Vers Ardhonmeth

Il arrive parfois que malgré l'apport constant de nouvelles rumeurs et histoires certains gardent une profonde nostalgie du passé, c'est le cas de ce vieil homme que vous voyez là bas, venez vous asseoir en cercle autour de lui et laissez le vous conter les légendes qui ont bercé son enfance !
Arkan
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Messagepar Arkan » mar. mai 09, 2006 9:38 pm

C'était à n'y rien comprendre.
Kalito ne saisissait pas la raison du comportement soudainement étrange de la guerrière écarlate, qui était passé d'un état normal et habituel à une frayeur enfantine quand Kalito s'était levé, puis à une colère d'un éclat incompréhensible quand le nécromancien avait voulu comprendre la peur qui la paralysait... Une peur qui s'était manifestée au moment où Kalito avait trouvé la force de se lever...
Il compris. Ainsi, même son apprentie avait maintenant peur de lui, même elle était éffrayée par son Art, comme tout ces ignorants de jadis, comme ceux qui l'avaient forcé à commettre des meurtres, pour sa propre sécurité! La peur conduisait souvent les gens à l'hostilité, voire à une agressivité obstinée, animale, et cette alchimie avait un jour conduis Kalito à terrasser un village entier qui s'était ligué contre lui. Il ne voulait jamais plus revivre celà !
Le nécromancien sentit un liquide chaud couler sur son visage, goutant sur ses habits... Mais cette sensation était très ténue, Kalito semblait encore plus éloigné de son corps que d'habitude... Le lien qui le liait au contrôle de l'enveloppe d'Arkan semblait plus léger qu'habituellement. Comme une sorte de protection instinctive de son âme...
Un claquement significatif réveilla Kalito, de justesse, car il eu à peine le temps d'esquiver le coup d'estoc d'Anya, qui continua, son attaque manquée, par un coup de pied violent dans les côtes.
Si il avait été dans son véritable corps, Kalito aurait déjà été à terre, agonisant, le côté droit de son faible corps completement broyé par le coup qu'il avait reçu. Mais ce n'était pas le cas.
Le nécromancien fit un bond de 3 mètres en arrière, esquivant ainsi un coup d'épée d'Anya, et se mit à analyser la situation délicate dans laquelle il se trouvait. Anya était sans conteste plus douée que lui au corps à corps, mais il ne pouvait plus utiliser son art que de façon modérée, son corps d'emprunt peu habitué à sa magie étant affaibli par le sort gigantesque qu'il avait, peu de temps auparavant, utilisé. Il ne pouvait invoquer de squelette, ni d'humanoïde, leur structure étant trop complexe pour un sort mineur..
Il esquiva un autre coup d'Anya, non sans recevoir au passage une coupure au niveau de l'épaule.
Il devait se concentrer! Réflechir... Sa grande rapidité ne le sauverai pas éternellement, et il n'avait pour arme qu'une épée, et il savait qu'un duel de cette arme contre la guerrière lui garantissait une défaite cuisante. Si seulement il avait sun des gants Veilleur... Une idée lui vint, peut-être salvatrice, quoique très inhabituelle.
Kalito esquiva un autre coup et s'écarta rapidement d'Anya, avant de monter dans un arbre centenaire. Anya était lourdement armée, et elle aurait donc plus de mal que lui a escalader le grand chêne centenaire, il avait donc le temps de l'invoquer...
Il ne pouvait invoquer d'humanoïde, mais il pouvait réssuciter et modeler du végétal.
"Anima Litaes Veills-tonar !" Cria-t-il après avoir réuni toute la magie qui lui restait. Un vent fit tomber nombre de feuilles d'arbre, le souffle de la vie ...
Un sifflement strident se fit entendre, suivi de craquements de branches, et d'un bruit rappelant un tremblement de terre.
Soudainement, des branches, des pierres, des feuilles et quelques os fendirent l'air, se réunissant autour de la main droite de Kalito en un magma d'une couleur écarlate, qui se modela rapidement en une sorte de gant d'une taille inhabituelle. Le liquide se solidifia, dévoilant une matière inconnue, mélange de minéral, de verdure et de racines entremellées qui s'enroulaient autour du bras du nécromancien, tenant ainsi le gant énorme aux doigts pointus qui s'était formé.
Kalito sourit, il retrouvait son arme favorite, il avait une chance de ..
Un bruit lui fit baisser les yeux, et il sauta à terre juste à temps pour esquiver le coup d'épée rageur qu'Anya avait drigé vers ses chevilles. Elle se laissa tomber sur le sol terreux, et fonca de nouveau sur Kalito, apparement décidée à l'occire. Il esquiva son coup de lame haut, passant au dessous, et la frappa au ventre d'une force améliorée par son gant et sa vitesse. La guerrière se vit obligée de reculer, le souffle coupé par le coup de paume que Kalito lui avait donné. Mais loin d'abandonner, cette frappe fit redoubler sa haine, et intensifia ainsi ses coups, leur donnant plus de précision. Elle aculla Kalito, enchaînant ses attaques d'une vitesse impressionnante.
Un coup bas: parade sur la droite, une attaque latérale haute: esquive basse. Kalito sentait sa fatigue revenir, son esprit déjà fatigué par ses sorts avait du mal à tenir sa concentration optimale, et celà lui valait plusieurs blessures. Il devait mettre Anya à terre le plus vite possible.
Cette dernière tenta une attaque en pointe de son bras droit, et le Nécromancien y vit l'opportunité qu'il attendait, il allait l'esquiver sur la droite, pour frapper la guerrière au visage, la mettant ko. Mais au moment où il esquiva la feinte, Anya fit un demi tour sur elle-même... Kalito compris trop tard la ruse, et se prit le poing gauche d'Anya en pleine tête, l'envoyant s'écraser sur un tronc à quelques mètres.
Décidement, il avait beaucoup à apprendre en matière de combat... Ce fut sa dernière pensée, vague écho de conscience qui l'accompagna dans les ténebres dans lesquels il s'engoufra...

Une lueur verte... Eclatante lumière Ambre...
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Desolé pour les commentaires, ça m'a echappé :)

Messagepar Querdal » mar. mai 09, 2006 10:56 pm

Anya, épuisée, chancela avant de s'écrouler en travers du sentier, probablement repartit dans l'un de ses délires. Kalito, voyant qu'Anya était hors de combat, laissa retomber son bras, et l'étrange gant mi-végétal, mi-minéral disparut. Le sort gigantesque qu'il avait jeté un moment plus tôt, suivi de cette bataille fratricide semblaient l'avoir complétement vidé. D'un pas incertain, il alla se rasseoir sur la souche où il se trouvait un instant plus tôt, pour reprendre son souffle.
Querdal, de son côté se demandait s'ils devaient partir à la recherche de Rosslaew et Turquoise. La folie soudaine de l'elfe avait sûrement un rapport avec celle d'Anya, mais lequel ? Sentant ses idées s'embrumer insidieusement, il regarda Anya puis les champignons ecrasés à ses côtés. Querdal ne les reconaissait pas, mais se pouvait-il qu'il s'agisse des Armen Melucholiis dont on lui avait parlé quelques temps auparavant ? Son esprit cheminait difficilement. Ces champignons étaient reputés pour avoir des effets hallucinogènes très puissants, et leurs spores se répandaient très rapidement dans l'air. Se pourrait-il que...
Il se tourna vers Awilan et Alean, seuls encore debouts après lui :
"Il faut s'en aller... s'en aller d'ici. Maintenant. Je m'occupe de Kalito... Prenez Anya... Vite ! Il faut... s'en aller...
- Et Rosslaew ? s'inquiéta Awilan, qui avait apparement encore toute sa tête. Et la petite ?
- On n'a pas le temps... Ils... ils s'en sortiront... Ross est un elfe... et la forêt est son domaine. Portez la fille... dépêchez-vous ! Alean, est-ce que tu pourras... Tu pourras faire quelque chose pour... Ah... Pour Anya ?
- Je ne suis pas herboriste, et mes sorts ne seraient pas d'une grande utilité pour elle ; mais Gorgorbé pourra s'en occuper quand nous l'aurons retrouvé. Tu n'as pas l'air sur le pied de guerre non plus. Tu tiendras le coup ?
- Oui, oui ça va... Impec'."
Awilan et Alean se répartirent le poids d'Anya qui se débattit mollement, et Querdal releva Kalito pour l'épauler durant la marche. Après quelques dizaines de mètres d'un pas incertain où on aurait pu se demander qui supportait l'autre, Querdal demanda d'une voix pâteuse et inarticulée à faire une petite pause, et s'affala mollement dans les feuilles mortes.

Mais sa chute ne s'arrêta pas au sol du sous-bois, et il tomba de bien huit mètres de haut avant de s'écraserdans une terre battue et sablonneuse. Comment avait-il pu survivre à une telle chute ? Il se releva sans effort, lucide et dans sa forme habituelle. En regardant autour de lui, il vit que les arbres de la forêt s'étaient ecartés pour laisser place à une vaste clairière où se dressaient un certain nombre de huttes de pierre brune et toits de chaume. Il ne reconnut d'abord pas l'endroit et chercha ses compagnons de route du regard, avant que l'évidence ne le frappe de plein fouet : son village. C'était le village où il avait grandi ! Il était de retour chez lui, dans le Monde 2, sur le continent Drezül, dans son cher village Oronad-Iké ! Cela faisait plus de soixante ans qu'il n'avait pas pu retourner dans cet endroit.
Mais la raison reprit vite le dessus sur la nostalgie :
"C'est impossible, murmura-t-il pour lui-même. J'ai vu brûler ces maisons. Je ne suis pas ici, ce village n'existe pas en dehors de mes souvenirs ! Comment revenir dans la réalité ?"
Un mouvement coupa court à ses réflexions. Du coin de l'oeil, il avait cru voir bouger une silhouette dans l'ombre de l'une des huttes.
"Qui est-tu, chimère ?! Pourquoi te caches-tu ?"
Instinctivement, Querdal porta la main dans son dos pour tirer Vérité de son fourreau, mais... Elle n'était plus là ! Sa hache ne l'avait pas suivi dans ce monde ! Il était seul face à l'inconnu, seul avec ses poings et sa détermination. L'individu n'avait pas répondu, mais fit quelques pas en avant pour sortir de l'ombre. En voyant son visage, Querdal oublia son doute raisonné, et poussa un cri :
"Is'dya ! Maman, tu... tu es là ! Je ne croyais...
- Tu m'as tuée.
- ...Quoi ?
- Tu m'as trahie, moi, ton père, ce village, ton peuple. Tu as baffoué l'honneur des tiens. Tu m'as tuée, Querdal."
Querdal fit un pas en arrière, trébucha sur une pierre et faillit perdre l'équilibre, mais continua de reculer. L'accusation qui avait torturé sa conscience durant tant d'années rejaillissait sous les traits de cette femme qui symbolisait pour lui l'amour et la tendresse qu'il avait à jamais perdues.
"Tu m'as tué aussi !"
Querdal se retourna pour voir l'homme qui m'avait parlé sortir de derrière une autre maison. C'était Goran, le vieillard qui lui avait appris le métier des armes.
"Une illusion, ça n'est qu'une illusion... Ils ne viennent que de mon propre esprit... Ils ne peuvent pas me faire de mal si je ne veux pas qu'ils m'en fassent..."
Puis apparurent de tous côtés Sarlak, son père adoptif, Will, son second, et d'autres encore ; ses frères et soeurs, ses amis d'enfance, les hommes fiers et forts qu'il admirait étant petits... Ils étaient tels que dans son souvenir, inchangés ; toutefois une rancoeur animait leurs visages jadis sourillants. L'encerclant, ils avançaient lentement vers lui en scandant d'une voix de plus en plus agressive :
"Tu nous as trahis, Querdal, tu nous as tués ! Tu as trahi ton honneur, ton peuple et tout ce que nous t'avions transmis. Tu es notre honte, notre douleur, toi qui fus notre fierté et notre force ! Tu nous as trahis, trahis, trahis..."
Vérité lui manquiait cruellement tandis qu'il voyait approcher les fantômes menaçants. Pour la première fois de sa vie interminable, il se trouvait face à ses actes, il ne pouvait fuir la vérité, la redoutable et déchirante vérité. Incapable de résister, il fut jeté au sol par le premier enfant qui l'atteignit. Tous se jetèrent sur lui pour lui arracher les pièces de son armure, ses vêtements puis griffer la peau. Les centaines d'ongles griffus lui labouraient la peau, déchiraiert sa chair. Raclant ses os nus de leurs ongles sales, ils le dépecèrent comme des charognards, tout en continuant à scander en hurlant :
"Tu nous as trahis, trahis ! Tu nous as tués"
Entre les visages avides, les gerbes de sang poisseux et les petits bouts d'os qui volaient, Querdal vit apparaître, une fois encore, le sourire goguenard d'Esmar :
"Se torturer l'esprit pour une telle futilité, quelle pitié... La voie divine t'épargnerait de telles dérives mentales. Te sens-tu vraiment obliger de supporter les psalmodies ennuyeuses de ces imbéciles ? Ma main reste tendue, mon petit ami..."

Puis Querdal sombra dans les méandres douloureuses de ses hallucinations insensées.
Dernière édition par Querdal le mer. mai 17, 2006 11:24 pm, édité 1 fois.
Il n'y a qu'un âne qui s'appelle Querdal.
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Messagepar Matamune » jeu. mai 11, 2006 12:00 am

Gorgorbé avait marché plusieurs heures dans le noir, se guidant aux sensations du vent. Ses sens avaient été accru. Sinon, comment se fait il qu'il n'avait pas une seule fois rencontrer un mur, esquivant d'instinc les parois. Surement la source chaude de la grotte. Comme le fait que la glace était abondante autour de la source. Mais il s'en doutait que la montagne n'était pas naturel. Le pacifique poussait dessus.
Puis, ce fut l'évènement qu'il attendait. Un trou accecible, la sortie.
Alors que ses yeux buvaient la lumière avec addiction, il ressentit une profonde envie de courir vers l'Est, il obéit à l'élan de son corps pour finalement retrouver son épée et sa sacoche.
Et quelques metres plus loin, un champignon célèbre écrasé.
L'alchimiste s'assit et mélangea un morceau de glace avec un petale de la fleur. Il melangea le tout à un morceau de champignon. Il se deplaça lentement, en coupant sa respiration, vers une source d'eau et multiplia son breuvage en le diluant.
Il but aussitôt une gorgée et resta assis à attendre. Il regardait les plantes, les sangliers qui se roulaient joyeusement dans la boue, les fourmis qui combattaient farouchement des termites. Il ne savait pas s'il fantasmait la nature ou si sa vision était réelle. Il s'en moquait.
Jusqu'à entendre crier : "JE SUIS MON SEUL MAITRE, ET JE LE RESTERAIS". Là, gorgorbé reconnu dans le cri une tonalité familiaire. Il remballa son materiel, sorti son arc et se dirigea vers le son.

Il vut Arkan, positionner en V inversé, montrant ses fesses alors que son corps montrait diverses blessures. Quand à Querdal, il était en position foetal. Aliwan et Alean ne bougeaient pas, semblant rever, effondré sur la guerriere.
Il s'occupa d'abord des deux qui divaguait pour s'occuper ensuite de Querdal. Après l'avoir redressé contre un arbre et attaché avec une liane pour limiter ses debattements, il donna à lui aussi l'une des dilutions du remède miracle.
Par jeu, il le détacha pour le laisser retourner en position foetal et s'occupa du dernier blessé, vu qu'Anya semblait en état suffisant pour ne pas la soigner.
Un peu de terre, de l'eau, du miel et une nouvelle feuille de pacifique. Il malaxa la patte et la déposa sur les plaies d'Arkan, peu confiant de la qualité des vertues curatives mais ça allait stopper les saignements.
Ne pouvant délaisser les compagnons retrouvés, il sortit sa loupe et se mit à osculter sa plante légendaire, en lechant et reniflant plus qu'en regardant, pour attendre le reveil de quelqu'un.
Keela
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Messagepar Keela » lun. mai 15, 2006 8:31 pm

Keela était dans un état de plus en plus critique, jusqu'à ce que son hystérie placée dans le mutisme se cesse, à cause du sommeil. Et c'était un sommeil des plus troublés : pas la peine de chercher à entrer dans ses songes, elle parlait en dormant. Sinistre, en un sens.
Des grognements étaient liés à des appels. Quelques noms se distinguaient, des noms du passé, que Keela cherchait à retrouver : un certain Alexander, sa mère et son père.
Alexander... elle poussa un cri, puis se réveilla subitement.
Ses yeux se perdaient dans le vide, pendant qu'elle se remémorrait son rêve. Alex.
Elle soupira et un mouvement de panique l'étreignit lorsqu'elle se rendit de nouveau compte qu'elle était enfermée.
Et son bras lui faisait horriblement mal.
Si mal, qu'elle grogna un instant, et prit sa dague, à la surprise d'Eilraet :
-Que comptes-tu faire ?
-Le couper.
Avant même qu'il ne puisse l'empêcher, elle s'était sectionné le bras droit, dont la carcasse tombait lamentablement sur la neige.
Les yeux de la Semi-Elfe se tintèrent de douleur, et elle prit son bras.
Keela hésita un instant, puis donna un coup de crocs dans son bras droit, pour le couper en deux, et en tendre un morceau à Eilraet :
-On sera là peut-être pendant un moment, alors... économisons la nourriture.
N'empêche que cela lui faisait mal. Et elle n'aurait pas la force de lui dire à quel point.
Penser à autre chose, que son propre sang qui coulait sur sa tunique, et que cette pièce de viande qui n'était rien de plus qu'un de ses membres.
-Je t'avais posé des questions, avant l'avalanche.
Eilraet sentait bien que Keela n'était pas dans son état normal. Elle avait une forme étrange, venait de se couper un bras à la dague, et semblait tout bonnement clastrophobe. Il fallait donc lui changer les idées le plus rapidement possible.
-Oui...
Keela s'adossa à la neige, afin que le froid lui engourdisse l'épaule. En vain, puisque ni les Elfes, ni les habitants de Lock ne souffrent du froid.
-Oui, je suis chargée de tuer Beren. Cela faisait un moment que je le suivais, avant qu'il ne vous rejoigne. Il faut avouer que la somme placée sur sa tête est assez conséquente.
Un rictus habita ses lèvres.
-Mais je n'avais pas l'occasion de le faire. Tuer quelqu'un au beau milieu d'un groupe n'est pas très fin. Parce que vous avez des bons niveaux, et qu'un faux pas est toujours possible.
Elle haussa les épaules.
-Alors j'ai attendu, et j'ai mis en place une embuscade. Sauf que je n'y étais pas présente, et que du coup, le plan était en partie compromis. Si la plupart de mes collègues sont hors combat, cela rend évidemment la partie plus difficile, mais aussi plus... agréable.
Keela resta un instant silencieuse, puis murmura :
-J'ai besoin d'argent, avant tout. D'argent et de savoir. Et je ne suis qu'une bergère qui fait de la harpe pour son futur mari, au fond. Même si mon futur mari est mort depuis longtemps, et que je n'ai pas de moutons à garder... Je veux faire renaître le passé, renaître les morts.
Elle fit un geste vague de la main.
-Je ne veux pas seulement un travail de nécromantien qui fait bouger des cadavres. Non. Je veux ressuciter des personnes. Tout un clan... et il faut que je fasse bâtir de nouveau nos masures.
Elle se leva, puis découvrit son épaule de sa tunique :
-Je suis une habitante de Lock. Je ne sais pas si tu connais la légende que l'on raconte aux enfants : le clan de Lock est un clan de mages de glace, qui gardaient des moutons pacifiquement. Et puis... et puis des Lycans sont arrivés, et nous avons tous été tués. Tous, sauf moi.
Ses yeux clos, elle avoua :
-C'était la veille de mes dix-huit ans. La veille de mon mariage. J'aimais celui qui était désigné comme étant mon mari... je l'aimais comme on aimait un frère, et je me réjouissais d'être mariée à quelqu'un que j'appréciais, même si je ne l'aimais pas d'un amour pur... et puis la nuit est venue, les Lycans aussi... et ma première victime fut mon propre père.
Son poing se serra :
-J'ai vu suffisamment de sang cette nuit-là pour ne plus subir le dégoût à la vue de ce liquide. J'ai vu tellement de tortures, que mon esprit s'est fermé. Ma mère... ma mère... Un Lycan lui avait enfoncé une lance, la transperçant de la tête aux pieds. Son cerveau coulait de son crâne fendu, l'os mis à jour, pour tomber à ses pieds. Et ses mains... Les Lycans lui avaient brisés tous les os des mains, les faisant ressortir de la peau bleuie.
Elle prit un ton professionnel :
-Les mains sont les parties du corps les plus simples et les plus efficaces lors d'une torture. On souffre étrangement bien plus de cet endroit. Et on saigne beaucoup aussi.
Elle secoua la tête :
-Enfin soit. J'ai vu ma vie s'effondrer, et je me suis réveillée en étant Lycane. En étant un de ces êtres qui avaient tué mes proches... On n'effacera pas les faits, mais on peut toujours reconstruire... Je veux reconstruire.
Keela se rassit, silencieuse durant un court instant, avant de reprendre :
-Et pour cela, il me faudrait obtenir une puissance qui puisse faire revivre les morts. Ce qui n'est pas peu dire... Et avec cette puissance, je pourrai rapidement installer le clan de Lock comme supérieur aux autres.
La Semi-Elfe déposa sa main sur la neige.
-Et puis... et puis je souhaite le pardon de mon peuple. Ce pardon, je pense que je l'obtiendrai quand je pourrai vaincre mes cauchemars. Quand je pourrai rendre mes rêves normaux, simples, innoffensifs...
Keela sourit légèrement :
-Qu'en penses-tu Eilraet ? Ai-je répondu à toutes tes questions ? Suis-je à tes yeux un être d'illusions, ou un vulgaire assassin ? Ou autre chose ?
Elle laissa échapper un ricanement :
-Je cherche le moyen de guérir mon sommeil... toi aussi, si je ne m'abuse ?... La même quête, mais pas pour les mêmes raisons, pas avec les mêmes départs, pas avec les mêmes fins...
Sa poitrine se soulevait sous sa respiration.
Ce qu'elle avait dit à Eilraet... elle n'avait jamais autant parlé à quiconque... Pourquoi a-t-elle fait ça ? Parce qu'elle se sentait si proche de la mort, ainsi enfermée ?
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Bouleversement

Messagepar Eilraet » lun. mai 15, 2006 10:07 pm

Eilraet n'écoutait que d'une oreille ce que disait Keela, si il la faisait parler c'était surtout pour détourner son attention de sa cicatrice douloureuse mais ce qu'elle lui disait n'était pas anodin alors il pris garde à ne pas perdre le fil des mots.
-Pour l'instant tu es surtout une lycane malade à mes yeux... Attention ça va piquer.
Il utilisa d'un sort très utile dans une taverne étant donné que l'alcool empêche le sang de coaguler et que les clients avaient l'art de se blesser avec n'importe qu'elle objet rideaux compris Eilraet savait stoper une hémoragie, c'était ce qu'il était d'ailleurs en train de faire à l'épaule de Keela, qui serrait les dents à cause de la violence du sort.
-Allonge toi je me ferai le gardien de ton sommeil, et ne craint pas les cauchemars je les chasserait.
En prononçant ces mots il remarqua que sa propre fatigue c'était envolée, pourtant il avait de quoi être épuisé. Il leva sa main vers son collier orné de la petite pierre verte qui contenait les rêves et selectionna le plus paisible d'entre eux, une promenade en montagne, mais sans aucun inconvénient, c'était un rêve qui vallait une petite fortune et qu'Eilraet gardait pour le jour où il pourrait lui même rêver, mais il commençait à douter que ce jour arrive...
Quand Keela trouva le sommeil grâce à l'aide d'Eilraet au sommet de sa forme, une petite goutte brillante coûla -a l'horizontale- de la pierre pour rejoindre le front de la lycane. Instantannément tout ses muscles se relachèrent, elle était paisible.
Eilraet regarda le bras qu'il avait posé à coté de son ex propriétaire regrettant d'être incapable de le remettre à sa place. Il attrapa ce qui ressemblait plus à de la viande qu'a un morceau d'être humain et ouvrit la machoire pour y planter ses canines. A l'instant même ou sa dent déchira la chair il se rendit compte qu'il était encore trop humain pour faire cela et rejetta la bras à l'autre bout de la grotte dans laquelle ils étaient coincés. Le membre se dissipa dans les airs comme de la cendre, ne laissant qu'un peu de sang goutter, sang qui, comme pour rapeller à Eilraet ce qu'il avait trop facilment oublié, se transforma en serpent.
-M**** ! Encore ?
Il envoya une pierre en direction du reptile qui, ayant ouvert la machoire l'avala nette avant de périr en gardant cette étrange forme que lui avait donnée le projectile. Eilraet s'aprocha de l'animal repensant aux mots de Keela. "Eilraet c'est un nom de serpent" avait dit la lycane, et le voleur de rêves commença à se demander si c'était simplement son nom qui agissait ainsi sur lui, cela semblait être ce que pensait Keela en tout cas. Quand le souvenir de la lycane dans la neige s'échapa des pensées du lycan il remarqua que le serpent avait disparu. Il sursauta, sentant son coeur accélerer la cadence, pour se calmer il décida de prendre connaissance des lieux.
Oubliant complétement qu'il ne savait pas le faire il alluma une flamme de poing, oubliant également qu'il n'était pas censé avoir l'energie nécessaire pour le faire, en fait il se forçait à ne plus penser du tout... il était terrorisé.
En se dirigeant vers la paroie qui était récente -étant due à la récente avalanche- il se répetait ce que la lycane lui avait dit, elle voulait du pouvoir et de l'argent ... Rosslaew était encore un inconnu après tout. Quand il aprocha la flamme de la paroie la glace recula pour laisser paraître un tas de rocher entrainés par la chute de neige, cela allait prendre du temps à dégager, mais plutôt que de commencer tout de suite il décida d'aller explorer la grotte plus en profondeur, elle n'était de toutes façons pas très vaste, cela n'était d'ailleurs pas tellement un avantage étant donné le fait que Keela était claustrophobe.
Il s'aprocha du fond de la grotte, qui n'était vraiment pas loin de son "entrée" mais si il arrivait à voir ce qui s'y trouvait il était incapable de fixer son esprit pour comprendre ce qu'il voyait, il ne se rendait cependant pas compte de cela et ce retourna en ayant juste l'impression de ne rien avoir remarqué d'important, ce qui était le cas, mais il pouvait y avoir n'importe quoi dans cette zone que sa pensée fuyait...
Se sentant en sécurité il s'allongea près de la lycane laissant sa flamme flotter dans les airs. La fatigue commença alors à se faire sentir.

***

Eilraet fit signe à l'elfe pour qu'il vienne le rejoindre, quand Beren fut assez près il articula :
-C'est incroyable que l'on se soit retrouvés si tôt !
Et il se rapella que l'elfe avait une prime importante sur la tête, il prépara ses canines en masquant son rictus en sourire.

-Si tu veux mon avis tout obstacle à une serrure, et si tu te débrouilles bien tu pourrais trouver la serrure de ton problème de rêves, après tout j'arrive bien à me débrouiller sans clé moi.
Eilraet ravala ses dents en même temps que l'envie de s'en prendre à l'elfe, si Rosslaew et Awilan étaient là les autres n'allaient pas tarder. Mais il avait une envie terrible de manger l'elfe... sur le champ. Il commença à se déplacer lentement sur le sol, la langue entre les dents, siflant presque de joie, et laissa ses dents resurgir. Il ouvrit grand la machoire jusqu'a ce que la partie inférieure se déboite complétement. Il s'apretâ à plonger ses canines sous la peau de l'elfe, penché sur la lycane quand Beren attrapa une pomme dans son sac pour la briser en deux juste au dessous de la lycane. Il la força à manger mais celle ci refusait, Eilraet s'aprocha du fruit, le frôla de son visage et continua son chemin le long du corps de Keela pour lui murmurer à l'oreille.
-N'as tu pas envie de savoir ce que cela fait ? N'est ce pas toi qui recherche la puissance, et puis c'est pour une bonne cause, tu veux aider les tiens, cette pomme te redonnera le pouvoir de tuer Rosslaew, tu pourras empocher la prime qui est sûr sa tête, croque cette pomme, vois comme elle semble bonne. N'écoute pas cette voix grave et faussement sage qui te murmure de ne pas toucher à ce fruit, je l'entend aussi et ça n'est pas la voix de la vérité. Ne veux tu pas connaître ?
Il mordilla son oreille pour la réveiller un peu plus et se dirigea vers Rosslaew avec la ferme intention de n'en faire qu'une bouchée après que celui ci eu donné le fruit à Keela. Les étoiles illuminaient cette étrange scène et les arbres plus tordus les uns que les autres faisaient penser à une forêt de serpents. Eilraet decrocha sa machoire et planta ses crocs à venin dans les veines de l'elfe, Keela avait mordu le fruit...

***

Eilraet se réveilla en sursaut dans la grotte sans arbres, sans étoiles et en présence seule de Keela, totalement bloqué sur le souvenir de son tout premier rêve...
perl -E 'say s/(.*r).*\K/, \l$1.\n/r, ${["Take one down and pass it around. ", "Go to the store and buy some more. "]}[/N/], $::b{$_} // $a, "\n" for reverse sort { $a <=> $b } keys %{ { %::b = map { ($a, $b) = ($_, $a) } map { join "", "$_ bottle", "s" x !/^1$/, " of beer on the wall" } "No more", 1..99 } };'
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Messagepar Keela » mer. mai 24, 2006 11:56 am

Keela se réveilla en fin de matinée. Du moins, bien plus tard que le tavernier.
Il aurait presque semblé qu'elle ne se réveillerait pas, prise dans son rêve. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas fait un rêve si doux, si calme, alors elle se sentait prête à s'y fondre, et à ne plus jamais ouvrir les yeux.
Et pourtant, un pressentiment, un souffle d'air, ou un bruit, qui sait ? Quoiqu'il en soit, la voilà réveillée, émergeant doucement d'un rêve plaisant. Trop plaisant, peut-être, vu son sourire niais sur le visage.
Sourire qui s'effaça peu à peu, pour que seul le regard paniqué se lise sur le visage de la Lycane. Elle se sentait toujours aussi prise au piège, ici.
Mal au point qu'elle se fracasserait la tête sur la pierre, pour quitter ce cauchemar.
Mais ce n'était pas une bonne idée...
Elle se recroquevilla sur elle-même, ne pouvant réellement faire quoi que ce soit, à par attendre.
Et quelle désagréable impression que cela. Keela se rappelait ce moment qui lui avait valu cette phobie, et frémissait de plus en plus.
Jusqu'à ce qu'elle se calme, en posant le regard sur Eilraet.
Un moment de silence, puis elle haussa les épaules, et sourit au tavernier lycanthrope :
-Merci por ce rêve, cela m'a fait du bien.
Les yeux clos, elle ajouta :
-Toi, par contre, tu es un peu pâle.
C'était bien à elle de dire ça, alors qu'elle semblait sur le point de s'évanouir...
Elle se leva, puis alla vers les pierres qui bouchaient l'entrée, les regardant d'un air intéressé.
Tremblant toujours un peu, elle murmura :
-Tu penses qu'on peut les retirer ?
L'alouette
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Messagepar L'alouette » sam. mai 27, 2006 2:51 am

:!: Post en commun avec Rosslaew


Devant l’incompréhension d’une telle situation, Beren fut pris d’une forte nausée. Le sang du jadis mercenaire éclaboussait ses pieds, et le sourire désabusé de cette enfant qu’il croyait si douce le terrifia. Où était-il ? Pourquoi…Et qui était cette fille ? Cette morne angoisse l’empêchant de respirer…
Autant de questions qui lui submergèrent l’esprit, se heurtant chaque fois à la façade gracile, et innocente de Turquoise.

La percée brillait désormais du sommet de la lune, l’herbe tremblait timidement, et le temps s’était arrêté. Il y avait juste un petit air tiède, entre la glace et la fièvre, un air malade, qui sentait mal le souffre, et le moribond. Les deux protagonistes étaient liés comme par un fil invisible, à l’extrême tension, et à la sensibilité, à fleur de peau.
Turquoise tomba sur un genoux – son corps ayant atteint ses limites, c’est par des afflux de sang qu’elle parvenait à le maintenir en vie, pour quelques temps encore…Car si elle ne connaissait la souffrance, son enveloppe charnelle réagissait toujours autant aux fluctuations de la vie.
Beren, observant toujours le sordide spectacle, réussit à dégager ces mots :
« Qui…qui es tu ? »
Il s’approcha ensuite de la fillette, toujours un genou à terre, mais le regard fixe, son sourire se figea en une expression de lourde apathie, qui lui donnait un air plus terrible encore.
« Pourquoi fais tu ça ? disait il, resserrant par réflexe le pommeau de son arme, « Est-ce les…vampires qui t’envoient ? Je croyais que…Je pensais… »

Turquoise se releva doucement, et à mesure que Beren tendait sa dague en guise de défense, elle s’avançait de plus en plus vers lui. La lame n’était plus qu’à quelques pouces du visage de l’enfant, qui sans le moindre recul, la saisit de pleine main.
L’elfe n’eut pas le temps de dégager son arme de la main carminée, quand il sentit une vive brûlure sur son flanc droit. Le dos contorsionné par la douleur du fer déchirant la chair, il ne vit pas non plus le bras de Turquoise s’enlaçant autour de son cou pour le plaquer à terre.
Ce fut instantané ; deux lourdes aiguilles ébranlèrent ses cuisses tremblantes, et son visage blême se ferma sur celui de la fillette.
Tout devint flou et diffus, il ne sentait même plus le mal de ses blessures qui ne cessaient de croître. Dans son étrange discernement, l’agencement des piqûres et les légères psalmodies entendues lui fit comprendre qu’il devait être le sujet principal de quelque rituel.
Il ne souvenait plus très bien des circonstances qui l’on conduit à cette situation, et en perdait même le souvenir d’une lointaine quête. L’air était pesant, mais calme, convulsionné mais soulagé, le rythme monotone des élucubrations du ritualiste se confondait au souffle lacunaire de sa respiration, et bientôt, il savait qu’il n’y verrait plus rien.
Cependant, la fraîcheur du nadir donnait à l’air un certain réconfort. Et l’elfe le sentit même former contre sa peau une fine couche d’eau, aussi bienfaisante que protectrice.
Le mécanisme de survie des mages est vraiment fantastique, pensait il…La nature m’adoptant comme sienne, me protège et me pleure…
Mais c’est sûrement du sang, qui complète la couche.
Rosslaew ne pouvait plus bouger ses jambes, et la paralysie gagna le sommet de son crâne, les bras en croix, les yeux grands ouverts, figés dans leur dernière position.
Il revit le visage de Turquoise qui avait enfin cessé de sourire, et son anesthésie partie aussi soudainement qu’elle était venue. Il y avait dans sa poitrine, comme un feu affamé, qui voudrait sortir. Un essaim de guêpes, prisonnières dans leur miel. Il n’avait pas vraiment mal, il n’avait plus vraiment peur. Il voulait juste que cela se termine au plus vite.

On ne vit plus la lune. Le feu de son corps avait disparu, pour ne laisser que le froid profond du vide et de l’abandon. Il n’y avait plus de vie – une coquille -, et pourtant, il pouvait encore voir la scène.
Dans l’obscurité complète, les lèvres de Turquoise se brisèrent sur un hurlement. Son regard refléta un instant celui de l’elfe, pour ensuite se confondre aux abîmes de noirceur de l’environnement. Des centaines de fils se détachèrent des ténèbres, la transperçant, pour l’entraîner jusqu’au devant de la lune.
Rosslaew comprit que le ciel noir n’était alors qu’une ombre, et Turquoise, emportée quelque instant dans le vol de la nuit, chuta dès lors sur le sol, inerte comme une poupée de chiffon.
L’elfe regarda le restant d’ombre fondre sur la fillette, puis s’évanouit.

Quelques instants plus tard, la lumière revint
Au milieu du cercle d’invocation, seuls restaient Beren et Turquoise, inconscients. L’un contre l’autre, sur le sol humide, un épais voile noir couvrait leurs deux corps. L’herbe restante prit une couleur grise, et la lune termina sa course derrière les nuages.


Nota : Turquoise a changé de physique ! Donc pour l'instant, on la laisse sous son drap ! =)
Arkan
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Messagepar Arkan » mar. mai 30, 2006 7:30 pm

Il était dans le noir. Des ténebres intimes le gardaient en leur sein, le protégant complètement. Envellopé comme il l'était, Arkan n'avait aucune sensation du monde concret, mais il ne s'en plaignait pas. Il était si bien, ici...

Soudain, une brèche s'ouvrit dans la protection abyssale. De cet étroit passage, une entité couleur azur s'infiltra viollement, pour finalement s'engouffrer dans des ténebres encore plus profondes que celles où se trouvait l'âme du guerrier blanc. Au passage de l'âme de Kalito, une seule phrase fut perçue par Arkan, qui lui fit comprendre la raison de l'arrivée de l'âme du nécromancien dans ces ténebres protecteurs.
Il devait revenir...

Arkan ouvrit lentement ses yeux redevenus verts foncés. Il était de retour dans le monde concret. Il ne savait pas combien de temps il avait passé térré dans son propre corps, mais l'état déplorable de son corps et le nombre de ses blessures lui en laissaient une idée assez juste.
Arkan se leva et, remarquant Gorgorbé non loin de là, il s'approcha de lui d'une démarche lourde de fatigue et de douleurs...
Rosslaew
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L'éveil

Messagepar Rosslaew » ven. juin 09, 2006 5:14 pm

post concerté avec L'alouette

Le sommeil de Rosslaew était tourmenté, fut-ce à cause de ses blessures qui l'élançaient où à cause de ce qu'il avait vu avant de sombrer dans l'inconscience. Toujours est-il que dans son rêve, il revoyait sa cité natale. Il reconnaissait cette vue, c'était la vue qu'on avait du palais, en tant que fils de nobles, il la connaissait bien. Mais cette vue nocture ne n'était pas celle à laquelle il était habitué. Dans la cité montait une clameur guerrière,et dans les rues semblait se déverser un flot de Chaos, ne laissant sur son passage que le sang des opposants à ce qu'en laissait supposer les cris. Il savait que c'était la fin, mais de quoi ? de sa ville ?. Des flammes commençaient à danser sur les toits des maisons blanches, qui prirent ainsi un teinte de sang sous le regard impassible de la Lune, comme si elle approuvait ce carnage.
Pourtant, notre peuple n'a jamais eu de velléités guerrières, il y avait une raison à cet assaut, et c'était peut-être le savoir qui était entreposé en ces lieux, et qui avait souvent attiré la convoitise.
Mais les courants de destruction commençaient tous à converger vers le palais, il allait enfin savoir la raison de cet assaut.
En effet, bientôt arrivait vers lui, un femme aussi majestueuse qu'elle inspirait la crainte à la voir. Mais Beren se tenait droit prêt à la recevoir tout de même, comme il se doit des vainqueurs.
« Enfin nous nous rencontrons, Horacius
- Effectivement, je ne pense pas me tromper en supposant que vous êtes Lilith? »
La femme rit de bon coeur, laissant apparaître son visage à la lueur de la lune, ses longs cheveux noirs comme l'obsidienne laissant la place à des traits fins et gracieux, malgré la pâleur de sa peau, accentuée par la lumière sélénite.
« Je vous savais sage et réfléchi, mais je ne m'attendais pas à ce point, peut-être savez vous aussi la raison de notre venue ?
- La bibliothèque ? dit-il, décontenancé par le ton ironique de son interlocutrice
-Finalement vous êtes intelligent, ce doit être la partie elfique de votre sang qui vous donne ces qualités... Les mortels sont si bêtes..."
Elle prit son visage entre ses doigts et se rapprocha de lui
"Il ne vous a pas donné, que l'intelligence ceci dit, dit-elle doucement en le dévisageant. Ce n'est pas que pour la bibliothèque que nous sommes venus. Bien sûr, tant qu'elle existe, détruire la Bibliothèque Rouge n'est pas suffisant, mais nous avons besoin d'un royaume. Depuis que je suis née, et cela fait longtemps, les vampires n'ont jamais eu de terre. Bien sûr des contrées sont tombées, mais elles étaient aussitôt reprises soit par les hommes soit par les lycans. »
Elle lâcha Horacius et se retourna vers la ville conquise, tendant ses bras vers elle.
« Alors j'ai manipulé Rorkas pour qu'il nous obtienne une terre, et en venant ici, j'ai aussi pris la bibliothèque et ai fait d'une pierre deux coups. Voilà où nous pourrons évoluer et élever notre nourriture, mais nous ne voulons pas détruire votre pays, votre nation ceci dit, ajouta-t-elle en se retournant vers le roi. Au contraire, nous sommes un peuple de la nuit, et vous un peuple du jour, nous pouvons cohabiter, et développer la nation la plus puissante sur tous les domaines. Un roi de la lumière et une reine de la nuit, qu'en dites-vous ?
- Vous voulez faire de moi votre roi, alors que vous venez d'assassiner mon peuple?
- Vous êtes le seul à la hauteur, vous n'êtes pas un simple mortel, et contrairement à ce que vous voulez prétendre, vous avez une descendance. Nous avons tout voyez-vous. Et votre fils fera très bien l'affaire si vous ne voulez pas. Ils faut juste le sang royal pour contrôler votre peuple.
-Mais vous n'aurez ni moi ni mon fils, même si vous le trouviez, je vous en empêcherai!
- Oh très bien et comment, vous êtes dorénavant sous ma garde personnelle!
- Vous n'avez que mon corps, je reste magicien, je peux réintégrer mon ame dans un autre corps. Et en attendant vous n'aurez pas la ville. »
Et il tendit les bras vers la ville, et une brume commença à la couvrir,puis disparut, laissant la ville dans des reflets d'une couleur indéfinissable, comme si c'était une ville de nacre. Et plus aucun bruit ne montait dans les rues.
Lilith était sidérée, et quand elle se retourna vers Horacius, ce dernier n'était plus là.
« Partez à la recherche de l'héritier du trône! S'il n'est pas dans la vile, je veux que vous arpentiez le monde pour le trouver j'ai besoin de lui! » cria-t-elle, avant de s'engouffrer dans le palais. Beren ne savait plus où il en était, il avait vu tout ça du point de vue de son roi. Était-ce ainsi que s'était passé la perte de sa cité? Mais avant qu'il ne puisse se poser d'avantage de questions, il ressombra dans l'inconscience.

Lorsque les brumes matinales se dissipèrent tant bien dans la forêt que dans l'esprit de Beren, les rayons du soleil qui perçaient à travers les feuilles finirent par éclairer à ses yeux ce qui l'entourait.
Il ne semblait pas y avoir de danger imminent et il son attention se reporta sur Turquoise, quelque chose lui sembla bizarre en elle sans qu'il puisse dire quoi au premier abord, puis en l'observant, il vit ce qui le dérangeait. Ce n'était pas la fillette de 9 ans qui était contre lui, mais une belle femme, et dont les vêtements étaient presque entièrement arrachés. A bien y regarder, elle ressemblait beaucoup à Turquoise, mais quelques années plus tard. Elle donnait l'impression d'être tout juste adulte.
Beren se sentit gêné en présence de cette femme dévêtue , mais ne savait pas quoi faire, elle était allongée de tout son long sur lui, et lorsqu'il tenta d'attraper de quoi la couvrir, elle se réveilla. Il ne pouvait rien faire d'autre que de lui parler maintenant.
« Tu ... Turquoise? »
La femme lui jeta un regard glacial. Beren sourit néanmoins
« Je pensais bien que c'était toi, mais que s'est-il passé, que t'est-il arrivé?
- Il ne m'est absolument rien arrivé, pourquoi voudrais-tu qu'il me soit arrivé quelque chose?
- Mais, ton corps, tu es une adulte !
- As-tu seulement jamais remarqué que je l'ai toujours été? Tu devais déjà délirer avant, je n'ai absolument pas changé d'apparence. Il est temps que l'on quitte cette forêt apparemment.
- Mais non, tu étais une fillette avant, je ne suis pas fou!
- Il faut croire que si, répondit-elle sur un ton glacial, ou alors peut-être que tu acceptes enfin de me voir telle que je suis. Tu es plus âgé que moi, tu me considérais comme une fillette, alors tu me voyais comme telle »
C'était possible, et Beren acceptait cette explication et en avait honte.
« Je... je suis ... désolé. Crois moi, maintenant, je te vois telle que tu es, et je ne suis pas prêt de l'oublier. Je crois que tu as raison, nous ferions mieux de partir. »

Après qu'il eut ôté son manteau pour en couvrir Turquoise, ils repartirent en direction d'Ardhonmeth. Ils n'étaient plus loin de la lisière de la forêt, ils devraient bientôt retrouver les autres...
Back from the bed !
So many spices, and such riches aplenty ♪
Anya

Messagepar Anya » mar. juin 13, 2006 10:02 am

Anya reprit lentement conscience. Son esprit était embrouillé, elle ne parvenait pas à faire de tri dans ses pensées. Soudain, une image s'imposa à elle, celle de son beau-père Aelf, Tørgud. Se protégeant le visage des mains, elle hurla, désespérée: NON!

Arkan, surpris, se porta aussitôt à ses côtés, et, s'agenouillant, posa une main réconfortante sur son épaule. Anya fondit en larmes, et s'accrocha à lui comme un naufragé à sa barque... Elle pleura longtemps, et se fut comme une libération. Ses larmes roulaient sur ses joues comme des perles d'argent, emportant avec elles l'horreur qu'avait fait revivre le souvenir de Tørgud.

Quand ses larmes se tarirent un peu, elle s'endormit, toujours accrochée à Arkan, qui, ne sachant trop quoi faire, resta près d'elle, sans bouger. Gorgorbé s'approcha, et glissa entre les lèvres de la guerrière endormie un peu de sa potion anti-champignons, certain que ça ne pourrait, de toute façon, pas lui faire de mal.

La nuit tombait sur la forêt, quand Anya rouvrit les yeux. Elle était à demi allogée, accroché aux épaules de Kalito, qui était à genoux près d'elle et la regardait dormir. Se rendant compte de ce que sa position avait d'embarassant, elle rougit vivement, et se redressa.
"- Pardon, je suis désolée. Excuse-moi..."
Elle se mit rapidement debout. Elle avait retrouvé tous ses esprits. Sans s'attarder à parler avec les autres membres du groupes, qui étaient à présents tous réveillés et parlaient à mi-voix autour d'un petit feu de camp, elle sortit de son sac un petit miroir rond, et entreprit d'arranger sa coiffure autant que de juger l'étendue des blessures, superficielles, mais impressionnantes, que lui avaient laissé son combat contre Kalito... Kalito... Mais...Maintenant qu'elle y pensait, quand elle s'était réveillée et avait vu les yeux de Kalito, ils étaient verts... C'était donc Arkan? Avait-elle tué Kalito? Elle peinait à se souvenir de ce qui s'était passé... Elle avait attaqué quelqu'un, elle en était sure, mais qui? Tørgud? Kalito? Les images des deux hommes se confondaient dans sa tête... Elle rangea prestement son miroir, et revint vers le feu, où elle rejoignit Gorgorbé, Querdal, Awilan, Alean et Arkan. Elle s'assit entre Arkan et Querdal, et ne daigna desserer les lèvres que pour adresser quelques mots à Arkan:
"- Heureuse de te revoir, Arkan... Qu'est-il arrivé à Kalito?"
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Messagepar Arkan » mar. juin 13, 2006 7:31 pm

Arkan était perdu dans ses pensées, contemplant les lueurs vives du feu de camp, quand Anya lui demanda ce qu'il était advenu de Kalito.
La première réaction du guerrier blanc fut de se demander comment elle savait qu'il était Arkan, mais il se rapella vite que ses yeux trahissaient son âme. Il réfléchi alors aux évenements passés, essayant de se remémorer ce qu'il avait ressentit.
-Arkan ? répeta Anya, troublée par son silence méditatif.
-Je crois bien que la raison de la disparition de Kalito t'es propre, Anya.
-Comment ça? je ne comprend pas, mes souvenirs sont très flous...
-Apparement, à cause des champignons, tu t'es battue contre Kalito et tu as gagné... assez violemment. D'ailleurs, j'ai plusieurs blessures qui peuvent en témoigner. Il avait ajouté cette remarque sur un ton amical et amusé, mais l'air abattu d'Anya lui révela que sa tentative d'alléger la culpabilité de la guerrière était tombée à l'eau.
-Mais ne t'en fait pas, il n'a pas réellement disparu, il se repose juste, comme je l'avais fait moi-même. D'ailleurs, il ne t'en veux pas.
Ce léger mensonge flotta dans l'air un moment, et sembla appaiser quelque peu Anya. En réalité, Arkan ne savais pas ce que ressentait Kalito. Pire encore, il ne ressentait même plus Kalito. Peut-être ce dernier était enfoui trop profondément pour que Arkan puisse le détecter... Ou peut-être simplement qu'il était mort. Non, il devait repousser cette éventualité, son vieil ami était plus résistant qu'il pouvait en avoir l'air...
Et si ce n'était pas le cas ? Si Kalito avait vraiment disparu ?
Toutes sortes de pensées sombres tournaient dans l'esprit d'Arkan. Mais son mutisme n'avais pas l'air de déranger ses compagnons, tous à leurs propres démons.
L'Héritier se leva, l'air décidé, et sans se donner la peine de donner d'explication, pris le chemin de l'orée de la forêt. Quand Anya lui emboita le pas, il ne protesta pas, son projet n'était pas dangereux, sauf pour lui.
Il s'arrêta sous un grand chêne et s'assit sur ses racines apparentes. Devant l'air interrogateur d'Anya, il esquissa un sourire:
"Je vais chercher Kalito, du moins essayer de l'aider à se remettre. Si je ne suis pas revenu avant le soleil, c'est que j'aurais échoué. Dans ce cas, il vous sera inutile de m'emmener, laissez moi ici, je ne ferai que vous ralentir... Non, j'ai une meilleure idée. Arkan se mordi un doigt de ses dents légèrement pointues, puis se traca un symbole simple sur le front. Ce faisant, il chanta un air court mais emplit de magie, et le rouge du dessin sembla gagner en intensité.
"Comme je sais que vous m'auriez quand même emmené, j'ai enchanté mon corps, je ne peux désormais plus être déplacé et au moment même où la lumière du soleil touchera cette rune, mon corps disparaîtra. Ce que j'éspère maintenant, c'est de revenir à temps pour annuler le sort...
Anya voulu protester mais Arkan ne lui en laissa pas le temps, il ferma les yeux et en quelques secondes il trouva l'état de méditation requis à son départ.
Les ténèbres se révelairent à lui.
Il plongea.

Plus il s'enfonçait dans les limbes de son "existence", plus sa peur grandissait. Quel tour du sort! Lui qui avait depuis longtemps vaincu sa propre peur avait maintenant peur pour Autrui...
Soudain, il aperçu ce qu'il cherchait: une légère et faible lueur bleuatre brillait d'un éclat fatigué, encore profondement. Il plongea encore et encore, et arriva enfin à toucher l'âme de Kalito.
Celle-ci était tellement faible qu'il avait du mal à la garder en "vue", et elle continuait de chuter.
Comment pouvait-il être arrivé à un tel état de fatigue ?
*Désolé, Arkan, j'aurais dû te le dire...*
*Ne parle pas, j'ai beaucoup de mal à te garder visible, alors ne te fatigue pas*
*Tu dois savoir... Tout le temps que j'ai passé dans ton corps, celui-ci tentai de me rejeter... Avant, celà n'était pas grâve, mais mon état actuel est trop faible pour résister... Je crois que j'ai fait mon temps, mon ami, on ne joue pas impunément avec les jouets des dieux... Regarde, la voilà.*
Arkan voyait, en effet, et celà lui glaça le sang: Il chutaient tout deux de plus en plus vite vers une lueur d'une couleur inconnue, magnifique et effrayante, sphère d'une matité phosphorécente qui pulsait tel un coeur...
Arkan refusa, Kalito ne devait pas mourir! Il devait le sauver! L'esprit du guerrier blanc réflechissait à toute allure, puis trouva soudain une solution.
C'était la seule chose qu'il pouvait tenter, et aussi la plus dangereuse qu'il avait jamais eu à faire.
Il devait y arriver !

L'aube approchait, et Arkan ne semblait pas revenir pour autant. Dans le camp, tout le monde dormait, inconscient du drame qui se jouait quelques mètres plus loin. Anya, elle, était parfaitement réveillée, et attendait avec angoisse le "retour" d'Arkan. Quand il lui avait dit qu'il ne pouvait plus se déplacer mais qu'il devait partir, elle aurait put le prendre pour un fou, mais désormais elle comprenais le sens que le guerrier blanc donnais à "partir"... Soudain, Arkan rouvrit les yeux, où le vert électrique de ses pupilles étincellait vivement. Elle l'apella, mais il ne réagit pas, il avait le regard fixé sur le ciel, sans qu'aucune expression ne transparraisse sur son visage. Anya suivi le regard d'Arkan, et vit un oiseau approcher. Ce dernier se posa enfin sur l'épaule d'Arkan, et, à son contact, le volatile poussa un cri désespéré mais vain, et une légère brume blanche sembla sortir de l'animal, se répandant au gré du vent. A ce moment, ce fut Arkan qui poussa un cri, hurlement bestial accompagné d'une lumière vive qui fit se protéger ses yeux à Anya. Le cri et la lumière s'éteignirent, et Anya enleva lentement ses bras de devant ses yeux. Arkan était revenu, ses yeux laissait voir une grande fatigue, mais celà ne l'empecha pas de sourire à Anya. Il prit dans ses mains l'oiseau encore perché à son épaule, et le fixa de ses yeux verts. Le corbeau noir lui rendit son regard, le fixant à son tour de ses yeux où une lueur bleutée étincelait...
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Messagepar Keela » mar. juin 13, 2006 11:17 pm

(il paraît que tu attends que je me répondes :D )

L'air libre.
Deux mots, qui suffisaient à rendre Keela euphorique. D'une euphorie presque invisible, mais sensible par son sourire.
Eilraet lui avait fait remarqué qu'un Lycan avait certainement la force de déblayer un peu de pierres sans aucun problème, et il s'était mis à la tâche sans discuter plus que cela, sous le regard embué de larmes de la Lycane.
C'était terminé. Elle sentait le froid dans sur sa peau, et elle se sentait simplement bien. Elle posait ses pieds nus sur le sol, et fermait les yeux.
Le paysage avait changé. La tempête de neige, l'avalanche avait rasé des endroit, et recouvert la totalité d'une longue plaine blanche.
Les montagnes se montraient un véritable dédale, sans murs ni détours. Un désert aux visages changeants. Un désert qui semblait plaire à la jeune fille.
-Merci beaucoup... et désolée d'avoir autant... perdu pieds.
Keela se tourna vers Eilraet. Elle qui semblait si petite par habitude, le dépassait, depuis qu'ils se trouvaient dehors. La Lycane marchait sur la neige, alors que lui, s'y enfonçait, et en avait presque jusqu'aux épaules.
Elle se baissa, puis tapota la tête du tavernier, en disant :
-Brave garçon !
-Bon, bah ça va... j'ai compris que tu étais contente !
Eilraet soupira, puis demanda :
-Profite de ta -rare- supériorité en taille pour me dire où aller.
Elle redressa la tête, puis observa les lieux.
-C'est tout blanc.
-... Keela...
Elle décocha un sourire enfantin, puis annonça :
-Nord-nord-est, suis mes traces de pas dans la neige !
-Très drôle, tu n'en laisses pas !
-Alors suis-moi !
Et ils s'en allèrent, en direction du Nord...

(je te laisse choisir la suite... et d'éventuelles péripéties)
Anya

Messagepar Anya » mer. juin 14, 2006 1:23 pm

Co-Post avec Arkan


Anya, surprise, contempla l'oiseau. Il se comportait de façon étrange... Et cette apparition, si soudaine... Se pourrait-il que... Le corbeau avait les yeux d'un bleu si profond, si pur... Tellement différent des yeux habituellement noirs des corbeaux communs... Ces yeux-là n'avaient rien d'animal, ils étaient empreints d'une sagesse et d'une intelligence qui ne pouvait qu'être humaines... Anya tendit timidement la main vers l'oiseau.
"- Kalito?"
Le corbeau tendit le cou, et vint se blottir contre sa main, se laissant caresser avec une tendresse et une affection que Kalito n'avait même pas montrées quand il était dans le corps d'Arkan.

Anya eut un sourire attendri.
"- Pauvre Kalito... Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant?"
Arkan, tout en effaçant la rune de sang qu'il avait sur le front, répondit d'une voix fatiguée:
"- N'attends pas de réponse de lui... Il peut juste te comprendre..."
Anya sourit. Il n'avait quand même pas cru qu'elle attendrait une réponse d'un corbeau!
"- Mais, qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi...? enfin... je veux dire... Pourquoi?"
"- C'était le seul moyen de le garder en vie, mais je me demande maintenant si la mort n'aurait pas été préférable... Ce que j'ai fait était ignoble, mais il m'était inconcevable qu'il meure."
"- Et... Pourquoi un corbeau?"
"- C'était son animal préféré... "
"- Il va rester avec nous?"
"- Oui, il est lié à moi. Tout ce que j'espère, maintenant, c'est de trouver un moyen de lui rendre son corps... En Ardonmeth, peut-être?"


Anya compris que la conversation n'avait déjà que trop duré. Ils devaient se remettre en route, et vite. Ils avaient déjà perdu trop de temps.
"- Tu peux te lever?"
"- Bien sûr!"

Et l'homme aux cheveux blancs se leva, sans aucune trace de faiblesse.

Les deux guerriers réveillèrent leurs compagnons, puis la petite troupe se remit en route... Vers Ardonmeth...
Eilraet
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Un voleur qui songe

Messagepar Eilraet » ven. juin 16, 2006 11:02 pm

L'avancée d'Eilraet dans le décor blanc était vraiment très lente, la traversée était d'autant plus difficile que le lycan n'avançait pas non plus dans sa tête. Les quelques flocons qui effleuraient son visage en une douce caresse que lui adressait le ciel pour le soutenir ne lui faisaient ni chaud ni froid en réalité il n'était pas du tout à ce qu'il faisait. Il peinait non seulement à cause de la neige qui barrait son chemin mais aussi à cause de son esprit, engagé sur une voie non moins tortueuse. C'était à peine si il se faisait à la morsure du froid, peut être était il trop habitué aux morsures finalement.
Eilraet avait toujours espéré pouvoir rêver, et maintenant que cela lui était arrivé il se sentait obligé de tenir la promesse qu'il s'était faite, devenir un vrai voleur de rêves, mais il comprenait maintenant à quel point cette tâche était pénible. Quand voleur de songes élève la voie vers Tanelorn lui avait été interdite il ne s'était pas posé de questions sur la raison de son incapacité à franchir ce cap et il s'était juré de pouvoir passer outre cette barrière un jour, maintenant que c'était fait il en avait trop vu pour garder son enthousiasme, il savait désormais un peu plus à quoi s'attendre lorsqu'il ferrait un vrai voyage dans les rêves, sans s'arrêter au simple royaume de Falador, le pays des songes assumés.
Il retira son collier et celui ci commença à reprendre sa forme originelle, quand le long bâton de bois serti d'une pierre eu repris sa forme si particulière, Eilraet lui caressa l'échine ce qui fit frémir l'instrument de son métier comme un animal excité. Il lui murmura qu'elle devait encore attendre jusqu'à Ardhonmeth, que ça n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle ne remplisse sa réelle fonction. La pauvre n'avait, comme lui, jamais connu Tanelorn, et elle avait du sentir le changement en Eilraet.
-Keela ! Va moins vite !
-Non toi va plus vite ! Tu t'enfonceras moins !
A contre coeur Eilraet accéléra pour partir en courant, il s'enfonçait toujours dans la poudre blanche, laissant des marques profondes, mais au moins il avait le temps de retirer ses pieds qu'ils ne soient bloqués sous l'épaisse couche de neige.
Il se remémora son premier rêve, et après s'être rappelé qu'il y tuait Rosslaew d'une façon qui lui paraissait désormais malsaine, il s'arrêta quelques secondes réfléchissant et repris le pas de course ayant pris décision.
-Keela, il faut que je te prévienne, j'ai décidé de t'empêcher de faire du mal à Rosslaew, étant la personne à l'origine de la formation de ce groupe je me dois de respecter tout ceux qui s'y joignent...
Il avait l'impression de se parler plus à lui même qu'autre chose, non pas que Keela ne l'écoutait pas, mais lui même portait une attention toute particulière dans ses propos comme si quelque chose le rassurait. Son rêve ne cessait de passer et repasser en boucle dans son esprit et il ne tarda pas à se rappeler de deux choses, il y avait quelque chose au fond de cette grotte qu'il n'avait su voir alors que rien ne l'en empêchait, et il eu une première révélation, cette chose, quoi qu'elle ai été lui avait redonné des rêves, la seconde révélation fut sur l'origine des serpents qui étaient nés de son sang, il sentit une boule d'angoisse monter dans sa gorge « Alors je suis de ceux la », pourtant il aurait du s'en réjouir mais c'était surtout le changement si soudain qui le rendait mal à l'aise. Toujours était il que c'était par ce sang qu'il avait été libéré de cette étrange malédiction.
Eilraet releva la tête et regarda à nouveau vers où il se dirigeait, ce qui était préférable vu la vitesse à laquelle ils étaient en train d'avancer, le tavernier remarqua une fois de plus l'avantage physique que lui procurait son état de loup-garou, sans ça il n'aurait jamais été suffisamment endurant pour ce voyage.
A ce rythme, il leur fallu très peu de temps pour apercevoir la fin de ce monde blanc, mais beaucoup plus pour le quitter, la neige ayant tendance à précéder Keela dans ses pas, aussi loin la menaient ils. La montagne n'avait finalement pas été aussi capricieuse que Rosslaew l'avait laissé entendre, en tout cas sa colère n'était pas si effrayante lorsque l'on voyageait avec quelqu'un qui la comprenait, c'était sûrement la raison pour laquelle le voyage avait été aussi aisé d'ailleurs sans Keela à ses cotés le voleurs de songes se serait lamentablement perdu dans cet endroit où il n'était entouré que de blanc, même maintenant la neige ne voulait pas les quitter, mais au moins il en voyait la fin, même si elle reculait.
Keela s'arrêta brusquement devant Eilraet qui, emporté par son élan, lui rentra dedans.
-Hey ! Fait donc attention !
C'est en la voyant se relever en n'utilisant qu'un bras qu'Eilraet se rappela qu'il lui en manquait un et cela ajouta à son malaise. Il pensa « Au moins à Tanelorn elle retrouvera son membre perdu », pour ensuite se rappeler qu'il n'était prévu nul part qu'il aille dans le pays des rêves en commun, encore moins accompagné, mais il se sentait bien obligé d'utiliser ses nouvelles possibilités pour tenter de délivrer les Ardhons.
-A ton avis on va tout droit pour dire bonjour aux dragons ou on va les attendre à la sortie de la forêt ? Rosslaew à bien dit que le chemin serait plus long pour eux non ?
Elle regarda Eilraet droit dans les yeux lui faisant passer un peu de sa bonne humeur, mais cela ne suffit pas et elle remarqua l'anxiété dans les yeux du tavernier.
-Ne t'inquiètes pas je n'ai pas l'intention de le tuer, du moins pas tout de suite, c'est notre seul guide pour Ardhonmeth, en plus il faudrait l'engraisser un peu avant qu'il ne puisse me servir de repas.
Eilraet esquissa un sourire forcé, Keela sembla s'en contenter et se dirigea vers la presqu'île dont ils pouvaient déjà voir une partie... la plaine aux dragons, mais ils étaient cependant trop loin pour distinguer l'un de ces animaux fantastiques, c'est d'ailleurs ce qui semblait avoir convaincu la lycane d'avancer dans cette direction.
« En route pour Tanelorn ! » Pensa Eilraet qui, ayant enfin accepté la totalité de ce qui lui arrivait, avait retrouvé le sourire. Après tout il allait enfin attendre un niveau respectable de la profession de voleur de rêves, et même si ça n'était pas le cas il avait rêvé pour la toute première fois ...
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Keela
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De l'hésitation à la punition...

Messagepar Keela » lun. juin 19, 2006 9:34 pm

Keela ne le montrait pas, mais s'arracher ainsi aux glaces était plutôt difficile. Partir sans se retourner, oublier le lieu qu'elle comprenait, ce n'était pas si simple... Et puis il y avait Eilraet, qui lui disait qu'il l'empêcherait de tuer Rosslaew.
Beren... Elle ne savait plus réellement ce qu'elle devait faire avec lui. Mettre fin à sa mission, ou le laisser fuir en prétextant qu'il était trop rapide pour elle... Est-ce que Yedlais la croirait ?
Et la punition ? Et son but ?
Soudainement, elle laissa éclater un ricanement désespéré, presque étouffé au creux de sa gorge, qui étonna le voleur de rêve :
-Que se passe-t-il ?
Le regard de Keela, soudainement teinté d'un certaine forme de crainte, accompagna l'aveu :
-Je crois bien que c'est la première fois que j'hésite...
Son épaule droite était dissimulée sous sa cape. Un instant, elle posa sa main dessus, puis retrouva son air insouciant habituel. Eilraet n'avait rien à voir avec les mercenaires. Si elle lui en disait trop, il risquerait d'en partir, et elle ne voulait pas embarquer des innocents dans cette histoire... Quant à Lock... il fallait une solution. Une vraie. Autre que la mort, que la défaite...
Et soudainement, elle leva la tête vers un arbre, souriant légèrement, pour crier :
-Yedlais, tu n'es pas discret !
L'arbre se mit à bouger quelque peu, et un homme massif en tomba. Il était facilement deux fois plus grand qu'Eilraet, et portait une barbe grisonnante. Il avait aussi des cheveux coiffés en multiples longues tresses. Ses mains seules paraîssaient dignes de briser un crâne avec une seule pression des doigts. Un combattant pur.
-Je t'ai appris que lorsque l'ennemi se pensait plus discret, il fallait en profiter pour le surprendre, dit-il.
-Tu n'es pas mon ennemi.
Keela montra Eilraet du doigt :
-Eilraet, tavernier... Eilraet, je te présente Yedlais. Mon maître, et chef.
-Bonjour, jeune Lycan.
La Semi-Elfe baissa la tête, pour avouer à son chef :
-Je n'ai pas encore terminé la mission.
-Je suis déjà au courant.
-Je ne sais plus si je dois faire ce qu'il m'est demandé...
Avant même que la jeune fille ne puisse se permettre d'ajouter quelque chose, le poing massif de Yedlais s'était abattu sur son ventre, brisant au passage quelques côtes, pour faire chuter Keela au sol. Eilraet vit une main menaçante du géant se poser sur sa tête, prête à étouffer la moindre rébellion.
-Keela, tonna la voix sombre du mercenaire, es-tu seulement capable de me faire face ?
Elle tentait de se relever, mais la douleur était trop forte...
-Non, tu n'en es pas capable... et rappelle-moi donc ce que tu m'as promis...
Elle cracha de nouveau du sang, puis murmura :
-Que jamais je ne te désobéirai, sans être capable de me débrouiller sans toi et de te blesser.
Soudainement, Keela se leva, se transformant en Lycane, avec une fourure grise tâchée de noir par endroits. Ce que Yedlais commenta :
-Un joli progrès, je ne peux pas le nier.
Il mit fin à l'attaque de la Lycane par un geste de la main, lui plantant dans le flanc de griffes qu'il venait de sortir de ses doigts.
Keela de nouveau à terre, et jurant à l'aide de tout les mots qui lui sortaient de la tête ; Yedlais rit de bon coeur, pour prendre Eilraet sur son épaule, et attraper la Lycane par la peau du cou :
-Toujours aussi tête brûlée, petite boule de poils. Mais ce n'est pas avec une patte de moins, et sans être l'Ultime Chasseur que tu pourras me vaincre.
Sans demander l'avis des deux voyageurs, il avança dans la direction qu'Eilraet avait choisie. Keela avait l'air d'avoir perdu connaissance, sous les coups, même si les entailles dûes aux griffes de son maître s'étaient refermés.
Et au bout d'une petite heure de route, il bifurqua, pour prendre un chemin improvisé, et arriver dans un campement.
La voix de Yedlais tonna :
-Trois Lycans au repas de ce soir, préparez de la viande !
-Ca marche ! répondit la voix d'un petit garçon.
Le campement, à première vue inhabité, était plutot vaste. Certains avaient placé des tentes, d'autres avaient improvisé des cabanes, ou dormaient à la belle étoile.
Quelques curieux s'approchèrent. Un mage, et ce qui semblait être sa femme, magicienne. L'Elfe rencontrée dans la montagne, et l'enfant auquel appartenait la voix. Le couple de magiciens était formé de deux Humains roux, et l'enfant était certainement un Nain. Ce fut ce dernier qui posa sa main sur la fourure de Keela, en disant :
-Tu nous l'as ramenée, Yedlais !
-Oui, il m'a ramenée, et si tu continue à me caresser comme ça, jeune Nain, je te bouffe !
Un sourire traversa l'assistance, et Yedlais posa Eilraet à terre :
-Meldanen et Yokiko, occupez-vous de lui fournir une couche pour la nuit. Le reste, retournez à vos occupations. J'ai une discussion à avoir avec Keela.
Le petit groupe se fractionna pour rejoindre différents endroits du camp, ou d'autres personnes. Sauf le mage et la magicienne, respectivement Meldanen et Yokiko, qui aidèrent Eilraet à se lever.
-Vous m'avez l'air bien fatigué, commenta la magicienne. Il est vrai que cette montagne n'est pas des plus simples à traverser. Keela n'a peut-être pas pensé qu'elle était la seule à bien vivre la neige.
-En parlant de Keela, je parie qu'elle va passer un mauvais quart d'heure, ajouta Meldanen...
Eilraet fronça les sourcils, pour murmurer :
-Il faudrait la soigner... avant de râler dessus...
-Yedlais n'est pas un combattant, c'est un soigneur.
Le tavernier ouvrit des yeux ronds. Yedlais, un soigneur ?! S'il était au moins aussi bon soigneur qu'il était brutal, Keela pourrait retrouver son bras sans trop de problèmes !
Les talents du chef des mercenaires furent prouvé une petite heure plus tard, au moment du repas. Keela arriva l'air un peu vide, mais avec ses deux bras à leur place, et le teint frais. Corporellement, tout allait bien. Mentalement, l'heure était à la réflexion sur ce qu'elle ferait. Yedlais, lui, souriait amicalement, pour s'asseoir à côté d'Eilraet :
-Il paraît que vous allez à Ardhonmeth ! Vous comptez passer la nuit avec nous, ou vous partez tout de suite ?
Keela s'installa entre l'Elfe et l'enfant Nain, pour se servir d'un morceau de viande saignant...

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