Alors tu veux bien ? Tu entends ça Bobolle ? Elle veut bien ! On commence ?

Lucy prit les mains de Jalina

- Tu dois concentrer ton énergie sur le point situé entre nous deux.

Lucy se sentait vraiment ridicule, à donner des indications comme ça, alors qu'elle n'avait pas la moindre idée de la procédure à suivre. Elle n'avait encore aucune compétence, aucune connaissance de ses capacités en tant que nouvelle Veilleuse. Jalina avait fermé les yeux. Bientôt, Lucy sentit pour la deuxième fois le flux d'énergie si partuculière. Au tressaillement qui parcourait ses bras, elle comprit, elle sentit que Jalina était aussi en phase. L'énergie se concentra et passa de volutes informes à une forme compacte. Une nouvelle épée Veilleuse naissait. Quand la lumière blanche se fut totalement dissipée, Lucy lâcha les mains de Jalina et laissa celle ci prendre possession de sa nouvelle arme. Cette épée était toute en argent, avec sur la garde et le long de la lame des émeraudes scintillantes.

- Waaaw ! C'est incroyable ! Oh, merci Lucy ! Hé Bobolle, comment on va l'appeler ? Quoi ? Ah, ouaiiiis, c'est bien ça ! C'est les émeraudes hein ? Hihi, Lucy, nous te présentons Espérance ! On va la montrer aux autres ! Tu viens !?

La pirate s'élanca hors de la tente, en criant au miracle. Lucy la suivit, Grandeur à la main. Une ombre s'avanca vers elle. C'était Nylhin, qui l'avait attendue quelques mètres plus loin.

- Bien joué.

Lucy, préféra ne rien dire, embrassa rapidement l'elfe sur le front, et, les lèvres pincées, rejoignit le groupe qui s'était formé autour de Jalina.
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Messagepar Arpenteur » jeu. févr. 15, 2007 11:55 am

Un peu plus tôt, avant l'arrivée des Walkyries :

Il ouvrit les yeux. "Etrange, je vis toujours."
Sa pèlerine était en lambeaux. Il se trouvait dans un amoncellement d'échardes et de planches de bois qui s'entremêlaient dans des positions fantaisistes tout autour de lui, mais étrangement, pas en lui. Il était miraculé et, regardant les environs, vit d'autres marins tout aussi étonnés de pouvoir ainsi se réveiller.
Il se leva et chercha les autres survivants. Les marins autour de lui étant apparemment en pleine forme, ils se joignirent à lui pour chercher d'autres survivants de l'accident. C'est ainsi qu'il retrouva ses compagnons d'infortune.
Alors qu'il s'apprêtait à les rejoindre, une apparition fantastique retint l'attention de tous. C'étaient les Walkyries, armée funèbre et magnifique, qui s'avancèrent parmi les rescapés et en choisirent certains pour des raisons connus d'elles seules.

C'est ainsi qu'un visage angélique, cheveux roux, yeux verts, s'adressa au voyageur, avec un sourire à damner un saint :
"Viens...
-Où ça ?
-Tu verras !"
Ce disant, elle lui avait déjà pris la main, et il se laissait faire, se vit monter sur le cheval qu'on lui présentait sans vraiment s'en rendre compte, et commença à voir défiler le paysage... comme dans un rêve... enfin non, pas un rêve, c'était bien trop irréel... le paysage s'accélérait, les couleurs se mélangèrent, tout devint flou, fou, la lumière s'intensifia... on ne voyait plus qu'elle, une lumière blanche, aveuglante, et les chevaux dont les sabots allaient si vite qu'ils semblaient s'unir à la lumière, avec leurs cavaliers et leurs cavalières. Des marins, et des walkyries... Pourtant... La lumière devient insoutenable. Il sent ses forces le quitter. Il sombre dans l'inconscience.

Il se réveille... La lumière est encore plus intense maintenant, mais il l'appréhende différemment. Il en fait partie. Il la sent de partout, elle l'enveloppe, fusionne avec lui. Il réalise qu'il n'a plus de corps, qu'autour de lui les anciens marins ne sont plus que lumières, les walkyries et leurs chevaux ont repris leurs vraies essence : des êtres sans forme, sans matière, encore plus lumineux, parfaits dans leur rayonnement. Il sent confusément, avec un mélange de soulagement et d'angoisse infinie, qu'il est mort, qu'ils sont tous morts.

Devant lui se dressent deux monumentales portes. Il les sent plus qu'il ne les voit, désormais il n'y a plus rien entre lui et le monde réel, il appréhende immédiatement son environnement. Elles sont dorées, montent jusqu'au dessus de la voûte céleste lumineuse, et se perdent de tout côté dans cette éblouissante infinité. Dessus est sculptée l'histoire du monde, racontée dans un langage hiéroglyphique qui s'impose à la compréhension de tous, depuis les premiers Dieux issus du Grand Rien qui se perd dans des brumes insondables à sa gauche, jusqu'aux temps actuels qui sont loin à sa droite, à la limite de sa perception nouvelle, et il ne voit pas si le futur est gravé ou si quelque divine main est à l'oeuvre pour l'écrire. Y a-t-il une fin au battant du côté droit ? S'élargit-il sans cesse ? Y a-t-il quelque chose avant le grand rien ? Sachant que ces questions resteraient sans doute à jamais vaines et sans réponse, il commence à étudier ce qui se trouve directement devant lui. Les battants sont à peine entrouverts, assez cependant pour laisser passer la troupe lumineuse de front et derrière il ne perçoit rien. L'histoire qu'il arrive à lire, juste en face, rappelle de vagues légendes et contes entendus dans sa jeunesse, mais comme s'ils se déroulaient devant ses yeux dans toute leur vérité oubliée, faite de bas faits occultés et de complexité banale. Il comprend alors une partie de l'histoire de son monde, mais à quand remontent ces faits ? Et à quoi correspondent ces autres histoires sans queue ni tête, qui semblent se dérouler dans le même temps car gravées au dessus et au dessous... D'autres mondes ? Peut-être simplement des régions complètement oubliées de celui qu'il connaît. Il ne comprend rien à ces évènements qui ne trouvent aucune résonnance dans sa mémoire.

Une walkyrie à l'aura plus blanche encore que les autres, si c'est possible, s'avance et retient l'attention de tout les marins. Devant l'assistance ébahie, elle prend la parole. D'une pensée douce, elle s'adresse à tous et à chacun :
"Vous êtes tous morts."
Pas de surprise.
"Si nous sommes venus vous chercher, c'est parce que c'est Gorgorbé (et ce mot émana dans tous les esprits en une teinte horrible qu'on n'aurait pas cru possible d'une telle lumière) qui vous maintenait en vie. Cet esprit venu d'au delà de nos territoires, dont la magie nous est obscure et l'histoire gravée si haut sur les portes qu'on n'a pas encore pu l'atteindre, comptait vous faire perdre petit à petit votre âme pour qu'à la fin vous fûtes ses esclaves sans conscience. Il a déjà pu par ce procédé lever des armées à l'intérieur même de celles de ses plus ardents opposants, qui, un jour, virent leurs meilleurs confidents se retourner contre eux, sans que rien ou presque ne le laisse présager. A présent nous connaissons ce danger, et c'est pour cela que nous sommes venus sauver vos âmes, au prix de vos vies terrestres."
Silence. (comment eut-il pu en être autrement ?)
"Derrière ces portes se trouvent le repos, et tout ce qu'on peut vouloir, pour ceux qui y ont droit."
Il sent à ses côtés des marins dont le coeur se réchauffe un peu en contemplant cet espace désespérément vide. Voient-ils quelque chose qu'il ne peut sentir ?
" Veuillez avancer, à présent."

Il fut temps d'entrer. Les walkyries s'alignèrent en deux rangs le long du passage, leur chef se mit au milieu et les marins commencèrent à passer entre elles, délaissant à regret les splendeurs de la porte. Chaque marin s'arrête devant la chef, ils semblent échanger des pensées, ça dure longtemps - mais qu'importe le temps à présent ? - et il voit tous ses anciens compagnons disparaître derrière la porte. Puis vient son tour, par un hasard calculé il est le dernier. Une pensée douce et terrible le pénètre.
"Toi, le voyageur dont la solitude a égaré le nom... Tes pouvoirs sont tels que ta mort a entraîné quarante de tes compagnons dans ta chute."
Cette phrase prend son ampleur dans sa pensée.
"Je ne l'ai pas voulu, il serait injuste de...
-Les concepts de justice appartiennent aux mondes des vivants. Nous n'y pouvons rien, tu es maudit. La mort ne fait que rétablir l'équilibre, à sa manière, avec les âmes de trop que tu as arrachées d'un seul coup."
Il essaya de ne plus penser.
"La porte dorée te sera à jamais fermée. Si tu passes entre les battants, ce ne sont pas des réjouissances éternelles qui t'attendent, mais bien ce que tu peux voir : l'oubli."
Un temps. Son coeur dans un étau en contemplant ce vide.
"En revanche, au vu des circonstances, tu as droit à un choix."
Il fait comme pour relever la tête, où affluent de folles espérances.
"Si tu le souhaites, tu peux retourner chez les vivants. Tu comprendras tout. Tu pourras faire tout, sauf agir. Tu pourras contempler le monde dans toutes ses parties, mais personne ne pourra te contempler. Tes questions n'auront de réponses que les tiennes. La lumière, la matière passeront à travers toi sans que ni toi ni elles ne s'en aperçoivent. Et ce pour l'éternité, sans retour possible."
Sa tête se vida. L'oubli ou l'éternité...

Mais déjà il savait. Plutôt cette omnipotence inutile et maudite qu'un effacement de la réalité. Le néant... cette simple idée l'effrayait à présent au delà du supportable.

"Ta décision est donc prise..."
Il fit signe que oui.
"Pourrais-je au moins reprendre mon nom ?"
Elle fit signe que non.
"Désolé. Contemple bien cet endroit... tu n'y reviendras pas."


***


Depuis le ciel, l'esprit errant observait la vaste forêt qu'il avait survolé peu avant sa mort. Il flottait, volait, planait, courait, aussi vite qu'il le voulait. Il commença à accélérer. Les couleurs autour de lui devinrent floues, comme sur les chevaux des walkyries...
C'était grisant, en quelque sorte. N'était-ce pas ce qu'il avait recherché toute sa vie : pouvoir tout observer, sans être vu, tout voir... Errer à volonté, c'en était sa raison d'être. Mais il songea avec amertume qu'une éternité serait bien suffisante pour s'en lasser. Que faire ? Voir la scène du crash, pour savoir comment se débrouillaient les survivants ?... A quoi bon, après tout : il ne leur serait d'aucun secours.
Gorgorbé l'intriguait, en revanche. Cet être si puissant, venu d'un autre monde, dont la magie restait absconse même pour les walkyries... Après tout, cette magie pourrait peut-être lui permettre de...
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corp avec Alecto

Messagepar Arkan » ven. févr. 16, 2007 11:11 pm

Nylhin et Lucy rejoignirent le groupe qui entourait Jalina, tous contemplatifs devant la lame nouvellement créée, comme sortie de nulle part. Devinant que la pirate avait déjà expliqué le pourquoi de la chose, Nylhin s'approcha d'elle et, d'un geste vif de la main, invita Jalina à lui confier Espérance. Celle-ci, après un temps d'hésitation, le laissa prendre en main son arme. Nylhin la tint à deux mains, et examina attentivement la forme de la lame et du pommeau, et après avoir essayé quelques passes d'arme, il positionna la lame face à lui, et planta son regard dans ses éclats luminescents. Rapidement, l'épée commença à luire d'une lumière blanche légère, captant tous les regards.
Nylhin referma brusquement les paupières, puis planta son regard dans celui de Jalina, en lui tendant sa lame.
"Tu n'es pas Veilleur, tu mettras donc du temps à atteindre une profonde harmonie avec ta lame. Tu va devoir travailler ta concentration et appréhender la conscience d'Espérance pour réussir à la manier comme un Veilleur sait le faire instinctivement. C'est une belle Ame, en tout cas..."

Jalina reprit en main l'épée qui cessa instantanément de luire, et avant qu'elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Nylhin se retourna et emmena Lucy avec lui, la tenant par le coude d'une poigne franche.
Faisant fi des questions de sa compagne, il l'emmena hors de portée des regard, puis se planta devant elle, l'air grave.
"Il y a un problème..."

« Oh, quoi encore ? Y'a toujours des problèmes avec toi, c'est pas vivable ! » Lucy avant l'air vraiment en colère. Nylhin reprit, comme si rien ne l'avait interrompu.

« Bon écoute ma mignonne, on va faire chacun son tour d'accord ? Et comme c'est moi qui ai commencé, je vais continuer. Écoute juste ce que j'ai à te dire, sans m'interrompre, et ensuite tu pourras déverser ta bile sur moi. On fait comme ça ? »
Puis sans attendre de réponse, il continua effectivement.
« Je t'expose les faits : le problème, c'est avec l'épée de la petite nouvelle, Jalina. Comment elle l'a appelée déjà ? Et la tienne au fait ? »

« Grandeur pour la mienne et Espérance pour Jalina. » répondit Lucy d'une voix éteinte. Elle détestait quand son elfe la traitait ainsi, quand il prenait ses airs supérieurs. Dans ces moments là, elle regrettait presque de l'avoir sauvé des cachots tant sa rage contre lui était forte.

« Bon ben, voilà, quand je t'ai... sauvée, j'ai purgé ton corps de l'influence de Gorgorbé... »
« Ça veut dire que je n'aurai plus jamais de crise à son approche ? Mais c'est... »
« Je t'ai demandé de ne pas m'interrompre Lucy. »

Nouvelle vague de regrets. Regards soutenus, animosité contre sérénité.

L’elfe soupira « Ecoute ma belle, par le miracle je t’ai transmis le don et j’ai purifié ton corps, ton sang et ton âme… Mais j’ai senti dans Espérance, cette lame que tu as faîte, un espèce de… résidu. J’ai vu dans le reflet d’ Espérance le pouvoir de Gorgorbé. Je ne sais pas comment, mais le Seigneur au joyau recommence à insuffler son influence en toi…"

Nylhin, qui de tout son discours n'avait pas regardé Lucy, risqua un regard vers elle. Contrairement à ce à quoi il s'attendait, elle avait l'air assez calme, et ce fut d'une voix étonnement blasée qu'elle pris la parole.

"Alors je dois m'attendre à partager encore des... choses avec lui ? Quoi ? "
« Son influence est croissante, et j’ai bien peur que si on ne trouve pas l’origine du lien, ça redevienne comme avant… Réfléchissons… le lien n’est pas en toi, du moins il ne l’est plus, puisque je l’ai détruit… Il serait dans un objet qui… »
Brusquement Nylhin se retourna vers Lucy, et la prit par les épaules.
« Lucy, l’épée… C’est l’épée qui a été habitée par Gorgorbé ! Tu l’as toujours sur toi ! »
"Ou... oui, Ruineflamme, bien sûr mais... tu ne penses quand même pas... "
« Si ! C’est par elle qu’il est lié à toi ! Nous devons la détruire ! Où est-elle ? » L’elfe commença à tâtonner frénétiquement la ceinture de Lucy, à la recherche de la lame maudite.
" Non mais qu'est ce que tu crois que tu fais là ?! Tu y touches pas ! "
Lucy commença à se débattre, d'abord faiblement, puis de plus en plus violemment au fur et à mesure que l'elfe sombre persévérait dans ses recherches. Finalement, Lucy repoussa Nylhin de toutes ses forces, étrangement plus puissante que d'habitude, et Nylhin, surpris, resta sans bouger.
"Arrête ça tout de suite Nylhin. Je ne plaisante pas, il faudra d'abord me passer sur le corps pour prendre mon épée."
Elle avait l'air vraiment différente, à parler ainsi, à menacer Nylhin, et sa voix était soudainement plus rauque.
"Ecoute Lucy, je vois pas pourquoi tu t'attaches encore ainsi à cette arme, elle te corrompt, il faut la détruire! Je ne veux pas d'un autre massacre !"

" Je t'ai dis de ne PAS Y TOUCHER ! Lâche moi immédiatement ! Laisse moi tranquille, laisse nous tranquilles ! Tu ne l'auras pas, inutile de t'acharner mon pauvre ami !"
Sur ce, Lucy tenta un pas de côté, fit mine de rejoindre le groupe. Elle sentit Nylhin bouger dans son dos, et se retourna juste comme l'elfe lui sautait lestement dessus. Ils roulèrent sur quelques mètres dans le sable, Nylhin sentant la rage de Gorgorbé émaner du corps de Lucy.
Ils s'immobilisèrent enfin, Nylhin en bien mauvaise position, les genoux de Lucy sur la poitrine.
L'Hybride planta son regard dans celui, fou, de Lucy.
"Ce ne sont pas tes yeux..."
Nylhin repoussa violemment Lucy de ses mains et réussi à se dégager.
Les deux aimés étaient à quatre mètres de distance, et le regard glacial de Nylhin se confrontait, profond, avec celui flamboyant de Lucy. Quelques secondes passèrent dans le silence des vents du désert, bientôt brisé par la voix froide de Nylhin: "Très bien... s'il n'y a plus que ce moyen..."
Un tintement cristallin aigu retentit dans l'air chaud.
Pardon était dégainée.

Suivant l'exemple de Nylhin, Lucy dégaina Ruineflamme du fourreau caché derrière sa taille, de sa main gauche. La lame maudite était parcourue de flammes noires, à l'image des pupilles ébènes de sa porteuse possédée.
Nylhin, les sourcils légèrements froncés et le regard dur, se mit en garde. -Tu n'as aucune chance, Lucy...
-Ah oui ?
D'un mouvement léger de sa main droite, la pyromancienne projeta un filet de flammes quelques mètres derrière elle, qui revint porteur de Grandeur.
Ses deux lames en main, Lucy laissa un sourire sardonique étirer ses lèvres.
Elle s'approcha de quelques pas de Nylhin, et fit glisser le fil de Ruineflamme le long de Pardon, les deux energies contraires confrontées faisant scintiller l'air d'étincelles sifflantes.
"Assez!" Nylhin repoussa Ruineflamme vers la droite d'un geste énergique et fit faire à Pardon un arc de cercle vif en direction de la garde de Ruineflamme. La tentative pour désarçonner Lucy fut déviée par Grandeur, coinçant Pardon entre les deux armes de la pyromancienne. Un coup de pied puissant de Lucy projeta l'elfe noir déséquilibré dans le sable brûlant.
Le veilleur se releva a temps pour esquiver une double attaque verticale mortelle en une pirouette agile. Si les lames n'avaient pas atteint leur cible, l'aura noire de Ruineflamme brûla l'épaule de Nylhin. L'Hybride poussa un rugissement énervé et s'élança en un bond à plusieurs mètres de hauteur, faisant tournoyer Pardon qui rencontra en un bruit strident les deux lames de Lucy portées en parade. Le choc fit s'enfonçer la pyromancienne dans le sable, et laissa les deux opposants étourdis, immobiles dans leur confrontation muette. Soudain, Ruineflamme et Grandeur se mirent à vibrer violemment, leurs auras opposées ne supportant pas la proximité de leurs lames. Etonnée, Lucy s'écarta en une parade de Nylhin, et ses deux lames s'écartèrent l'une de l'autre dès que la pression de Pardon fut relâchée.
Nylhin sourit malgré lui.
"Pauvre idiote, tes deux lames ont des auras contraires d'une puissance que tu n'imagines pas, se battre avec ces armes réunies est contre-nature, ça relève du suicide !"
"FOUTAISES !"
Lucy, comme enragée, se rua sur Nylhin et l'attaqua frénétiquement. Nylhin esquivait et parait comme il pouvait tous les assauts, mais la rapidité surnaturelle de Lucy le faisait douter d'une issue favorable de ce duel. Cependant, un détail retint son attention dans les attaques de Lucy: ses lames contraires ne se touchaient jamais, elles se repoussaient mutuellement et celà désequilibrait légèrement ses assauts.
Profitant d'un de ces déséquilibres, l'elfe sombre pu percer la garde de la pyromancienne et lui assenner un puissant coup de poing dans le ventre. Le souffle court, Lucy fut pliée en deux par la douleur. Là, l'elfe sombre lâcha Pardon, et prit de ses mains nues les deux lames de Lucy, les forçants à se rapprocher l'une de l'autre. Y mettant toutes ses forces, il réussi à les faire se toucher.
L'air se craquela d'étincelles noires et blanches, et les deux lames furent projetées violemment à plusieurs mètres de distance.
Lucy, désarçonnée et désenvoûtée, se laissa choir dans le sable, vidée de ses forces. Nylhin, désormais certain de sa victoire, se précipita sur Ruineflamme, qui reposait, inoffensive sur le sable. Il appuya son pied sur la garde, faisant ainsi dépasser la lame du sable, et projeta de toutes ses forces encore restantes Pardon contre l'arme maudite.
Un craquement sinistre éclata dans l'air brûlant, une aura sombre s'éparpillant en éclairs luminescents dans la brise du désert...

* * *

Martel était inquiet, il cherchait Nylhin depuis longtemps dans les ruines du bateau. Le groupe s'apprêtait à partir, et ce jeunot ne pensait qu'à flânner dans le désert avec sa petite amie, c'était vraiment immature et l'elfe allait passer un sale quart d'heure. Le veilleur cherchait dans la coque du défunt Céleste un quelconque indice quand il entendit
"Hey le vieux, je veux bien un coup de main... " Martel se retourna et vit Nylhin, portant Lucy dans ses bras, tous deux couverts de sable. L'elfe sombre saignait d'une brûlure à l'épaule et de quelques entailles légères et Lucy semblait à bout de forces, ayant juste l'énergie de garder les yeux ouverts.
"Mais qu'est ce que vous avez fait ?!"
Nylhin sourit faiblement "Je crois qu'il va falloir faire une civière, le temps que la demoiselle reprenne des forces... J'ai pas été tendre il faut dire, et se faire exorciser est très fatiguant, surtout quand on l'a été si longtemps... Enfin bref, allons-y"
Sur ce, Nylhin continua son chemin en direction du groupe, Lucy toujours dans les bras, un Martel largué sur les talons.
Jalina
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Messagepar Jalina » dim. févr. 18, 2007 11:49 pm

Le groupe s’était tut à l’arrivée de Nylhin, les questions restaient coincées dans les gorges et les regards interrogatifs obtenaient, pour seule réponse, un haussement d’épaules désolé de la part de Martel. Au bout d’un moment relativement long passé sous le soleil brûlant, Jalina commença à s’impatienter.
-Bon… On ne peut se permettre de rester ici une minutes de plus… Alors tout le monde au travail, on empaquette tous ce qu’on a avec les morceaux de toile qu’on a récupéré et on fait un brancard pour transporter Lucy. Et surtout, n’oubliez pas de vous couvrir le plus possible ! Marcher sous ce soleil est presque du suicide mais avec ou sans vous moi je m’en vais !
Sur ces mots, la jeune femme commença à emballer la part de vivre et d’eau qui lui avait été assignée et chacun de tarda pas à faire de même. Un bon quart d’heure plus tard ils furent prêts à partir…

Ils avaient pris la direction indiquée par les walkyries et s’étaient tous enroulé dans de grands pans de voile, leur donnant une apparence fantomatique. Le groupe réduit désormais à sept personnes, un chien démon et un goberin était silencieux et souffrait en silence. Ils ne pipaient mot, économisant leur salive, les yeux fixés sur les traces de celui l’ayant précédé. Félicia ouvrait la marche et régulièrement elle s’envolait pour essayer de discerner leur point d’arrivée.
Elle ne l’avait pas vu durant la première partie de leur marche, la plus éprouvante… Ils avaient du escalader des dunes de sable fin et brûlant, fondant sous leur pas les faisant glisser et tomber. A chaque pas ils avaient l’impression de descendre plus qu’ils ne montaient et leurs chutes régulières avait fait rentrer du sable dans leur vêtement, qui collait à leur sueur et les démangeait comme jamais. Pourtant, après une énième dune escaladée, le sable avait laissé place à une étendue caillouteuse s’étendant à perte de vue et seule la chaleur troublait le paysage sans fin. Du moins pour les voyageurs à pied car Félicia, en s’envolant fréquemment, les guidait vers l’oasis qu’elle apercevait désormais.

La nuit commençait à tomber sur le désert lorsqu’ils atteignirent un petit coin de verdure perdu au milieu de nulle part. Une herbe verte et bien grasse, quelques palmiers et d’autres arbres inconnus poussaient autour d’un petit lac, offrant un ombre et une fraîcheur accueillante après l’enfer de l’après-midi.
Martel et Nylhin déposèrent délicatement Lucy au sol, à l’ombre d’un grand arbre dont ils ignoraient le nom et entreprirent comme le reste du petit groupe d’aller se rafraîchir.
Le camp ne tarda pas à être monté et chacun s’organisa, avec les morceaux de voile on avait fait des tentes, on avait ramassé du bois pour faire un feu.

L’infatigable gobelin et son tout aussi infatigable et démoniaque compagnon étaient parti en quête de quelques gibiers potentiels. Félicia parlait avec le capitaine du Céleste qui avait réussi à sauver quelque unes de ses cartes et essayaient de se situer. Martel était parti se reposer, il avait réussi à faire bonne figure toute la journée mais le don qu’il avait fait au jeune elfe le matin ne l’avait pas laissé indemne. Nylhin veillait sur Lucy qui dormait toujours. Et Jalina était assise en tailleur, les yeux fermés face au désert, Espérance posée sur ses genoux. Elle voulait faire le vide dans son esprit pour se concentrer uniquement sur sa précieuse lame pour tenter d’appréhender la conscience de celle-ci comme le lui avait conseillé l’elfe dans la journée. Même Bobolle, d’habitude si bavard, se taisait comprenant l’importance de ce qu’accomplissait sa compagne.
Peu à peu Jalina écarta de son esprit toutes les pensées n’ayant rien à faire là. Il lui semblait qu’elle voyageait au cœur même de sa conscience à la recherche d’un lieu totalement vide de pensée. Elle ne sentait plus ce qu’il se passait au tour d’elle, seul comptait le poids d’Espérance sur ses genoux et l’immensité tumultueuse de son propre esprit.

Le temps passait, Myke était revenu bredouille mais pas découragé, et chacun s’activait dorénavant à préparer un repas… On remplissait gourdes et casseroles, pendant que d’autres allumait une flambée suffisante pour les réchauffer, car si les journées étaient brûlantes, les nuit apparaissaient glaciales. Le groupe s’apprêtait à cuisiner leurs quelques vivres lorsqu’un aboiement sonore les interpella. Le jeune gobelin partit voir et il ne tarda pas à revenir en courant, ameutant toute la petite troupe.
-Pour sûr qu’Sam c’est un bon chien ! Viendez voir s’qui nous a dégotté l’aut’ zigoto là !

Autour du petit feu de camp tout redevint bientôt silencieux. Jalina n’avait pas bronché et Nylhin passait doucement un linge humide sur le visage de sa compagne. Même s’il n’en laissait rien paraître, il était inquiet. Il espérait que la jeune veilleuse allait être remise rapidement. Il l’avait fait boire régulièrement pendant la marche en la réveillant à peine et chaque fois ça avait été un peu plus fastidieux. La jeune femme semblait s’être plongée dans un profond sommeil sans rêve, qu’il espérait réparateur.
Il abandonna la contemplation de Lucy pour diriger son regard vers les braises qu’il remuait doucement avec un long bâton. Le rougeoiement des brandons le fascinait et l’apaisait malgré la peur instinctive qu’il ressentait face à un tel phénomène.

Malgré toute la maîtrise de soi qu’il avait, le jeune veilleur sursauta lorsqu’un cri s’éleva dans l’air frais du crépuscule. Jalina s’était relevée, son épée gisant au sol et elle toussait et tremblait comme quelqu’un qui a faillit se noyer. L’elfe soucieux malgré son air impassible s’approcha en demandant si ça allait.
La jeune femme, encore sous le coup de l’émotion, le regarda d’abord terrifiée avant de le reconnaître et de se jeter dans ses bras en pleurant.
Nylhin totalement incrédule se crispa et lui tapota maladroitement le dos en attendant qu’elle se calme. Au bout d’un moment très long du point de vue du vampire, les sanglots de Jalina s’estompèrent, tout comme les soubresauts de sa poitrine et elle s’écarta doucement du corps du veilleur en s’excusant. D’un geste rapide, elle essuya les dernières traces de larmes présentes sur son visage et tenta se s’expliquer, la voix encore tremblante.
-Je suis désolée, j’ai paniqué… Mais je ne pensais pas qu’essayer de rentrer en… en communion avec Espérance aurait un tel effet.
Elle fit une pause, le temps de se ressaisir encore, sa voix s’étant fait de plus en plus vibrante, et elle en profita pour flatter, d’une main tremblante, Bobolle venu la réconforter.
-Mais, que s’est-il passé ? Demanda doucement le jeune elfe.
-Je… je ne sais pas bien. Je vidais mon esprit, évacuant peu à peu toutes mes pensées et au moment même où j’ai réussi, tout s’est transformé… J’ai eu plein de… flashes. Des images ont envahit ma tête défilant à une vitesse incroyable. C’était terrifiant et très douloureux, je n’avais jusqu’alors, jamais rien connu de semblable… Tout est aller trop vite pour que je me souvienne de ce que j’ai vu, mais quoi que ce soit… Ce n’est rien de bon.
Jalina frissonna fortement et même la proximité des flammes ne parvenait pas à la réchauffer.
-Comment va-t-elle ? Demanda-t-elle soudain en désignant Lucy du regard. Nylhin soupira.
-Je l’ignore et c’est bien ça qui m’inquiète. Je ne suis même plus sûr que le fait de détruire l’emprise qu’avait Gorgorbé sur elle n’a pas laissé des séquelles. Surtout que j’aurais du le prévoir ! Elle était affaiblie, sa presque mort, sa transformation en veilleuse, les épées…
-Nyl’ je te vois venir, et je t’arrête tout de suite. Ce n’est pas de ta faute. Et si Lucy ne va pas mieux demain, nous trouverons une solution. Si Bobolle peut détruire une marque de Gorgorbé, il pourra bien faire quelque chose ! Enfin espérons… Termina-t-elle si bas que l’elfe ne pu l’entendre. En attendant, reprit-elle, je te propose une petit combat pour régler ton petit problème d’épée. Je te laisse Espérance et Pardon, je prends Courroux !
Le veilleur hocha la tête et ils s’éloignèrent un peu du camp.
-Pourquoi veux-tu que je prenne Espérance ? C’est ton épée, tu devais t’en servir.
-Je sais, dit-elle avec un petit sourire énigmatique, mais tu comprendras bientôt.

Sur ses quelques mots, ils se mirent en garde. Nylhin débuta par une passe d’arme dont il avait l’habitude que Jalina para avec facilité avant de contre attaquer. Le combat continua ainsi, attaque parade et contre attaque, rien de bien extraordinaire pourtant…
A chaque fois que Courroux et Pardon s’entrechoquaient, des étincelles éclairaient les visages concentrés des deux adversaires, l’intensité de la lumière allant en décroissant. Nylhin augmentait la difficulté du combat au fur et à mesure de son avancée, usant de techniques plus compliquées, donnant un peu plus de force et de rapidité dans ses attaques. Pourtant, il avait beau faire toutes les feintes qu’il connaissait, la jeune femme parvenait à parer chacune d’elles, comme si elle les connaissait déjà par cœur. L’elfe gardait malgré tout l’avantage, l’expérience, sa constitution et ses deux lames jouant en défaveur de Jalina si bien qu’il finit par la désarmer, non sans avoir peiné à le faire.

La jeune femme poussa un cri ravit en se redressant après avoir ramassé Courroux tombée au sol et remercia vivement l’elfe en récupérant Espérance. Elle essuya son front humide de sueur avec la manche de sa chemise tout en reprenant son souffle, le veilleur ne semblait pas ressentir les effets de la fatigue.
-Ce fut un combat des plus enrichissant ! Dit-elle avec joie. Grâce à toi, je vais désormais pouvoir me servir d’Espérance comme il se doit.
-Comment ça ‘désormais’ ? Si j’en juge à ton niveau tu te bats déjà très bien, tu étais tout à fait digne de tenir une épée comme la tienne.
-Laisse moi te détromper… Mon niveau est plus proche du rien que de ce que tu viens de voir là… Je m’améliore doucement au cour des combats, mais donne moi une épée qui n’a jamais servit et je te garanti qu’au bout de la troisième passe je suis désarmée en revanche donne moi l’épée d’un soldat vétéran et là je te garanti que le combat n’a plus de secret pour moi…
-Tu es entrain de dire que… ton niveau dépend uniquement des épées que tu as en main ?
-Exactement ! Paf en plein dans le mille ! Si je t’ai tenu tête si longtemps c’est parce qu’en ayant Courroux en main, je détenais aussi toutes les techniques de combats dont tu t’es servit avec elle. Et ne me demande pas pourquoi ! Je l’ignore, c’est comme ça, c’est tout…

Lorsque la jeune femme releva sa tête, qu’elle avait baissée au fur et à mesure de la conversation, elle aperçut tout le groupe réunit autour d’eux, qui semble-t-il, avait suivit un bout du combat et leur conversation. Un peu plus loin, on pouvait voir, cuisant au dessus des flammes un beau morceau de viande.
Vortex
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Messagepar Vortex » lun. févr. 19, 2007 11:48 pm

Excellent. Un groupe de voyageurs. Sûrement ces gens étaient-ils égarés, à en juger par le ratio d'hommes et de rations. Hypothèse des plus fondée que ce groupe semblait compter quelques blessés. Pax observa doucement sans faire le moindre bruit, telle une ombre parmis les ténêbres au dessus de la dune. À nouveau la lune s'était levée haute, et éclairait les plaines ensablées de son doux halo... Chose qui agaçait Paxen, il fallait le dire. Si bien des vampires appréciaient cet astre porteur de nuit, l'érudit mort-vivant n'en avait que pour l'obscurité, et considérait que cette lune ne faisait que souiller la pureté des abysses nocturnes...

Faisant cliqueter ses longs ongles ensemble, le seigneur gothique se perdit dans ses pensées. Devant lui, en bas de la dune, des gens se battaient avec des épées aux propriétés lumineuses. Des veilleurs ? Tient donc, ce pourrait être fort intéressant. Pax rédoutait avant tout être tombé sur des faibles qui n'arrivent même pas à faire trois pas dans l'endroit où il voulait les emener. Ce serait groscier, vulgaire, déplorable ! Avoir à faire tout le travail soi même. Et quel travail ! Ce serait d'un ridicule... Non. Non. Il y avait des veilleurs. Et le sang de ces individus était chaud, du sang fort pour des gens forts. Pax esquissa un vague sourire, tout en retenu. Et sans dire un mot, l'air un rien snob, majestueux dans son long manteau noir encre, Paxen Virlkrieg s'approcha, émergeant des ténêbres pour laisser son regard vert absinthe percer le noir ambiant pour se creuser un chemin jusqu'aux coeurs de ces mortels... Ne pas trop s'approcher du feu de camp. Petit caprice vampiresque. Grande et frêle silhouette sordide aux yeux d'émeraude, Pax attira l'attention générale du groupe de sa voix taciturne mais ho combien charismatique, surnaturelle et exquise.

- N'est-ce pas une belle nuit, voyageurs ?
Silence. Pax s'approche encore de quelques pas, assez pour que la lumière du feu de camp ne jète sa clarté sur son visage blanc comme neige.
- Il me fait plaisir de vous avoir trouvé...
Sans gêne, le vampire pose son regard tour à tour sur chacun des membres de l'expédition, comme si par ce geste il assimilait l'essence de chacun d'entre eux, puis poursuit, alors qu'une fraction de seconde ses yeux brillent un peu plus fort..
- Mon nom est Pax dit-il en accentuant le "sss" du x. Et j'ai un marché à vous proposer...
Désinvolte mais visiblement un rien ennuyé, Paxen se tint droit, attendant la réponse des gens devant lui...

[Désolé pour la taille des posts, j'y vais au strict nécessaire ^...^]
Dernière édition par Vortex le mar. févr. 20, 2007 11:38 pm, édité 1 fois.
Eilraet
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Messagepar Eilraet » mar. févr. 20, 2007 10:51 pm

C'est pendant de longs et succulents mois qu'Eilraet resta dans ce petit chalet en haut de la montagne. Ou peut être étaient ce quelques minutes ? Enfin, peut importe.

Durant son séjour il eu tout le temps de conter ses aventures, et la mère ponctuait les nombreux récits du tavernier sous une avalanche de pâtisseries toutes plus délicieuses les unes que les autres. Pourtant si il est une chose à retenir de tout cela c'était que ce que dame savait faire le mieux, c'était les cookies, dont l'odeur et la chaleur glissaient directement des papilles et narines vers le coeur, le faisant bondir de joie, ou parfois même effectuer un triple saut arrière suivis de quelques autres pirouettes. Pour faire simple, ces cookies étaient plutôt bons.

C'est alors que le chocolat commençait à peine à fondre, libérant son arôme riche en sourires et euphories qu'Eilraet décida qu'il était temps pour lui de reprendre la route. C'est donc armé d'un baluchon, d'un sandwich au fromage et d'un concombre que le tavernier fit ses adieux, aussi bien aux locataires qu'à la demeure et aux pâtisseries.

Tantôt marchant, tantôt glissant, tantôt trébuchant, Eilraet n'eut pas de difficultés pour se remettre en chemin. C'est donc le coeur plus léger que l'estomac que le tavernier rencontra, dissimulé derrière un buisson, un petit chemin de terre. Sachant, et cela avec conviction, que chaque chemin menait à sa destination, le lycan se dit que celui ci le conduirait certainement en Ardhonmeth.

Le pauvre tavernier fut alors, et par deux fois victime, si l'on peut réellement dire ainsi, d'un étrange phénomène qui depuis tout temps a su étonné plus d'un étourdie. Ce phénomène qui fait qu'en déambulant au hasard vous arrivez plus vite en un lieu que vous ne faites le trajet du retour, cette fois ci en prenant bien garde à vous orienter le mieux possible, ce curieux phénomène donc, fut particulièrement malicieux avec Eilraet à qui il fallut un certain moment avant de se rendre compte à quel point cette situation n'était pas logique.

C'est donc cheminant aléatoirement, éclairé par quelques étoiles, qu'il se perdit. Mais, comme il est dit plus haut, cela fut de manière singulière ! C'est donc avec une incroyable précision que le tavernier s'égara, pour au final ne pas se retrouver n'importe où. Et, peut être certains d'entre vous connaissent ces moments si particuliers où l'on ne cesse de marcher sans même réaliser que nos pieds nous entrainent dans leur route, mais toujours est il qu'Eilraet ne réalisa même pas l'étrangeté du fait de se trouver dans ce n'importe où si particulier. En quelques minutes à peine, il était arrivé tout près de l'endroit où se trouvait le reste du groupe, qui quelques instants plus tôt était à plusieurs jours de marche.

Particulièrement enjoué par cette retrouvaille il attrapa son courage de ses deux mains et l'agita comme un étendard, puis réalisa que son baluchon serait bien plus pratique pour cette action. C'est finalement, agitant un concombre comme un épée et hurlant du rire à tous ceux qui voulaient bien l'entendre qu'Eilraet se précipita, au pas de course, vers ceux qu'il regrettait d'avoir quittés. Hors il se trouve que l'instant précédent Pax le vampire avait annoncé son arrivée, attirant tous les regards, c'est donc une poignée de personnes, toutes debout et le visage tourné dans la même direction qui se retournèrent d'un mouvement commun en direction du lycan.

Le lycan et le vampire furent tous deux accueillis chaleureusement et si certains membres du groupe s'empressèrent de demander de ses nouvelles au tavernier d'autres s'intéressèrent de plus près au vampire, et se fut Felicia qui demanda :
-Quel est donc ce marfée... euh marché pardon, dont vous nous parliez il y a peu ?

Une pièce en or vint à glisser de la veste d'Eilraet, qui confia son baluchon, plein de cookies en réalité, son sandwich et son concombre au gobelin, lui annonçant qu'il en avait pour quelques instants. Il chercha donc à travers les grains de sable une trace de sa pièce qu'au final il ne tarda pas à retrouver. C'est en se baissant pour la reprendre qu'il aperçu une fourmi gambadant sur le sol, et il la suivis pendant quelques instants, avant de la voir se faire dévorer par un scorpion, qu'il suivis à son tour avant de le voir se faire engloutir par un corbeau qui passait par là. Puis c'est là qu'il réalisa que cet étrange phénomène dont il est fait allusion plus haut c'était produit pour la seconde fois, il s'était perdu, et cela signifie qu'il était à présent devant les portes de la citée d'Ardhonmeth.
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Messagepar Vortex » jeu. févr. 22, 2007 12:41 am

Un loup-garou ? Tient donc. Ça expliquait l'odeur. Ces gens n'avaient certe pas l'air trop nerveux, c'était bon signe. Pax observa le groupe un instant avant de répondre à la demoiselle qui lui avait parlé. De bons vivants, inéluctablement. Pas le genre de gens avec qui le vampire pourrait se mêler facilement, pensait-il, avant de se rappeler qu'il avait du mal à se mêler à qui que ce soit. Hummm lâcha t-il, avant de s'adresser à Félicia, ainsi qu'à tous ceux qui voudraient bien l'écouter sur ce coup.
- Ce que j'ai à vous proposer, mes chers, n'est rien de moins que la fortune et la gloire. Sans parler du fait que les habitants du désert vous seront des plus reconnaissants de les avoir débarassé d'une angence du type que je vous propose... Du coup, ces personnes n'auront nul problème à sustenter vos estomacs, et à vous guider vers la sortie de ce désert. Alors, intéressés ?

Voyons ! Bien sûr qu'ils étaient intéressés ! Si ce n'était pas de la soif de richesse et de renommé, ce serait l'orgueil et l'instinct de survie qui prendraient la place. Un moyen si facile de sortir de cet enfer ardent aux nuits glaciales, accentué d'un guide dont l'appartenance vampirique n'était pas à prouver. Pax prit place sur le sol froid et sortit de son manteau le livre qu'il avait prit dans sa bibliothèque. L'ouvrit à la bonne page, et montra au groupe la créature légendaire qu'ils auraient à affronter, s'ils acceptaient le défi... Un dragon. Et un vieux ! Rien de moins. Pax émit un sourire. Car aussi impressionant que la bête était son trésor ; une grotte pleine de diamants... Certaines données toutefois étaient manquantes, et vraissemblablement bien peu d'individus s'étaient même rendu jusqu'à la créature. À vrai dire, même Pax ne pouvait qu'hypothèser sur l'âge réel de la bête. Sûrement dans les 250-350 ans... Ce qui ferait....
- Hahum... À votre nombre, si vous avez pleine confiance en vos capacités de combat et que vous ne craignez pas d'affronter la mort en face, alors je crois que vous avez une chance de vaincre ce monstre. Son âge doit tourner dans les 150-200 ans, alors je doute qu'il ai atteint la maturité nécessaire pour utiliser ses pouvoirs à leur plein potentiel.
Petit mensonge, ne pas effrayer les potentiels acteurs du spectacle orquestré par le vampire. Car en effet, d'un premier coup d'oeil, les chances de ces individus étaient assez mineures... Mais qui sait. Autant être pessimiste de prime abord et être couvert de bonnes surprises que de commencer tout de suite à rêvasser. Et si ça se gâtait, peut-être pour l'effort pourrait-il en sauver un ou deux.... Qui sait là encore... N'était-ce pas en coup de tête que le mort avait élaboré ce plan ? Il en serait autant de son déroulement. Le vampire ferma le livre et regarda les autres, terre-à-terre. Il retint alors un soupire, tenté de tout laisser tomber...
et puis zut, tant pis, trop tard pour ça.
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Messagepar Querdal » jeu. févr. 22, 2007 11:22 pm

Myke, qui était assis auprès du feu, une pelote de laine d'un rose mièvre, dénichée dans les décombres du navire avant le départ, plantée sur son oreille gauche, tricotait une sorte de petite chaussette à la taille du goberin, qui pourtant grandissait à vive allure. Quand Paxen eut fini son petit discours fait à l'attroupement de voyageurs, le gobelin déposa son ouvrage sur ses jambes croisées et tourna la tête vers le vampire. Personne ne dit rien pendant quelques dizaines de secondes : ils réfléchissaient à la proposition qui leur avait été faite. Myke fut le premier à prendre la parole : il se mit debout, prenant dans une main ses aiguilles et la chaussette à moitié terminée. Il fit quelques pas en direction du nouveau venu, et lui dit :
"Mon grand... M'est avis qu'ta proposition, bien que sans l'doute faite aek une bonne intention, n'est pas d'l'acceptable. Euch' dragon, là, m'a l'air bien sympa, mais nous autres avons nos affaires, 'faut pas qu'on traîne. C'est qu'j'ai des supérieurs, moi, qui vont finir par s'impatienter si on pète pas la tronche au Gorgor rapidement. Trouve-toi une autre bande de zouaves pour aller titiller l'anus à ton dragonneau, nous c'est notre job."
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Messagepar Querdal » sam. mars 03, 2007 6:25 pm

L’AVOCAT : L’Espée ne vous sied point autant que la plumeau, ma bonne amie. Reprenez raison, et retournez au logis ; retrouvez mari, mouflets, casseroles et maisonnée, et cessez de raisonner en vain, je vous en conjure ! (elle sort) Hein… Il ne manquerait plus que cette espèce de bonne femme se mêle de nos affaires d’hommes !

KY : (entre à nouveau, une épée à la main, et tranche la tête de l’homme de loi) Vous seriez bien avisé, Monsieur, de prétendre maintenant que l’épée point ne me sied ! Du loup j’ai l’ardeur, de Kaiser je tiens ma force, de Ky j’ai le nom et le reste ! Suivez-moi ! Allons délivrer Nantes des griffes de ces chiennes et harpies !

SOLDATS : Hugh !

Cette jeune femme intrépide et culottée n’était autre que Ky Liberty, dont le nom se teinte sans doute aujourd’hui de bravoure et de fierté dans vos oreilles. Paysanne de sa naissance, elle avait la frimousse couverte de taches de rousseur, un petit nez retroussé et des yeux pétillants de malice ; elle portait ses longs cheveux d’un roux terne et passé en catogan. Voilà pas plus d’une semaine, elle fut prise de visions étranges alors qu’elle travaillait aux champs sous un soleil de plomb : un grand être de lumière se présenta à elle sous le nom de Quetzalcóatl, dieu du soleil (qu’on appelait aussi Kaiser, par chez elle). L’être divin révéla à Ky qu’une ville du nom de Nantes, située dans un petit pays au Nord-Est, aux portes du vaste désert d’Orûl, venait d’être prise d’assaut par une vaste armée de farouches guerrières amazones. Cette occupation faisait ombre à Sa grandeur — pour d’obscures raisons —, et Il l’avait choisie — (bis) connues de lui seul — pour aller délivrer la capitale intercontinentale de la draperie et des Conneries (une friandise de production locale).
« Mais comment, enfin ?! Je ne suis qu’une pauvre paysanne sans nom, sans argent, sans armes… Et puis, mes parents ont grand besoin de moi pour la moisson cette année ! »
L’apparition ordonna à la jeunette d’abandonner séance tenante son ouvrage et de se rendre à la ville pour rassembler des hommes, les armer et les mener à la libération de Nantes. Le soir-même, Ky quitta la maison où elle avait grandi, baluchon sur l’épaule et les larmes de ses parents derrière elle. Elle voyagea sans chapeau malgré le cagnard insupportable, afin de laisser le soin à son protecteur de guider son chemin.
En deux jours elle fut à la ville, où elle demanda la caserne. A la caserne, elle expliqua en peu de mots l’objet de sa venue. On rit d’elle et on la jeta dehors, de même que les deux fois où elle revint à la charge. On consentit ensuite à la confier à l’asile de fous. Là, elle expliqua sa mission divine aux autres patients, qui manifestèrent leur enthousiasme en s’insurgeant contre le personnel soignant. La rébellion fut réprimée dans le sang par la police, et Ky fut jetée en prison. Sans se départir de sa motivation ni de sa foi, à nouveau la jeune femme monta ses co-détenus contre les infidèles à l’ordre solaire. Cette fois la rébellion menée par elle porta ses fruits, et si nombre d’évadés remercièrent chaudement Ky avant de s’éparpiller par la ville, un bon quart d’entre eux poussèrent la reconnaissance jusqu’à lui jurer allégeance dans sa juste quête.
Forte de cette quinzaine d’hommes, Ky alla quérir l’aide amicale de plusieurs armuriers, dont deux trouvèrent malheureusement la mort. Puis elle revint à la caserne pour se rappeler au bon souvenir de celui qui l’avait accueillie lors de ses premières visites, qu’elle tua. Une grande partie des hommes s’entraînant dans les bâtiments fut convaincue par son discours, mais l’un des réticents alla prévenir le colonel en charge de la caserne. Celui-ci, dans le but de conserver ses soldats sous son égide, parla très fort puis insulta tour à tour Ky et les hommes. Lassée, Ky défia le colonel en combat singulier, quand l’un des hommes acquis à sa cause proposa plutôt de se référer à l’avis de la justice, et pour cela de demander l’avis d’un cousin à lui, avocat de son métier, qui vivait non loin de là. On fit mander le cousin, qui bientôt arriva en robe noire et cravate, et engagea la conversation dont vous avez, je crois, pris connaissance un peu plus tôt ( :!: écrite en cours :P). Le colonel mit alors genou à terre, et jura allégeance à Ky Liberty.

Ky se rendit ensuite dans les trois autres casernes de la ville et de ses alentours, où elle eut moins d’ennuis que dans la première, grâce à ses nouvelles recrues qui surent convaincre leurs camarades. Il apparut bientôt qu’elle était à la tête d’une armée de trois cent têtes dûment paquetées et prêtes à en découdre. Tous trépignaient à la seule idée de se mesurer à ces amazones qui, disait-on, ravageaient Nantes et sa région. Il importait qu’on se mette en route rapidement, si l’on voulait empêcher le fléau de s’étendre.



Dérimachéia se leva de son trône, fit les cent pas un instant, puis se rassit. Elle se frotta le front de la paume de la main, comme prise d’une migraine.
« Quel ennui ! » cria-t-elle soudain en renversant la tête. Sa voix lui revint en écho, pour toute réponse : il n’y avait personne d’autre qu’elle-même, dans cette salle du trône improvisée dans un palais de justice saccagé.
Cette salle concentrait tout ce qu’elle pouvait exécrer en terme de décoration intérieure, et son utilité même la dégoûtait au plus haut point : un bâtiment à la gloire de la justice des hommes, à la gloire de la paix sédentaire et de la quiétude citadine. Une très jeune femme passa sa tête puis tout le corps dans l’embrasure de la double-porte centrale :
« Vous m’avez demandée, ma Reine ? s’enquit-elle d’un ton timide.
– Non, Dérinoé… Je pestais contre l’ennui qui seul nous assaille depuis une semaine. C’est à se demander si nous ne sommes pas devenus sédentaires, ou même des hommes. Où sont-ils, les adversaires, hein ? Où sont-ils, ces féroces mâles qui devaient pleuvoir sur nous dès qu’ils apprendraient la nouvelle de la prise de cette ville pourrie ?
– Ma Reine, ils rassemblent sans doute leurs forces en vue d’un assaut majeur…
– Nous sommes des amazones ! renchérit la en armure sans prendre la peine de répondre à son interlocutrice. Nous sommes LES Amazones ! Une amazone ne vit que par et pour le combat, par et pour le sang des mâles méprisants et bientôt suppliants ! Nous n’avons rien à faire dans cette ville, tu n’as rien à faire hors de ton armure, mon cul n’a rien à faire sur ce trône de mâle ! »
Dérimachéia se leva, rageuse, et envoya un coup de pied dans le dossier en pierre qui vola en éclats.
« Notre défunte Reine Penthésilée aurait honte de nous. Les mille femmes qui dans cette ville déjà s’endorment d’ennui ne sont rien hors d’une bataille ; JE VEUX UNE BATAILLE, m’entends-tu ?! J’en veux une, maintenant ! Nous partons ! Nous attaquerons Atlanta au petit jour ! Dérimachéia gagna l’entrée de la salle à grands pas.
– Mais, mais enfin… balbutia Dérinoé, perpétuellement dépassée par le caractère de sa nouvelle Reine.
– Que dis-tu, apprentie ? »
Dérimachéia serrait les dents, ses yeux lançaient des éclairs tandis qu’elle dominait la jeune femme de toute sa hauteur.
« Je… Non, rien ma Reine. Je vais prévenir les troupes.
– Attends, Dérinoé, fit la Reine d’un ton soudainement adouci alors que son apprentie s’était déjà retournée dans le couloir menant aux quartiers des guerrières.
– Oui… ? Que puis-je ? »
Dérimachéia lui passa un bras dans le dos, et la ramena contre elle pour l’embrasser fougueusement, longuement, explorant sa bouche de sa langue sans tabous. Après une longue minute de se baiser intense, dans le silence du tribunal délabré, la reine repoussa doucement Dérinoé et lui souffla à l’oreille :
« Va, maintenant. »

La nouvelle avait rapidement gagné tous les postes de garde sur les remparts : on allait très bientôt repartir en guerre, on allait reprendre les armes en direction d’Atlanta, morceau autrement plus conséquent que cette petite pointure qu’était Nantes : l’attaque avait été menée de nuit, et la résistance avait été bien molle, sans saveur. L’apport de prisonniers mâles et de fillettes à éduquer avait toutefois été important, mais il ne fallait plus se reposer sur ses lauriers : il était temps de sentir à nouveau le sang couler à flots sur ses bras, et les supplications chevrotantes chanter dans l’oreille.
« Hey, Thermodossa ! Tu rêvasses ? T’as la mine de quelqu’une qui sent le sang à l’horizon !
– C’est bien ça, Mam’zelle. J’ai soif de voir tous ces émanchés à la pointe de mon glaive !
– Haha ! On n’en attend pas moins de toi, ma grande ! Gare à Thermodossa, les mecs, vous allez manger !
– Ne me dis pas que t’as pas envie de leur faire frire les oreilles dans leur pisse, toi aussi ?!
– Oh, sûr que si, même si je ne l’aurais pas tourné si joliment !
– Gaffe, v’là la patronne. »
Les conversations se turent sur le rempart, tandis que le pas lent et assuré de Dérimachéia gravissait les marches menant au sommet des murs.
« Bien ! fit-elle en frappant dans ses mains, parvenue en haut ; je vois que vos paquetages sont prêts… Il semble que ma décision m’ait précédé. Je ne vois pas ce qui peut bien nous retenir encore dans ce trou à rats, mes amies : prenons le large, prenons le glaive, prenons la vie… Amazones, avec moi ! conclut-elle en brandissant son propre glaive vers le ciel, accompagnée par la clameur de ses sujets, ravies de quitter Nantes après une semaine de ferme ennui, passée à attendre un assaillant qui ne venait pas. La clameur ne déclina pas, gagna la rue en contrebas, et fut soutenue par les lances que les guerrières frappaient en rythme sur le sol.
– Nous partons dans trois minutes. Ouvrez les portes ! »
A peine avait-elle dit ces mots, que les guerrières s’emparaient de leur paquetage attendant à leurs côtés, et gagnaient les escaliers pour se rassembler dans la rue avec les autres.
« Regardez ! clama une voix seule dans le tumulte ; puis, plus fort : regardez, là-bas sur l’horizon au Sud ! »
La cohue ralentit sa précipitation, et les regards se tournèrent dans la direction indiquée. Une bande noire caractéristique commençait de se distinguer au travers de la brume.
« Est-ce une inondation ? demanda Dérimachéia d’un ton égal.
– Nous sommes fort loin des côtes ma Reine, répondit Dérinoé, et puis il n’a pas plu depuis notre arrivée ici.
– Est-ce une caravane de marchands ?
– Trop étendue, ma Reine !
Le silence régnait maintenant sur le rempart.
– Est-ce autre chose ?
– Ça dépend autre chose que quoi, » hasarda Termodossa d’une voix tremblante d’excitation.
La Reine des Amazones s’approcha du bord du mur, glissa sa main sur la fesse d’une de ses guerrières, puis pris appui sur les créneaux. Après un instant d’impassivité, une expression de plaisir cruel, un large sourire carnassier se dessina sur son visage.
« Aux armes, mes sœurs. »
Un rugissement terrible s’éleva comme une seule voix de la cité tremblante par avance du sang des fous qui oseraient les défier. Des hommes, sans doute…



:!: Nota Bene : une vie de gobelin dure environ, disons, 30% moins longtemps qu’une vie d’homme…

Jalina, Lucy, le Capitaine et Myke, accompagnés de Sam et du goberin (perché alternativement sur le dos ou la tête de Sam, ou sur l’épaule de Myke), marchaient seuls depuis deux nuits dans le désert, afin d’éviter la chaleur écrasante du jour. Enfin, ce choix n’était pas forcément le meilleur, car la nuit était frigorifique en ce lieu, et les journées passées à dormir sous leur bout de voile étaient proprement étouffantes. De plus, leurs provisions s’amenuisaient dangereusement (heureusement que Sam n’avait pas besoin de manger ; il n’était pas non plus fatigué par la marche, et ni le froid ni la chaleur ne l’affectaient), ils n’avaient plus rencontré d’autre oasis, et conserver leur direction s’avérait difficile sans l’aide de Felicia. Myke était au désespoir : il en allait de sa réputation, de manger comme le plus immonde des porcs de basse-cour, mais la pénurie imminente de nourriture l’obligeait à se sustenter avec parcimonie, sans répandre des bouts de nourriture tout autour de lui ni s’étaler de la sauce sur la bouche et sur les doigts. Malgré ce grand malheur, il savait conserver sa bonne humeur habituelle :
« Raaaaaaaaah, mais j’en ai marre !! Ca m’bouffe, moi ça ! Comment vous pouvez piquer l’somme avec tout c’sable qui vous rent’ par tous les trous ?! Et purée d’purée, ‘fait si chaud qu’on en cuirait une pintade sous la bâche !
– MYKE ! rugit Jalina, exaspérée ; tu vas la fermer, un peu oui ?! On essaye de dormir, nous, et même si on a chaud, même si on a faim, même si on a le sable, qui, euh… bref, on arriverait quand même à dormir si t’étais pas si CHIANT, à brailler tout le temps comme un goret à l’abattoir !
– Arrête, te m’donnes faim didon.
– Elle a raison, Myke : t’es lourd, renchérit Lucy en se résignant à se redresser de sa position allongée. Y’a guère qu’un gobelin pour être aussi casse-pieds, franchement !
Sam aboya pour manifester son approbation.
– Ouais, on n’avait pas besoin d’un enquiquineur pareil pour zigouiller l’Gorgor !
Myke se raidit, piqué au fif. Lucy jeta un regard bardé d’éclairs à Jalina.
– Euh… Non, enfin, j’voulais pas dire ça…
– Tu l’as dit, pourtant, remarqua Lucy
– Bouffy.
– Pourtant.
– Nan, Bouffy ! C’est Bouffy qu’on dit, c’est vrai !
– Pourtant n’est pas Bouffy qui veut. »
Le silence se fit pendant un instant, chacun essayant de comprendre le sens de la phrase de Lucy, ainsi que Lucy elle-même. Puis tout le monde éclata de rire (dont un rire de gobelin qui ressemblait au caquètement d’une poule, un de chien-démon et un autre de goberin — ces deux derniers se contentant de suivre sans comprendre — il est bon de le noter), et cela détendit l’atmosphère. Tous renoncèrent à dormir pour le moment, et la conversation dériva sur des choses et d’autres, avant que Jalina ne pose la question qui la taraudait depuis un moment :
« Mais pour y revenir, Myke… Sans vouloir que tu ne le prennes mal : pourquoi es-tu venu dans cette aventure ? D’où viens-tu ?
– C’est vrai, à y réfléchir, on ne sait rien de toi : tu ne parles jamais de ce qui t’es arrivé avant que tu ne tombes du ciel sur Kalito, le jour de son retour à la Taverne.
Myke se renfrogna légèrement, hésitant à parler librement. Lucy ajouta :
– Je crois que tu as dit que tu avais été envoyé par quelqu’un, pour nous aider… Et que tu faisais partie d’une armée, les… Cloportes Décadents, c’est ça ?
– Les Cohortes Purulentes, murmura Myke.
– C’est ça !
– Eh bien, c’est quoi cette affaire ? Tu t’es fait j’ter ? »
Myke se mit debout, et tourna le dos à ses compagnes de voyage ; étant donnée sa petite taille, il était seul à pouvoir tenir debout dans la tente improvisée avec le débris de voile et les quatre piquets récupérés dans l’épave. Sam vint glisser sa tête sous la main de son compagnon, et la tourna vers lui d’un air interrogateur.
« C’est que j’faisais partie des Cohortes depuis tout minot. Matricule quatre cent douze de la huitième surinade. Fidel IX not’ bon roi nous commandait, et a mené nos lances cont’ l’ennemi à bien des r’prises. On était la fierté du pays, c’était chouette quand on rentrait, on était montés en triomphe pour nos victoires. Pis les copains rentraient chez eux, ek leurs gobelines et leurs gobelineaux, ou chez leurs vioques, pour les plus jeunes. Moi… j’rentrais à l’orphelinat. Ma bien trist’ maison, où y’avait point personne pour m’faire des câlins et des bisous. On avait la même soupe et l’même plumard que l’voisin, tout bien carré et pas un poil qui dépasse. Point d’tendresse, non ça jamais… »
Myke se retourna pour voir quelle tête faisaient les deux jeunes femmes à l’évocation de son histoire : attentives, mais tristes et pleines de pitié. Il n’aimait pas ça. Le gobelin écrasa une grosse larme coulant sur sa joue, puis s’assit et reprit son récit, le nez pointant vers le sol.
« Pis un jour, un jour j’ai pu quitter l’bercail. Ha, ça j’étais heureux croyez-moi ! C’est que j’me voyais déjà avec ma minette dans ma chaumière, pis travailler, pis élever la marmaille. ‘Faut savoir que si j’m’étais engagé dans les Cohortes, c’était pour gratter le pactole et pouvoir m’offrir ma bicoque et m’trouver un job dès ma sortie de l’orphelinat. Ca, oui j’étais jeune, pour être soldat, mais ça n’comptait pas pour moi. Au bout d’un moment, ça comptait pas non plus pour les copains : les plus jeunes qui rentrent dans l’armée ont onze ou douze ans, moi j’en avais huit, mais j’ai prouvé qu’j’en voulais, et j’me suis fait accepter, à force. J’ai eu la chance de bien me sortir de toutes les batailles, et c’est comme ça qu’j’en suis arrivé au jour où j’ai pu quitter c’te connerie d’orphelinat. Ma tirelire suffisait à me payer une cabane en ruine dans la périphérie d’Natacha (c’est not’ville, une ville de gobelins, capitale de Fidel IX), j’m’en suis pas privé, et j’comptais commencer le boulot le lendemain, puis me trouver une louloute, tout ça… Mais sur le chemin que j’prenais pour aller r’mettre ma démission à l’armée, ‘m’est arrivé un truc… Un truc sensass’. »
Myke avala sa salive, puis s’allongea, évitant toujours de croiser le regard de ses auditrices. Le goberin vint s’asseoir sur son torse menu pour écouter avec une expression très attentive, bien qu’il ne devait pas comprendre grand chose. (Il mesurait maintenant treize bons centimètres, et sa peau avait viré à un vert plus foncé)
« Le Coigneux, un bougre d’animal, une sale bête qui m’avait fait des misères pendant mon service, m’attira dans un coin sombre et alors… J’me souviens pu de grand chose. Un signe, des points et des traits… (Myke plissa les yeux) arrangés un peu… comme ça… »
Il esquissa quelques traits dans l’air, puis ralentit ses mouvements, baissa lentement les bras, se passa une main sur le visage, se frotta les tempes, le crâne, se frappa la joue, puis se tint le cou en chancelant et crachotant, comme si il était sur le point de s’étrangler avec un morceau de nourriture.
« La… Le… Ici, là… Aaaaarrrgl… Non… Non pas lui ! »
Ses propos et ses gestes incohérents affolèrent Lucy et Jalina, qui vinrent à son secours pour maîtriser ses bras devenus fous, et le calmer. C’est quand Sam lui mordit le bras que Myke sembla retrouver ses esprits, mais resta nerveux.
« Il faut pas… Nan, ‘faut pas que je pense à… (il ferma les yeux très fort) à c’TRUC ! Ce signe, cette chose horrible qui s’dessine dans ma tête quand j’y pense. C’est l’horreur même, c’te bête-là. Un arrangement qui paraîtrait bien anodin à tout l’chacun, mais qui moi m’donne des suées pas possibles. Là, ça va, j’ai fait que l’imaginer. Mais quand je le vois… Bigre, on n’me tient pu. On m’a mis à l’asile une fois pour ça, pis des docs on voulu m’confronter directement à ma peur pour l’éliminer. Ça leur a fait bien du tort, y’en a un qu’est mort et l’autre ne veut pu revoir un gob, tout compté qu’il en soit un. »
Myke regarda autour de lui, semblant soudainement reconnaître les lieux, et se rappela de l’histoire qu’il était en train de raconter, laquelle il reprit où il l’avait laissée.
« Là où mes souvenirs reprennent le pas su’ l’noir, c’est quand je suis en haut d’un bâtiment, j’ai en main une arme dont j’connais même pas l’nom, un truc bien gros qu’a semble-t-il bien d’la puissance. Devant moi y’a huit gobs dont cinq m’ont tout l’air outrepassés. Les trois autres voient qu’j’ai l’air tout penaud avec mon canardeur à la main, ils me sautent dessus et m’assomment. J’me réveille en prison… On m’apprend que ch’chu là pour avoir zigouillé trois hauts dignitaires proches du roi, et tenté d’me faire le roi aussi. Au passage, j’ai descendu une vingtaine de gardes. Paraît qu’j’ai bataillé comme une bête, qu’ils pouvaient rien faire contre moi, on m’reconnaissait pu. C’est pas que j’défouraillais dans tous les sens sans chercher de quoi ni qui, non non : je l’avais dit plusieurs fois, je voulais me faire le roi, et ses conseillers pourquoi pas. Mais moi… non, je m’en souvenais pas. J’ai jamais rien eu à lui reprocher, à Fidel IX, c’est bon roi ça c’est sûr, même si j’l’ai bien sûr jamais bien connu. Je sais pô c’qu’il s’est passé, sinon que le Coigneur est son fouitre-queue de signe kabbalistique y sont pour quequ’chose. Mais même c’te sale tête de nœuds, je vois pas c’qu’il pouvait avoir contre le roi, qui l’avait quand même élevé caporal. J’ai raconté tout ça à qui voulait l’entendre, sauf que personne écoutait, ils faisaient rien qu’à s’fout’ de moi, et prenaient les paris sur le temps qu’y m’restait avant mon rencart avec le couperet, ou pire.
– Tu as été jugé ? demanda Jalina d’une petite voix.
– Ouais, c’est même étonnant qu’ils aient pris c’te peine. Y’avait moult témoins, des preuves à foison, et puis mon aveu de me souvenir du moment où les bonhommes m’ont flanqué à terre. J’leur ai parlé du Coigneur, mais ils s’en foutaient. Semble qu’il ait quitté l’pays pour qui sait quoi que d’où. Le roi était là, pendant le procès. Y m’regardait froidement, comme une sale bête, une bête qu’y vaut mieux écraser du talon au plus vite. C’est un r’gard qui fait mal, ça croyez-moi. Le juge en a eu sa claque de mes jérémiades, il a voulu des aveux, des vrais. Il a d’mandé la… (Myke baissa la tête, et dit presque douloureusement) la torture.
« J’chu resté en tôle encore un jour avant qu’ils m’emmènent à la salle des tortures de la prison royale, qu’on appelait « les Fournaises ». Un endroit bien peu charmant, si vous voulez m’n avis. une ancienne forge d’armurier, dans les sous-sols du palais, qu’on avait aménagée pour donner la douleur d’une aut’ manière. Dès que j’chu entré dans les Fournaises, j’ai r’connu le cadre. Y’avait des images qu’étaient gravées dans ma tête depuis mes premières secondes d’existence, qui sont remontées en bloc. Vous savez, les petiots d’gobelin se font font pas comme ceux des hommes : la mère porte son marmot dans un œuf qu’elle porte dans son ventre, et quand le bon jour approche, l’œuf s’approche de la membrane avant du ventre, et finit pa’l’percer. Le ventre d’la mère se referme sur l’instant, et y reste au minot à briser s’n œuf. Le gobelin y sait marcher, voir et penser dès ses premières secondes, c’est pas comme le couillu d’môme de zomm, qu’attend ses trois ans pour gambader tout seul. Enfin, si le p’tit d’gob sait marcher, c’est une grande question… Comme on naît avec notre tête entière et de taille définitive, y’a guère que le corps qui grandit. Donc au début on a une tête énorme et un corps minuscule, et c’est pas terrible pour l’équilibre. Le corps du gobelin arrête point d’grandir tout du long d’sa vie. Moi, ça va, j’commence à bien m’proportionner, hmm ? Non ? Bon, bref… Ma mère avait fait d’pas bien belles choses, avait fini en prison pis en salle de tortures… Ici, aux Fournaises. Elle portait mon œuf, et la douleur a precipité c’qui doit point êt’ précipité. Moi et ma coquille on est sortit du ventre d’la maman alors qu’elle hurlait tout c’qu’elle avait, ma coquille s’est brisée par terre, et j’ouvrais les yeux alors qu’ma mère fermait les siens pour pu les rouvrir. J’ai pu croiser l’regard d’ma maman qu’une couille de z’gonde, et j’chais même pas si elle était pas d’jà morte. C’est qu’y m’a manqué, ce regard-là… Ouais, c’était l’premier jour de ma vie, mais pas l’meilleur… Enfin, allez savoir si y’en eu un de bon. »
Myke pleurait. D’abord, il avait essayé de le cacher, puis en s’abandonnant dans son récit, il avait laissé sortir ce qui sortait si rarement. Ecroulé dans les bras de Lucy, le gobelin était agité de hoquets et de sanglots. Sam vint timidement lui lécher la joue en un geste réconfortant. Jalina, elle, préférait rester un peu à l’écart. Cette scène dura un moment, et seul bougeait parfois Myke, tremblant ou essayant de se ressaisir. Puis il se redressa, essuya ses larmes du revers de son bras, et reprit son récit, d’un ton plus lent :
« C’est donc ces images-là qui m’sont rev’nues alors que j’entrais dans les Fournaises. Z’imaginez bien que ça m’a pas fait tout le bien. Le Roi était là, ek sa reine, et y m’fixait toujours de ct’œil pas bien copain. On m’a mit sur une table d’la façon que l’coupl’ royal me voie bien, d’même que toute leur clique rassemblée là. ‘core une fois, j’me perds là dans mon récit, pasqueuh mes souv’nirs soint point bien clairs. Je sais que j’avais mal, ça oui bien mal. J’avais ma douleur et celle de ma pauv’ mère, morte sur la même tabl’ plus d’treize ans plus tôt. Et deux douleurs des Fournaises, ça fait lourd à porter pour un seul gob. Je sais aussi que j’ai revu le signe. Ça m’a fait partir en vrille, ça. J’me suis libéré d’la table, et j’ai déchiré la tronche à un bourreau et deux courtisans. Ça, bien sûr j’m’en souviens pas, on me l’a dit. Pis je crois aussi qu’j’ai vu le Coigneur, mais j’chu pu sûr de rien, c’était pt’ête un bout d’mon délire, où pt’ête pas j’saurais point dire. Quand ils ont réussi à me refoutre sur la table, pieds et mains ferrés, le roi leur a dit que ça suffisait, il leur a dit d’arrêter. Y’s ont pas compris, personne a compris, mais y’s ont obéis. C’est qu’on bringue pas ek les ordres du roi.
– Tu sais pourquoi il a fait ça ? Le roi, je veux dire ?
– Non, j’l’ai jamais su et j’le saurai pt’être jamais. Des aveux j’crois qu’j’en ai point fait, donc on m’a remis en cellule. Quand j’ai été calmé, le roi est v’nu m’voir en personne. Les gardes en rev’naient pas, didon : tu m’étonnes, le roi qui rend visite au fiston qu’a essayer d’lui sapparder la blâtre… Il a d’mandé à c’qu’on soit seul, et il m’a posé plein de questions… Des questions sur le Coigneur, pis sur le signe qui m’fait peur. J’ai pas su répondre à la plupart, il avait l’ai déçu. Mais surtout son regard avait changé : y m’regardait comme la victime du truc. J’étais largué, j’vous dit. Y’avait pu dans ses yeux le mépris, la colère, la haine que j’y trouvais avant. Ils étaient devenus… bienveillants, c’est ça bienvaillants. Avant qu’il s’en aille, j’lui ai dit :
« – C’est pas moi, M’sieur l’roi… C’est pas moi, hein qu’ai voulu vous tuer, j’y suis pour rien !
« Il a encore sourit, pis avant de sortir, il m’a dit :
« – Je sais bien, Myke. Fais attention à toi. »
Myke se tourna tour à tour vers Jalina puis vers Lucy avant de leur demander :
« Vous y comprenez quequ’chose, vous ?!
– Non, répondirent-elles toutes deux après un temps.
– Ça m’aurait étonné, aussi. Ben c’est qu’il est rev’nu plusieurs fois m’voir, not’ Fidel IX, mais bientôt il a du arrêter, pasqueuh ça grognait à la cour comme quoi le roi fréquentait ses pires ennemis et les criminels plus que ses amis. Y n’s’agissait que d’moi, hein mais ça faisait jaser. Il est pu v’nu. Mais j’avais des lettres, où il m’disait que le juge voulait m’couper la tête, et qu’il l’en avait empêcher. Il voulait m’faire relâcher, mais l’peuple y aurait rien compris à l’affaire, il aurait eu l’air d’un fou qui gracie ceux qui veulent le tuer. Au final, il était point roi sur son prop’ trône, dans son prop’ pays. Sa popularité passait avant ses décisions, fussent-elles du meilleur grain.
– Alors toi, qu’es-tu devenu ?
– Il a réussi à me faire faire seulement deux ans d’prison. C’était ridicule, pour une tentative de roiticide. J’y suis resté un an en fait, et à ma sortie on m’a collé à l’asile pour tenter d’me faire passer les crises que j’avais eu une ou deux fois en cellule. Vous savez c’que ça a donné. Quod j’chu sorti d’là, j’savais pas trop c’que j’pourrais faire du rest’ de ma vie : ma trombine était connue partout, personne voudrait engager un criminel qu’avait, pensait-on, bénéficié d’l’incompétence d’la justice. La bicoque que j’avais eu pour mon pactole de l’armée avait été redonnée à un couple d’jeunots, j’avais pu d’place à moi, point d’av’nir… Y m’avait tout bouffé, ç’salaud d’Coigneux, pour peu qu’ce soit à lui que j’doive en vouloir. Et puis ç’jour-là, alors que j’étais tout con assis sur un banc, nulle part où aller, où manger, ou coucher… Un p’tit bonhomme est v’nu m’voir, et m’a dm’andé si j’étais bien Myke. Sûr, que j’lui dis ! Qu’est-ce qu’on m’veut ? – Oh, moi rien ! qu’y m’fait. Mais j’ai une lettre pour vous. J’ai sitôt pris sa lettre que l’môme est d’ja reparti. Là d’dans j’apprends une heure et un endroit où aller si je n’ai rien de prévu dans les prochains mois, et rien contre l’aventure. On me demande de venir seul. Ahah ! Ek qui voudriez donc que j’vienne ?!
« J’y suis allé. Là, on m’a dit qu’on avait une mission pour moi, une mission émanant du roi lui-même. J’avais été soi-disant choisi pour mes états de service dans les Cohortes Purulentes, mais j’savais bien qu’y avait aut’chose là-dessous. Quequ’chose en rapport aek c’que le roi n’voulait pas me dire, ce qu’il savait et c’que je n’savais pas. Le mystère autour du Coigneur, du signe, de la tentative de meurtre… Si y’avait un rapport avec la présente mission, ça j’en savais rien, mais j’ai pas eu le temps de me poser les questions, encore moins de me les poser.
« J’ai accepté sans savoir de quoi l’était question. Puis on m’a expliqué le truc en deux mots, on m’a présenté mes équipiers : une belle bande de bras cassés, je sentais qu’y’s allaient me plaire. Y’en a qui ont lâché prématurément, d’autres qui sont arrivés en route, mais voilà, sur le peloton de départ ils avaient vu juste. On n’avait pas le temps de papoter, ils m’ont envoyé sur-le-champ. Mais quand je dis « envoyer », c’est au sens propre… Les gob, c’est assez frustre hein, au niveau des techniques discrètes d’envoi d’agents spéciaux en mission. Voilà donc, deux minutes plus tard, j’étais sur le dos du piaf à brailler comme une huître pour le faire aller plus vite.
Lucy esquissa un sourire :
– Je me souviens de ça…
– Mais dis-moi, Myke, dit Jalina après un temps, d’un ton songeur ; tu nous as tant parlé de ton roi, Fidel IX… A quoi ressemble-t-il au juste ?
– Oh, il a la prestance d’un roi, ça c’est sûr ! Il doit bien avoir quarante ans maintenant, donc il est très grand, peut-être un mètre quarante, et puis les oreilles et le nez moins grands que moi. Il a beaucoup de cheveux, qu’il porte longs et blancs sous sa couronne. Oooooh, une bien belle couronne, ça j’vous l’dis, foi de purulent… C’est tout comme son habit qu’est point laid, et son Qrrl_toq, une jolie bête au poil soyeux…
– Un… kwirel-toque ? le stoppa Lucy ; qu’est-ce que c’est que ça ?
– Les hommes ont des chevaux, nous autres gobs on a des Qrrl_toq. C’est pas exactement la même chose. Celui du roi s’appelle Galabru, si j’me trompe point… Ah, et aussi une voix… Comment dire ?
– Alastor ! Ce pourrait-il qu’ils soient là-dessous ?
– Voilà, voilà, comme ça ! Une voix d’ce genre là ! Une voix de roi, c’est tout comme ! »
Myke regarda alors autour de lui, intrigué.
« Mais, mais donc… Qui qu’c’est donc qu’a parlé ? »
Bruit mat de quelqu’un qui met pied à terre. Une ombre se dessina sur la toile blanche tendue autour d’eux. Une silhouette fine et trapue, surmontée de deux épaisses antennes, à peu près de la forme des oreilles de Myke. Une main aux longs doigts noueux et verts se glissa sous la toile pour la soulever, mais ceci déséquilibra le fragile édifice, les piquets tombèrent dans le sable, et la bâche leur retomba sur le nez.
« Eh bien, jeunes gens ! Sortez donc, ne vous faites pas prier ! »
Myke, Jalina, Lucy, Sam et le goberin se débattirent un moment avec la toile de tente improvisée en essayant de s’en sortir. Ce fut Jalina qui put, la première, sortir la tête à l’air libre, et lever les yeux vers ce qui la laissait dans l’ombre. Elle essaya de dire quelque chose, mais seul un hoquet sortit. Sans se détourner, elle appela :
« My… Myke ! Tu… Tu peux venir, s’il te plaît ?
– Quoiiiiiiiii ??? Où çaaaaaaaaa ??? T’es où ?! J’te vois paaaaaaaaas !!! »
Des rires montèrent de la foule rassemblée devant la tente. Des rires aux consonances très diverses, des plus aigus et caquetants aux plus graves et caverneux, mais tous semblaient se moquer, hilares, de Myke combattant avec rage contre la voile déchirée. Enfin, il parvint à se tirer du traquenard tendu par la voile perfide, et sa tête vint se coller à côté de celle de Jalina, suivi par celle de Lucy, puis de Sam et enfin le goberin vint s’asseoir sur l’épaule de Lucy. Les yeux levés vers le ciel, ils ne disaient mots.
Au-dessus d’eux, Fidel IX en costume royal, perché sur Galabru son fidèle Qrrl_toq, leur accordait un regard bienveillant et patient. Derrière lui, quatre autres Qrrl_toq fouillaient le sable de leurs groins, à la recherche d’éventuelles friandises. Ces grosses bêtes ressemblaient à des mammouths très courts sur pattes, au dos rond, à la tête proche du sol, garnie de deux petits yeux noirs, d’un gros groin humide et de deux énormes cornes en forme de tires-bouchons coniques. Leur fourrure était épaisse et allait en dégradés du noir au gris, visiblement chaude et lourde mais malgré cela, ils ne semblaient pas incommodés par la chaleur. L’une de ces montures n’était occupée par personne, mais son propriétaire était sans doute le grand gobelin mince qui avait soulevé la voile, et qui se trouvait maintenant à côté d’eux. Derrière cette première ligne de cinq Qrrl_toq, les dunes de sable étaient couvertes par une gigantesque armée de gobelins, tous armés et vêtus pour la guerre.
« Les enfants, cette scène est charmante, fit remarquer le roi Fidel dans un sourire, mais les Cohortes ne sont pas réputées pour leur patience à l’aube de la bataille…
Myke avala sa salive.
– Les… hmm, les Cohortes, Vot’ Altesse ? Les… les Purulentes, j’veux dire, celles-là ?
– Evidemment, Myke… répondit le Roi d’un ton tranquille, content de son petit effet. Les surinades quatrième, cinquième, huitième, dixième, onzième et quatorzième.
– Oh ben ça… Ça, ben ça alors… Si j’avais su…
– Qu’aurais-tu fait si tu avais su, Myke ?
– Bon, mon Roi, j’aurais dit : « Oh, ben didon ! Y’a bien neuf cents gobelins d’la pire espèce, neuf cents des bouffeurs de zouaves les plus féroces d’la Création qui vont v’nir nous filer un coup d’main ! Crénon d’crénon, si j’avais su ! » »
La voix de Myke résonnait sur le désert silencieux. L’armée entière éclata d’un rire franc, qui dura jusqu’à ce que le Roi ne fasse le silence en levant la main droite, face à ses guerriers. Il la baissa, puis se tourna à nouveau vers le demi-groupe d’aventuriers :
« Mille, Myke. Nous sommes mille. J’ai pensé que cela ne serait pas de trop pour venir à bout de notre ennemi commun. Ce fut une grave erreur, de t’envoyer seul pour cette mission, fus-tu accompagné de tes amis. Non que je doute de tes capacités, au contraire, mais je doute encore moins de ses capacités, à lui. Eh bien, consentez-vous à nous accompagner ? »
Les voyageurs se répartirent sur les dos des Qrrl_toq, en compagnie de leurs propriétaires. Fidel voulu prendre Myke avec lui, mais celui-ci préféra rester fidèle à Sam, s’il fallait que monture il ait. C’est donc Jalina qui prit place derrière le Roi, et Lucy accompagna Alastor, le grand maigre. Le goberin tint absolument à demeurer sur le groin de Galabru, calé entre ses deux yeux impassibles. Alors que l’énorme caravane allait se remettre en branle, on gigota soudainement sous la bâche.
« Mhmmmgnâah !!… Mais, mais c’est QUOI, ÇA ???
– Le Capitaine ! » s’exclamèrent en chœur Jalina, Lucy et Myke.
Le Capitaine du défunt Céleste, qui avait le sommeil lourd, avait dormi profondément tout ce temps, et n’avait été réveillé ni par la longue déclaration de Myke, ni par l’arrivée de l’armée gobeline, ni par la chute de la toile, si bien que les trois voyageurs l’avaient un peu oublié…
« Cap’taine Haddock ! glapit Myke en se précipitant sur la forme qui s’agitait sous la toile. Cap’taine Haddock, vous en faites point, on est là ! Vous avez manqué un ou deux épisodes dans l’affaire, hihi ! R’gardez, r’gardez, suffit d’soulever c’bout là et vous y êtes… Alors, bien dormi ou bien ?
– MILLE MILLIARDS DE MILLE SABORDS, qu’est-ce que c’est qu’ce foutoir ? C’est quoi ces matelots, c’est quoi ces baleines ?! Moules à gaufres ! Vous vous croyez au cirque ?? »
Quand le Capitaine Haddock se fut calmé, on rassembla la voile et les piquets, avant des les fourrer dans les sacoches de côté de Galabru.
Alors qu’enfin, la caravane reprenait la route, Fidel demanda à Myke, du haut de son perchoir :
« Mais dites-moi… Vous n’étiez pas sensés être plus nombreux que ça ?
– Oh… Je vous expliquerai, c’est un peu compliqué. »


Ky avait parcouru de nombreuses villes avant de parvenir à rassembler une armée suffisamment vaste pour oser se mesurer aux Amazones, peu réputées pour leur clémence. Enfin, elle était parvenue au point tant attendue : ses mille hommes derrière elles, elle avait planté son épée dans la terre, à trois cent mètres des remparts de Nantes sous le soleil couchant. Elle attendait. Elle était certaine d’avoir été remarquée par l’ennemi depuis longtemps. Enfin, les portes Sud s’ouvrirent, et trois cavalières se faufilèrent pour galoper vers elle. Parmi elles, l’une avait un sein amputé. Quand elles furent à quinze mètres de distance, elles stoppèrent et celle qui semblait être la chef mit pied à terre.
« Démone ! commença Ky d’une voix enflammée. Rends-toi ou meurs ce soir !
– Ah ! Ah ! Tu me fais rire, petite. Sais-tu seulement à qui tu parles ?
– Qu’importe le nom, tu n’es pas plus que du chiendent à mes yeux !
– Je suis Dérimachéia, terrible reine des Amazones. Je succède à mon amie et mentor Penthésilée, qui succomba durant le voyage vers cette chienne de ville derrière moi.
En disant cela, Dérimachéia désigna Nantes d’un mouvement de la tête.
– Ouais, pas bien reluisante, cette bonne Nantes… Mais, je dois t’avouer, il ne me sied point de te la laisser : elle est derrière moi et elle y restera tant que tu n’auras pas fichu le camp de la région, toi et tes pouilleux d’hommes. Mais, « fiche le camp » n’indique pas précisément en combien de morceaux…
Les deux cavalières derrière elle éclatèrent d’un rire gras et forcé.
– Assez ! vociféra Ky. Cessez donc ce théâtre affligeant ! Je te le dis une dernière fois : quittez la ville, ou préparez-vous à voir vos carcasses pourrir sous les rayons acides de Kaiser ! Le grand Quetzalcóatl n’a point de pitié pour les démons de votre espèce, je n’en aurai pas plus que lui !
– Je n’entends goutte de ce que tu craches, ma fille, mais j’ai une dernière question à te poser avant de te faire voir la couleur de tes tripes, et celle de tous ces couillus derrière toi : quel est le nom de la folle qui souilla sa féminité en combattant pour des hommes, que j’inscrive son nom au bas de la liste de mes victoires ?
– Ky ! Ky Liberty. Mais ne crois pas la chose jouée d’avance !
– J’espère bien, ma jolie… susurra Dérimachéia en mettant le pied à l’étrier. Victoire sans âpre dispute n’a point de saveur… »
Elle rit, monta sur son cheval, puis rugit un « YAAAAAH !!! » en l’éperonnant. Ky soupira, puis se retourna vers son armée pour entamer son discours de motivation à la bataille. Mais le colonel, qu'elle avait enrôlé dans la première caserne, et qui était devenu son second, lui ta pota lentement sur l'épaule avant de lui désigner quelque chose derrière elle. Intriguée, Ky se retourna, et vit que les trois cavalières s’étaient arrêtées non loin, et fixaient sans ciller un même point sur leur droite. Les amazones revinrent vers la jeune femme, et Dérimachéia demanda à Ky, en se penchant vers elle sans descendre de cheval :
« Dites… Vous attendez du monde pour dîner ? »
Ky regarda à son tour vers l’Est, et vit qu’une bande noire apparaissait à l’horizon, à l’orée du désert, précédée par cinq gros éléments, peut-être des charrettes.
« Parce que c’est vraiment très gentil de nous donner autant de prisonniers d’un coup, mais on va être obligés d’en laisser. »
Dérimachéia faisait de l’esbroufe, se pavanait dans sa puissance, mais elle était en réalité nerveuse : cette armée derrière Ky, qui devait compter environ mille hommes, leur prendraient déjà toute la nuit, et elles allaient y laisser une bonne partie des leurs. Mais cette autre armée venant de l’Ouest allait poser un problème autrement plus délicat. A vue de nez, également mille unités sur le plat. Deux mille, donc, contre les mille amazones retranchées dans leur petite cité, pas du tout conçue pour tenir un siège. Allaient-elles tenir bon ? Ce siège allait certainement être un sérieux coup dur dans l’histoire du peuple Amazone.
Cependant, Ky ne savait pas plus que penser de cette nouvelle bande noire qui ondulait sur l’horizon crépusculaire. Amis ou ennemis ? Avaient-ils seulement la moindre part à prendre dans cette bataille ? Etaient-ils seulement de passage à cet endroit, s’agissait-il d’une coïncidence ? Mais quelle coïncidence, alors…
Les Amazones sortaient de leur retranchement et s’étendaient face aux hommes, prêtes pour la bataille, mais cependant peu à peu elles remarquaient également ces importuns venus du désert, qui se rapprochaient de plus en plus. Le silence se fit sur la plaine. Tous regardaient vers l’Est, attendant on ne sait trop quoi.

Ainsi naquit l’Armée des Trois Mille. (enfin, presque, hein, c'était pas encore joué-joué…)
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Messagepar Arpenteur » dim. mars 11, 2007 3:01 am

Des hauteurs éthérées, l'esprit sans nom contemplait ses anciens compagnons. Il n'avait pu résister à l'envie de les revoir, et ne pouvait que constater son impuissance, conformément à ses prévisions. Il les laissa à leurs affaires... ils semblaient encore loins de Gorgorbé, et occupés à de plus pressantes menaces, bien moins inquiétantes cependant.

Alors il entreprit de trouver Gorgorbé.
Il se dirigea vers le sud. Le paysage commença à défiler... de plus en plus vite, de plus en plus flou. De temps en temps il se parsemait de teintes ocres et arides, puis elles furent chaudes, puis grisâtres. Tout commençait à s'obscurcir, la nuit aidant. Il ralentit pour observer ce qui se passait sur le sol.
Des bêtes grouillaient. Nombreuses, éparses, multiples, toutes semblaient sans vie... juste animées, des pantins. Cette force qui les motivait semblait être de haine pure.
Il continua vers le sud...

Il vit un océan. L'eau était d'un bleu glacial. De haut, il pouvait contempler de larges formes sombres se mouvant entre les icebergs. Il sentait un flux de colère émanant d'un point situé encore plus au sud - la source de tout cela - qui énervait ces géants d'un autre âge troublés dans leur repos plurimillénaire.
Il recommença à accélérer : la glace se fit de plus en plus présente, et il s'attarda à contempler quelques créatures sur lesquelles le froid n'avait plus aucune prise, complètement sous l'influence de Gorgorbé, leur reste de pelage malmené par les vents et tordus par le givre, la peau complètement craquelée, les os saillants par endroits semblaient protégés par une armure de glace.

Encore plus au sud... enfin la forteresse, surgie des glaces, brisant les terres, comme une arme de cauchemar à jamais enfoncée dans le monde, par laquelle s'infiltreraient les pires maladies qui soient : légions d'oiseaux sans ailes, bêtes effrayantes décharnées, cadavres déchiquetés, morceaux de corps encore animés, qui rentrent, sortent de la terre et des cimes acérées dépassant les brumes éternelles, se battent, rammènent des prisonniers plus morts que vifs, forcés de traîner leurs carcasses haïes. Et au milieu de cet enfer : une lumière, qui transcende les parois increvables de la forteresse. Gorgorbé.
Dernière édition par Arpenteur le dim. avr. 22, 2007 1:51 am, édité 2 fois.
Rosslaew
Pique du LCS
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Messagepar Rosslaew » mer. mars 14, 2007 11:11 pm

Felicia était assez effrayée. Elle n'avait jamais combattu, et le groupe s'était scindé, diminuant leurs chances. Néanmoins, elle révait de rencontrer un dragon. Ces créatures sont sages, et elle pourrait certainement apprendre beaucoup de ce qu'ils pourraient trouver dans leur antre. Mais bien sûr, après tout, l'idéal serait de discuter avec lui.
"Est-on vraiment obligés de tuer le dragon ? Fée une créature très intelligente et sage, elle pourrait féertainement nous aider
-Pourquoi le ferait-elle ? rétorqua Nylhin. elle n'a rien à craindre de ce qui se passer à priori, et nous avons tant à gagner en le tuant.
-J'aurais bien aimé tenter de l'approcher quand même ..."
Les chemin passé dans le désert était moins long et moins pénible que ce qu'ils avaient pensé.Certainement grâce à Bobolle. Décidément, ces sphères ont des propriétés des plus intéressantes. C'est amusant qu'elle ait décidé de nous suivre nous et pas sa maitresse.
En arrivant dans les collines, près de la caverne du dragon, Felicia se tourna vers Paxen
"Bon, je vais tenter de raisonner le dragon, pour le rallier à notre cause. Je pense que c'est notre seule chance, et je le fée quoi que vous disiez. Je vais essayer de revenir vivante"
Et avant qu'une réponse surgisse, et devant le regard médusé de ses compagnons elle voleta plus avant dans la caverne en ajoutant
"Fée pour limiter les pertes au cas où ça dégénèrerait ..."

La géographie de la caverne est simple, trop simple pour un dragon, fée donc qu'il est plus profondément installé. J'aurais dû prendre Bobolle avec moi, il aurait féertainement pu me protéger. Mais s'il peut protéger le groupe, fée mieux. Ça fée longtemps maintenant que je vole, je devrais bientôt arriver ; d'ailleurs les murs sont plus fins, et je vois de la lumière.
"Bonjour, je m'appelle Féelicia, et j'aimerais vous parler"

Le groupe tentait de rattraper Félicia, mais elle était déjà loin. Il y avait de la lumière au bout du tunnel, ils allaient bientôt arriver. Soudain, une ombre arriva dans la lumière, et Nylhin reconnut Félicia.
"Alors comment t'en es-tu sor..... Félicia !"
La fée présentait de nombreuses traces de brûlures, la plupart étant profondes, et ses ailes étaient abîmées
"Ne vous inquiétez pas, on s'est juste fâchés sur un léger détail, mais je crois que le dialogue est établi"
Elle s'assit contre le mur
"Allez-y, je vais me reposer un peu, ça vaut mieux"
Puis elle ferma les yeux, et se détendit, en ralentissant progressivement sa respiration, qui finit par s'arrêter. Puis devant les regards effarés de ses compagnons, ses brulures, qui s'aggravaient, finirent par couvrir son corps, et elle tomba en cendres
Nylhin garda le silence puis dit "J'ai beau être veilleur, là je ne peux rien faire. Allons voir ce dragon de malheur, j'ai deux mots à lui dire"
Puis il sortit Hybride, qu'ils sépara, et le groupe se dirigea d'un pas décidé vers le bout du tunnel
"J'attendais votre venue, la fée m'a parlé de vous, mais elle m'avait dit que nous discuterions, mais vous m'avez plutôt l'air de vouloir mourir en armes
-Mourir ou vaincre, mais ne rester inactifs face à ce que tu lui as fait
- Tss, dommage, votre proposition m'intriguait"
Le dragon, esquiva un coup de Pardon, puis répliqua par son souffle ardent, dirigé droit vers son assaillant. Nylhin n'eut rien il il comprit qu'il le devait à Bobolle
"Alors, tu fais moins ton fier ? Visiblement je vais te donner plus de fil à ret...
-MAIS ARRÊTEZ TOUT DE SUITE !"
Tout le monde tourna la tête vers la porte, stupéfaits, dévisageant une Félicia en parfaite forme
"Je vous avais dit que le dialogue était ouvert, alors on range les armes et on discute !"
Puis, sans donner plus d'explication elle alla s'assoir dans des sièges du milieu de la pièce

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